‹ Cours élémentaire d'Écriture Sainte (volume 2)Chapitre 15 sur 132 · IV. Division. — L'Ecclésiastique se divise en trois parties · texte numérisé non relu

IV. Division. — L'Ecclésiastique se divise en trois parties

La première comprend les quarante-trois premiers chapitres (i-xliii) et peut se subdiviser en deux autres parties (i-xxiii et xxiv-xliii). S'inspirant du livre des Proverbes, l'auteur, dans cette première partie, fait l'éloge de la sagesse (i et xxxv), et trace à tous les hommes des règles admirables de conduite. Ces maximes sont, en général, mieux liées que celles des Proverbes.

La seconde partie s'étend du chapitre quarante- (juatrième au chapitre cinquantième (xliv-l) L'auteur y fait l'éloge des patriarches, des i)rophctes et des autres personnages qui ont illustré le peuple de Dieu : Héuoch, Noé, Abraham, Isaac, Jacob (xliv). Moïse et Aaron (xlv), Josué et Caleb (xlvi), Nathan et David (xLVii), Elic et Elisée (xlviii), Josias, Jérémie, Ezéchiel, etc. (xlix). Il termine ses éloges par celui de Simon, fils d'Onias (l).

INTRODUCTION AU LIVRE DE l'eCCLÉSIASTIQUE 45

Dans la troisième partie (li), Jésus fils de Sirach, ayant rendu grâces à Dieu de la miséricorde avec laquelle il l'avait tiré des dangers auxquels il avait été exposé, dit qu'il a cherché et trouvé la sagesse. Il l'a conquise au prix de raille efforts ; mais il est hien dédommagé de sa peine. Il termine en invitant tous les hommes à suivre son exemple,

V. Canonicilé. — La canonicité de ce livre est, comme celle de la Sagesse, à l'abri de toute attaque sérieuse. On pourrait la justifier par des preuves analogues*. Bretscheider 2, l'un des plus hardis critiques de la nouvelle exégèse, avoue que les Pères n'ont point accordé à X Ecclésiastique une autorité inférieure à celle des autres livres canoniques ; qu'ils l'ont fréquemment cité sous le nom d'Ecriture, d'Ecriture divine, de parole divine ; qu'ils ont donné à son auteur le nom de prophète, et que, par conséquent, ils l'ont toujours regardé comme inspiré. De tels aveux valent un longue thèse.

11 est curieux, d'un autre côté, de voir l'embarras du ministre de Genève cité plus haut, quand il s'agit d'apprécier les témoignages des Pères sur l'inspiration de ['Ecclésiastique et de se prononcer pour ou contre sa canonicité : « Nous nous taisons, dit-il ^ sur les « monuments de la canonicité de ce livre : il y aurait « bien des choses à dire en sa faveur. La seule raison « qui nous le fasse laisser parmi les apocryphes, c'est « la différence considérable qu'il y a entre la version « grecque et la version latine en quelques endroits, « ce qui rend difficile la distinction entre l'inspiré et « le non inspiré. Mais cette différence n'est pas une « raison suffisante pour faire rejeter décidément ce « livre comme ne pouvant être d'inspiration divine, « ou comme n'ayant pas été reconnu canoniiiue par « les plus anciens docteurs de lEglise primitive. »

1 Voyez la Bible mutiliie, p. 131-148.

2 II est cil6 par M. Glaire, p. 88.

' Loc. cit., p. 72.

ARTICLE II

BEAUTÉ ET UTILITÉ DU LIVRE DE l'eCCLÉSIASTIQUB

I. Caractère et valeur littéraire de ce livre. — V Ce que nous avons dit de la beauté du livre des Proverbes nous dispensera d'entrer ici dans de longs détails, tant il y a de ressemblance entre les deux livres. C'est, en effet, le même but, la même doctrine, le même genre, la même forme, presque le même style. Il est facile de voir que le fils de Sirach s'était longtemps nourri de la lecture et de la méditation de l'ouvrage du fils de David. Cependant, comme nous l'avons déjà remarqué, il y a plus d'ordre et de liaison dans ses maximes. Le style, plus soigné, est aussi plus brillant, plus orné. 11 suffit, pour s'en convaincre, de comparer les discours qu'ils ont mis l'un et l'autre dans la bouche de la Sagesse, par exemple les chapitres viii et IX des Proverbes, et le chapitre xxiv de l'Ecclésiastique. L'un et l'autre traitent du même sujet, exposent la même doctrine et doivent être expliqués selon le luèfne sens.

On peut encore citer comme très remarquables les chapitres xiii, xxxviii, xxxix, xl, xlii et xliii.

