MOUVEMENT DE LA LUNE AUTOUR DE LA TERRE
successivement occuper sur la sphère céleste, avec les valeurs correspondantes de son diamètre apparent , on voit que la lune peut être regardée comme se mouvant autour de la terre suivant des lois analogues à celles du mouvement apparent du soleil autour de la terre. La lune décrit une ellipse dont la terre occupe un des foyers, et elle la décrit conformément à la loi des aires"(S 447).
Mais ces lois, qui sont complétement d'accord avec les observatiens, quand il s'agit du mouvement apparent du soleil, ne doivent être regardées ici que comme représentant approximativement le véritable mouvement de la lune dans l’espace. La lune ne les suit pas exactement ; elle se trouve, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, par rapport à la position qu’elle occuperait, si ces lois du mouvement elliptique étaient rigoureusement vraies , sans cependant s'éloigner beaucoup de cette position.
L'excentricité de l’ellipse suivant laquelle la lune se meut à peu près, est égale à 0,0548, ou environ :5.
L’ellipse ne reste pas immobile dans son plan ; elle tourne autour de la terre de la même manière que l’ellipse que le soleil semble décrire annuellement ($ 465). Le mouvement du grand axe de l’elbpse lunaire est direct, comme celui de l’ellipse solaire ; il n’y a de différence, entre les mouvements de ces deux ellipses, que dans la vitesse, qui est beaucoup plus grande pour la lune que pour le soleil : le périgée lunaire fait tout le tour du qiel en 3232i,57, ou un peu moins de 9 ans. |
Pour avoir à chaque instant la véritable place de la lune dans le ciel, il faut modifier d’une certaine quantité celle qu’elle aurait si elle restait rigoureusement sur l’ellipse dont nous venons de parler, et si elle la parcourait exactement suivant la loi des aires; mais cette correction à apporter à la position elliptique de la lune, pour avoir sa position vraie, varie d’un instant à un autre , et suivant des lois extrêmement compliquées. La discussion des observations effectuées en grand nombre et à diverses époques, a fait connaître les parties principales dont se compose cette correction ; ces parties se rapportent aux mouvements que l'on désigne habituellement sous les noms d’évection , de variation et d’équation annuelle , et dont la découverte est due à Hipparque, à Ptolémée et à Tycho Brahé. Mais si l'on n’avait pas eu d’autre ressource que la discussion des observations , pour arriver à la connaissance des nombreuses inégalités qui existent dans le mouvement de la lune, on serait aujourd'hui beaucoup moins avancé, qu'on ne l’est. Heureusement la théorie de la gravitation universelle est venue faciliter le travail, en faisant connaître une foule de petites inégalités, dont l'ensemble a
une influence notable sur la position de la lune à chaque instant , et dont il aurait été très-difficile, sinon impossible, de trouver la nature et la grandeur , si l'on avait dù les déméler les unes des autres par la seule combinaison des résultats de l'observation.
$ 215. Rotation de la lune, — À la vue simple , nous apercevons sur la surface de la’lune des espaces grisätres, dont nous avons déja parlé ($ 496), et qui par leur ensemble donnent grossièremeæht à la lune l'apparence d’une figure humaine. Tout le monde a pu remarquer que cés espèces de taches conservent toujours la même position par rapport au contour de la lune. Si nous en voyons disparaître progressivement une portion de plus en plus grande, pour les voir reparaître ensuite, cela tient à ce que nous ne pouvons les apercevoir qu'autant qu’elles se trouvent dans la partie de la surface de la lune qui est directement éclairée par le soleil. Nous concluons nécessairement de là que la lune tourne toujours vers la terre la même portion de sa surface. Nous ne voyons jamais qu’un hémisphère de la lune; l'hémisphère opposé nous reste constamment caché. *
Dans les idées des anciens astronomes sur le mouvement, il n’y aurait pas eu là une preuve que la lune tourne sur elle-même ; tout au contraire, on en aurait déduit l’absence de toute rotation de l’astre autour de son centre. Pour faire mouvoir un épicycle sur un déférent, fig. 200 (page 265), ils regardaient cet épicycle comme étant dans les mêmes conditions que s’il était attaché au centre T du déférent par une tige rigide qui l’entraînerait en tournant autour : de ce centre : en sorte que le point S de l’épicycle venait nécessairement en a’, a”, a”, en restant toujours sur la ligne droite qui joint le centre de l’épicycle au centre du déférent. On voit donc que, si l’on fait mouvoir de même la lune autour de la terre , comme si elle était attachée à une barre rigide dirigée vers le centre de ce dernier corps et mobile autour de ce centre, la lune tournera nécessairement toujours la même face vers la terre; et l’on n'aura pas besoin d'imaginer qu’elle tourne sur elle-même, pour rendre compte des apparences. Mais ce n’est pas ainsi que les choses doivent être considérées.
La lune n’est nullement reliée à la terre par un corps rigide ; elle est entièrement isolée dans l’espace, et, par conséquent , libre de se mouvoir et de tourner autour de son centre de toutes les manières possibles. Pour voir si elle tourne sur elle-même, il faut prendre une ligne droite quelconque, à son intérieur, et voir si celte ligne change de direction avec le temps. Si cette droite ne change pas de direction; si elle reste toujours parallèle à elle-même, malgré le