‹ Cours élémentaire d'Écriture Sainte (volume 2)Chapitre 11 sur 132 · INTRODUCTION AU LIVRE DE LA SAGESSE · texte numérisé non relu

INTRODUCTION AU LIVRE DE LA SAGESSE

son propre ouvrage en mettant ses conseils dans la bouche du plus sage des rois. Ce serait une simple prosopopée.

Mais quel est cet auteur? On l'ignore. Son nom, son pays, le temps où il a vécu, les circonstances dans lesquelles il a écrit, tout a échappé jusqu'ici aux recherches et à la connaissance des savants. D. Calmet croit qu'il a été composé par un Juif helléniste du temps des Machabées. Ce sentiment n'est point dénué de vraisemblance '.

III. Texte original et version. — Ce livre a été écrit en grec. C'était le sentiment de saint Jérôme, et c'est encore aujourd'hui celui des meilleurs critiques.

La version latine que nous avons dans la Vulgate est celle de l'ancienne Italique. Elle a été faite sur le grec, et elle le reproduit habituellement avec une grande fidélité.

IV. Division. — L'ouvrage comprend dix-neuf chapitres et peut se diviser en deux parties.

La preniière (i-ix) est consacrée à l'éloge de la sagesse. L'auteur oppose les heureux effets qu'elle produit aux suites funestes de la folie (i-v). Il la recommande aux rois et aux juges de la terre (vi), en montre denouveaurexcellence(viiet viii), et lademandeàDieu dans une prière fervente (ix).

La seconde partie (x-xix) est la confirmation de la première. L'auteur s'attache à prouver, par des exemples tirés de l'histoire sainte, que ceux qui pratiquent la vertu sont heureux, tandis que les impies éprouvent dès maintenant les effets terribles de la justice de Dieu. Ces exemples sont, d'un côté : Adam, Noé, Abraham, Lot, Jacob, Joseph, le peuple hébreu à sa sortie de l'Egypte et pendant son voyage dans le désert; de l'autre : Gain, les Égyptiens elles Chananéens.

» Voyez sur cette question M. Glaire, /nfr., t. V, p. 72; M. Lamy, Intr. tpec, I* p., cap. xvii, p. 12G; et M. Oilly, Prée. d'inlr., t. Ut, p. 189 et suiv.

On y trouve aussi (xiii etxiv) une éloquente sortie contre la vanité et le culte criminel des idoles.

V. Canonicitc. — Le livre de la Sagesse est un des livres deutéro-canoniques rejetés par les protestants. Sa canonicité est cependant incontestable : 1° Les écrivains du Nouveau Testament ont lait à cet ouvrage de fréquentes allusions et même quelques emprunts (Ephes., VI, 17, 18 ; Sap., v, 18, 21 ; Hebr., i, 3 ; Sap., VII, 26). 2° On le trouve dans la plupart des Canons des Écritures dressés à différentes époques. Il figure dans le Canon du concile de Carthage (397), dans celui de saint Augustin, dans celui du pape Innocent à • Exupère, évêque de Toulouse (450), dans celui du pape Gélase (494), etc. 3° Il n'y a pas de livre dont les Pères aient fait un plus grand usage, soit pour établir ou pour défendre les vérités de la foi, soit pour enseigner les principes de la morale. Saint Augustin a même eu occasion d'en prouver directement la divinité contre les semi-pélagiens, qui la niaient. Voici ses paroles ; elles sont remarquables ' : « Non debuit « repudiari liber Sapientiae, qui meruit in Ecclesiâ « Christi de cjradu lectorum Ecclesix Christ i tam longâ « annositate recitari, et ab omnibus christianis, ab epi- « scopïs usque ad extremos laicos fidèles, pœnïtentes, cate- « chumenos, cum veneratione divinx auctoritatis audiri. » Il termine en disant que ce livre qui, depuis un si grand nombre d'années, a mérité d'être lu dans les églises de Jésus-Christ, ne doit rien perdre de son autorité parce qu'il contredit les semi-pélagiens. Toute l'antiquité chrétienne a donc reconnu la canonicité de cet ouvrage.

Un ministre de Genève l'avoue : « En considérant, « dit-iP, la partie orientale de l'Église d'Afrique « comme partie essentielle de l'Église grecque, et la « partie occidentale comme tenant à l'Église latine,

i De prœdestin. sanctor., cap. xiv, ii. 27-29, t. X, col. I3ffb. 2 Notice sitrles liin-es apocryp. de l'A. T., par M. Moulinié. Il est cité dans la Bible mutilée, p. 128, en note.

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