‹ Cours élémentaire d'Écriture Sainte (volume 2)Chapitre 100 sur 132 · CHAPITRE IHUITIEME AmoH · texte numérisé non relu

CHAPITRE IHUITIEME AmoH

ARTICLE I

I, Notice biographique. — Amos était dans les champs occupé à conduire son troupeau quand l'Esprit de Dieu, qui souffle où il veut, se révéla à lui et le fit passer d'une condition si humble aux glorieuses fonctions du ministère prophétique. Amos, en effet, était un simple pasteur de Thécué, petite ville de la tribu de Juda, à quatre lieues environ de Jérusalem, du côté du midi'. Lui-même nous a révélé ces différentes particularités de sa vie : « Je ne suis ni Prophète, ni fils de Prophète. « répondit-il un jour à un faux prêtre de béthel, Ama- « sias, qui lui défendait de prophétiser sur les terres « du roi d'Israël ; je mène paître les bœufs et pique les <( sycomores *. Le Seigneur m'a pris lorsque je condui- « sais mon troupeau, et il m'a dit : « Va et prophétise « à Israël, mon peuple (vu, 10 et suiv. ). »

Comme Osée, son contemporain, Amos fut donc envoyé au royaume d'Israël. Il prophétisa sous Jéroboam II, roi d'Israël (822-781 av. J.-C), et sous celui d'Osias, roi de Juda (804-752). S'il avertit Juda, c'est en passant, comme par hasard ; toute son attention

> Quelques auteurs placent Thécué dans la tribu d'Aser. Ce n'est pas le sentiment le plus commun.

'^ Je pique les sycomores, Vellicans tycomorus ; on a coutume de piquer le fruit du sycomore pour le faire mûrir. D'autres traduisent : Je pique le »ycomore ou je me iwurris de ses fruits. C'est la nourriture des pauvres. Le sycomore a du rapport avec notre érable blanc; ses fruits ressemblent à des ligues et sont d'une fadeur extrême.

est tournée contre Israël dont les désordres allaient croissant.

Le courageux berger mourut victime de son zèle ;. on croit qu'il fut assassiné par les prêtres de Béthel, irrités de la vérité de ses reproches. L'Église célèbre sa fête le 31 mars.

II. Division et analyse de ce livre. — On peut le diviser en deux parties, de même but, mais de forme diverse.

La première partie (i-vii), d'un style correct et élégant, est pleine de figures menaçantes accompagnées de refrains symétriques. Amos s'élève d'abord contre les crimes répétés' des peuples étrangers ; les Syriens (i, 3-5), les Philistins (6 8), les Tyriens (9-10), les Iduméens (11-12), les Ammonites (13-15) et les Moabites (ii, 1-3). Après quelques mots à l'adresse de Juda (4-5), il s'adresse aux Israélites, et ilétrit e» termes énergiques les désordres qui ont lassé 1» patience de Dieu : dans les juges, l'avarice, l'oppression du pauvre, le déni de justice ; dans les riches,, le luxe et le blasphème ; dans les prêtres, l'abaissement de l'esprit sacerdotal ; dans tous, la corruption des mœurs et lidolâtrie. Il annonce en même temps les malheurs que ces iniquités ont attirés et qui vont fondre sur la nation (ii, 6-vi). Cette partie présente un tout assez biqn lié, et renferme un seul oracle.

La seconde (vii-ix) accomplit la même tâche d'une manière difl'érente ; ce sont toujours des reproches et des menaces, mais exprimés à l'aide de visions simples et courtes dont le sens est facile à saisir : le Prophète les explique du reste d'une manière fort claire. Chaque chapitre (vu, vni et ix) forme un tout distinct du précédent. Cette deuxième partie diffère aussi de la première en ce qu'elle fait succéder les

1 Les crimes répélés. Il y a seulement: Super tribus sceleribus.., cl super quatuor (i, 3, G, 9, 13 ; ii, 1, 4, 6). Mais en hébreu, comme en grec et on latin, cette manière déparier indique un nombre indéterminé considérable. On dit de même en français : « 0 trou « et qnntrc fois heureux ! »

consolations aux menaces ; elle se termine par la promesse d'un temps plus heureux, et décrit la prospérité de l'époque messianique (iv, 11-15).

ARTICLE II

EXPLICATION d'aMOS

On peut considérer dans Amos l'homme ou le ministre de Dieu, le prophète, l'historien moraliste et l'écrivain.

I. Amos modèle du ftrètre. — Amos est pour le prêtre un modèle delà simplicité et du courage avec lesquels nous devons répondre à notre vocation, si semblable à la sienne sous plusieurs rapports. Il va oti Dieu l'envoie ; il dit les paroles que le Seigneur lui met sur les lèvres, et rien, ni les promesses ni les menaces, ne peut ébranler sa fidélité. Voyez-le à l'œuvre. Comme il prédisait que les hauts lieux seraient détruits et la maison de Jéroboam exterminée, Amasias, un prêtre de Béthel, le dénonça à ce prince comme un conspirateur : « Amos, lui fit-il dire, conspire contre vous « au milieu de la maison d'Israël ; la terre ne saurait « plus supporter ses paroles, car voici ce que dit « Amos : Jéroboam périra par l'épée , Israël sera « emmené captif" hors de son pays (vu, 10-11). » Ainsi, pour ce lâche délateur, c'était conspirer que de flétrir au nom de Dieu le culte abominable des idoles ; Mais entendez l'homme de Dieu : « Je ne suis ni « Prophète ni fils de Prophète, j'étais berger, et je

cueillais des figues sauvages quand le Seigneur m'a « pris à la suite de mes bœufs et m'a dit : Va et pro- « phétise à Israël, mon peuple. Écoute donc mainte- « nant la parole du Seigneur (vu, 14-17). » La grandeur du contraste fait ressortir toute la beauté du caractère d'Amos.

II. Amos prophète. — Ce livre renferme plusieurs oracles remarquables.

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