JOËL
3° La dispersion des Juifs au milieu de tous les peuples; leur retour à Dieu et leur fidélité désormais inébranlable (m, 1, 0, 7, 16-21).
4" Enfin l'humiliation et la destruction des ennemis du peuple de Dieu : des pays de Tyr et de Sidon, de la terre des Philistins (m, 4), de l'Egypte et de l'Idumée {t i9). Ces nations sont la figure des nations ennemies de Dieu et de son Christ.
II. Elude doctrinale. — Si on étudie ce livre sous le rapport doctrinal, on remarquera plusieurs vérités importantes, soit dogmatiques, soit morales. Nous en signalerons trois principales : — 1° Le jugement dernier : « En ce jour-là, dit le Seigneur, j'assemblerai « tous les peuples ; je les conduirai dans la vallée de « Josaphat, et j'entrerai en jugement avec eux (ni, « 1-12). » — 2''La puissance etlabontédeDieu. Sapuissance : « A sa voix qui retentit comme le rugissement <i du lion, le ciel et la terre sont ébranlés. Peuples, « peuples, assemblez-vous dans la vallée du Carnage ; '< vous serez vaincus (m, 14-16). » Dans sa main, le plus chélif insecte devient une arme aussi redoutable que le tonnerre; et il se plaît à humilier l'orgueil de l'homme devant une invasion de sauterelles (i). Sa bonté : Elle surpasse notre malice et elle est au fond de toutes ses vengeances. « Il est bon, compatissant, « patient, riche en miséricorde (ii, 13). « — 3° Enfin la nature et les effets de la vraie pénitence : « Conver- « tissez-vous à moi de tout votre cœur; jeûnez, pleu- «< rez, gémissez, déchirez vos cœurs et non vos vôte- « ments (n, 12, 13). « Voyez aussi i, 13, 14.
III. Elude littéraire. — « Joël, dit Lowth \ diffère « infiniment d'Osée pour le style; mais le caractère « de son éloculion et de sa période, quoique d'un « genre différent, n'est pas moins poétique. Son mérite « principal est l'.élégance, la clarté, l'abondance, réu- « nies à l'élévation, à la vivacité et à la chaleur. »
' Lapoès. $acr., leç. xxi.
358 COURS d'écriture sainte
. Le jugement d'Eicchorn ' n'est pas moins flatteur: (( Qui ne reconnaît pas dans Joël le grand poète et le « grand peintre, dit-il, n'a jamais été capable de sen- (( lir les beautés d'aucun Prophète. Au début de son « poème, Joël est une véritable tourterelle plaintive -< qui gémit d'avoir perdu ses bocages ; à la fin, c'est (( un aigle qui s'élance jusque dans les rayons du so- « leil de la félicité.
« Les couleurs lugubres qui dominent l'élégie con- « tenue au premier chapitre sontd'une grande beauté.
« La description du second chapitre est d'un élan « plus sublime. » « Rien n'est plus pathétique, dit <( M. Salgues ^, que le tableau des prêtres éplorés im- • « plorant le Seigneur entre le vestibule et l'autel, et <( s'écriànt : Epargnez, Seigneur, épargnez votre peuple f « Ce qu'Homère et Virgile ont écrit de plus touchant .( pour nous peindre les infortunes de Priam et de sa '( famille n'égale pas ce passage de Joël. »
« Mais dans la troisième partie, reprend Eicchorn, « le poète sacré se surpasse lui-même et s'élève au- « dessus des génies les plus inventifs. Il emploie des c< images inconnues aux autres^Prophètes, et que nul, <' après lui, n'a parfaitement imitées. La vallée de Josa- « phat, la source qui sort du temple pour arroser les (( vallons de Sittim, sont autant de figures qu'il a in- « ventées 3, Toutes les images qu'il emploie sontmer-
« veilleusement appropriées à son sujet Il n'y a
« pas un seul trait qui ne renferme quelque beauté. « Enfin le discours est toujours orné d'expressions « rares et extraordinaires. »
Concluons avec Gellérier •* : « Dans ce poème inspiré, « quel heureux mélange de tons! quelle originalité « d'images 1 quel plan habile et gradué ! Dans la ma- « nière dont il est rempli, quelle touchante puissance (( de sentiment, de pathétique et de poésie ! »
1 Voyez M. Glaire, t. IV, p. 378.
-' Litt. des Hébr., p. 246.
' On n'oubliera pas que c'est un rationaliste qui parle.
♦ Introd. à l'Ane. Test., p. 247.