‹ Cours élémentaire d'Écriture Sainte (volume 2)Chapitre 12 sur 132 · ÉTUDE DU LIVRE DE LA SAGESSE · texte numérisé non relu

ÉTUDE DU LIVRE DE LA SAGESSE

« on peut dire que toute l'Église latine et une portion « considérable de l'Église grecque ont été, dès l'o- « rigine, d'accord à reconnaître la canonicilé du livre « delà Sapience ; ce n'est que la portion asiatique qui (1 a conservé des doutes à cet égard. » De l'aveu des protestants, le livre de la Sagesse peut donc invoquer en sa faveur le consentement de toutes les Eglises. La portion asiatique elle-même de l'Eglise grecque, à laquelle l'auteur attribue des doutes sur la divinité de la Sagesse, n'est pas moins unanime. Les Pères les plus célèbres de l'Asie, Eusèbe de Césarée, saint Basile, saint Grégoire de Nazianze, saint Grégoire de Nysse, saintPJphrem, saint Chrysostome, saint Jérôme (qu'on peut regarder comme docteur de l'Orient, où il a écrit ses commentaires), reconnaissent formellement Vinspiration de la Sagesse K

ARTICLE II

lîTUDE DU LIVRE DE LA SAGESSE

I. Instructions. — « Toute la philosophie antique, « dit Joseph de Maistre '^, pâlit « devant le seul livre « de la Sagesse. » L'estime dont il a toujours joui dans l'Eglise ; l'usage fréquent que les Pères en ont fait ; les prophéties qu'il renferme et qui ont mérité à son auteur le titre de prophète ; les dogmes qu'il contient sur Dieu, son unité et ses attributs de puissance, de bonté, de justice ; sur l'homme, son origine, sa grandeur native et la cause de ses malheurs ; ses enseignements sur le prix de la virginité, sur le bonheur des justes, sur le malheur des impies : tout proclame rexcellence et l'utilité de cet ouvrage.

Pour en donner une idée plus complète, nous exposerons quelques chapitres de la première partie (i-ix).

1 Cfr Bible mutilée, p. 107-131.

* Soirées de Sainl-Pétcrsb., IX" entret., t. II.

40 COURS d'écriture sainte

1. Chap. je'. A. — Les premiers versets (1-H) sont comme la préface du livre. Le discours est adressé à ceux qui sont chargés de gouverner les hommes, et il indique les conditions de droiture et de pureté requises pour la possession de la sagesse. Surtout il faut avoir une idée juste de Dieu et de ses attributs. On remarquera qu'ici, comme au livre des Proverbes, la sagesse est personnifiée ; en même temps une nouvelle idée est présentée, en ces termes : Spiritus sanctHS di'scip/inœ, Spirilus sapientiœ, Spiritits Domini. Cet Esprit saint apparaît aussi comme une Personne; il remplit la terre et connaît toute voix; en outre, il procède de la sagesse, comme celle-ci est engendrée de Dieu. Ainsi se développent les notions divines, obscures encore, mais vraies et complètes.

B. — Après cette exhortation, l'auteur propose le premier sujet de son discours, ia mort qu'il veut montrer redoutable aux impies et douce aux justes. On peut remarquer trois pensées à la fin de ce chapitre : a) V 13, 14, Beiis mortem nonfecit, sanabiles fecit nationes [salutares generationes]. Dieu a mis, à l'origine, des principes de vie et de salut en tout ce qui existe, Si donc les créatures ont subi des effets destracteurs, la cause en est étrangère à leur première formation.

b) Nec inferorum regnum in terra. Ce peut être une réfutation de la fable grecque qui supposait un royaume des enfers où tous les morts se réunissent sous la domination de Pluton, car Dieu a créé l'homme dans la justice, qui est, de sa nature, immortelle.

c) Sponsiones jjosueruut. C'est une allusion aux délires des libertins, peut-ôtrc aussi aux invocations adressées à Pluton pour écarter une mort prochaine.

2. Chap. II. — La pensée est continuée par l'exposé des erreurs des impies qui afiectent de ne point redouter la mort parce qu'ils ne croient point ;\ l'immortalité ni à la vie future. De là les désordres auxquels ils se livrent et les persécutions intentées aux justes.

Le tableau de ces persécutions (10-20) est em-

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