MOUVEMENT DE LA LUNE AUTOUR DE LA TERRE
suivant certaines lois, ce qui signifie simplement qu’elle se meut dans un plan qui passe par le centre de la terre, et dont la position change à chaque instant. Faisons un pas de plus, et voyons comment la lune s'éloigne et se rapproche, alternativement de nous, en même temps qu’elle nous semble se mouvoir à travers les constellations. ;
Les anciens astronomes . dans l’impossibilité où ils étaient de déterminer par l’observation le rapport suivant lequel la distance de la lune à la terre variait d’une époque à une autre , eurent recours à des hypothèses , comme pour le soleil. Nous avons vu quelles étaient leurs idées sur le mouvement de ce dernier astre dans l’espace ($$ 144 et 445) ; c’est par des moyens analogues qu'ils ont cherché à se rendre compte des diverses circonstances du mouvement de la lune. L'observation indiquant que la lune se meut sur la sphère céleste avec une vitesse variable, ils ont imaginé diverses combinaisons de mouvements circulaires et uniformes, pour expliquer la variation continuelle de sa vitesse. Les deux hypothèses adoptées pour le soleil ont été essayées pour la lune. Celle de l’excentrique ($4144) a dù être modifiée un peu, en raison de cette circonstance que le point du ciel, où la lune se meut avec la plus grande vitesse , se déplace progressivement parmi les étoiles, dans le sens direct : en même temps que la lune décrivait uniformément le cercle excentrique ÉE, fig. 269, on a dû supposer que le centre O de ce cercle tournait lentement autour de la terre T, et dans le même sens. L'hypothèse de l’épicycle et du déférent ($ 445) n’a pu être adoptée qu'avec une modification analogue , qui consiste à supposer que la
Fig. 269.
lune Lefig. 270 , met un peu plus de temps à faire le tour de l'épicycle que le centre C de cet épicycle n’en met à faire le tour du
déférent ; de cette manière, puisque la lune, partant d’une position L, où elle a sa plus grande vitesse sur la sphère céleste , ne peut revenir à une position analogue L’ qu'après avoir fait tout le tour de l’'épicycle, le centre de get épicvcle parcourt pendant le même temps un peu plus que la circonférence du déférent, et vient se placer en C’ dans la direction d’une autre région du ciel.
La comparaison des positions de la lune résultant de l’une ou de l’autre des hypothèses précédentes, avec celles que fournissait l’ohservation, a bientôt fait reconnaître que ces hypothèses ne suffisaient pas pour rendre compte des diverses circonstances du mouvement de l’astre. On a donc été obligé de les modifier de nouveau, en admettant, par exemple, pour celle de l'épicycle et du déférent, que ce nétait pas la lune qui parcourail uniformément la circonférence de l’épicycle; mais que cette circonférence était parcourue par le centre D d’un autre épicvcle plus petit, sur lequel se mouvait la lune L, fig. 274. On comprend qu'en accumulant ainsi un certain | nombre de mouvements circulaires et uniformes , et en les combinant ensemble, d’une manière convenable , on devait parvenir à donner à la lune un mouvement angulaire autour de la terre qui fût précisement le même que celui que les observations font connaître ; mais, en même temps, on s'éloignait considérablement de la simplicité de mouvements que l’on avait eue en vue toutd’abord, : en regardant le mouvement circulaire et uniforme . comme le seul qui existàt réellement. Lors même qu'on n'aurait pas eu des motifs puissants pour rejeter ces idées des ancifns par d’autres considérations, la grande complication résultant de ces épicycles et excentriques superposés aurait dû empêcher de les considérer autrement que comme des moyens factices de représenter l'ensemble des résultats fournis par l’observation. |
Mais dès qu’on put suivre chaque jour les changements éprouvés par la distance de la lune à la terre, en comparant les valeurs successives du diamètre apparent de l’astre rapporté au centre de notre globe, on reconnut que ces changements de distance étaient en désaccord complet avec ceux qui résultaient des hypothèses agnises.
$ 214. En comparaat les positions diverses que la lune vient