2" On trouve dans le chapitre xiii les rapports du pauvre, humble et simple, avec le riche, orgueilleux et dissimulé. Ce chapitre révèle une grande connaissance des hommes et une exquise finesse d'observation.

Les chapitres xxxviii et xxxix nous font voir les occupations du sage comparées à celles du reste des hommes. « La facture de ce morceau est toute poéli- « que : on y remarque une suite de distiques à idées ' parallèles, formant, par leur réunion, des strophes « d'une certaine étendue, lesquelles finissent par une « espèce de refrain, où la même pensée est exprimée « avec quelque variante '. » Cette pièce renferme de-

M. Laurens, Mure, chois, de la Bible, p. 416.

BEAUTE ET UTILITÉ DU LIVRE DE l'eCOLÉSIASTIQUE 47

précieux détails archéologiques sur l'agriculture et sur l'art du graveur en bois, de l'ouvrier en fer et du potier (xxxviii, 20-39).

Enfin, les chapitres xl, XLuet xliii nous présentent, le premier, le tableau des inquiétudes de la vie, et les deux autres, celui de la création.

3° Il y a aussi dans ce livre, comme dans celui des Proverbes, un grand nombre de maximes d'un sens profond sous une forme piquante. Nous en rapportons quelques-unes :

« Vis en paix avec tout le monde; mais choisis-toi « un conseiller entre mille (vi, 6). »

« Si tu connais un homme sage, lève-toi de grand « matin et va le trouver; que ton pied use le seuil de « sa porte (vi, 36). »

« Ne serre point deux fois le nœud du péché : un « seul que tu commettras ne restera point impuni « (vu, 8). »

« Honore ton père, et n'oublie pas les douleurs de « ta mère : souviens-toi que sans eux tu ne serais pas « né (vu, 29, 30). »

« Ne méprise pas un homme dans sa vieillesse : ceux « qui vieillissent ont été comme nous (viii, 7). »

« La vie de l'homme la plus longue n'excède pas « cent ans ; ce peu d'années est comme une goutte « d'eau dans la mer, comme un grain de sable dans « l'éternité : voilà pourquoi Dieu attend les pécheurs « avec patience et verse sur eux sa miséricorde ^xviii, « 8, 9). »

« Pleure sur un mort, car il a fermé les yeux à la « lumière; mais pleure aussi sur l'insensé, car il a « perdu le sens... On pleure un mort pendant sept « jours ; mais l'insensé et le méchant doivent Olf-e « pleures tous les jours de leur vie (xxii, 10 et 13. . »

« Ne soulfre point que ton fils, ta femme, ton frère « prennent trop d'empire sur toi... Ne leur donne pas « ton bien de ton vivant, de peur que tu n'aies sujet « de t'en repentir et que tu sois obligé de leur de-

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ce mander... Il vaut mieux que les enfants te prient, « que d'être réduit toi-même à leur tendre la main « (xxxiii, 20,22).

« Souviens-toi du jugement de Dieu sur moi, te dit « le mort : car le tien viendra de même. Hier à moi, « aujourd'hui à toi! (xxxviii, 23). »

II. Instructions de ce livre. — La richesse du fond répond à la beauté de la forme. Ce livre est un cours complet de religion.

1° Le dogme presque tout entier s'y trouve, savoir : Dieu et ses ineffables attributs : sa puissance (xlii et xLiii), son immensité et sa science infinie (xlii, 18-20; XVI, 16, 17; xxiii, 25-29), sa providence (xvi, 26-29) ; et sa j ustice (v, 4-9 ; xvi, 7-14), ; le dogme de la création (xviii, 1-6) et celui de la prédestination ou de l'inégale répartition des bienfaits de Dieu (xxxiii, 7-14); l'innocence originelle de l'homme et son élévation à l'ordre surnaturel (xYii, 2- H); sa liberté (xv, 14-22) ; la nécessité et l'utilité des tentations (ii, 1-13 ; iv, 18-22) ; l'efficacité de la prière (xxxv, 17-22) ; la mort (v, 8, 9; XIV, 18, 19; VIII, 8); le jugement (xvi, lo;xi, 28; i, 13 19), etc., etc.

2° Les inst?'uctions morales y sont plus nombreuses.

L'auteur défend tout ce qui est mal, le péché en général (xxi, 1-4 ; xli, 8-14), et, en particulier, tous les vices: l'orgueil, haï de Dieu et des hommes (x, 7); la présomption (vi, 2-4) ; l'ambition (vu, 4-8); la cupidité (x, 9, 10 ; XIV, 3-11 ; xxxi, 1 ; iv, 6; v. 10) ; les curiosités dangereuses (ix, 3-13; XXV, 28; xlii, 12, 13); la volupté (xix, 2, 3 ; xxiii, 21-24); l'intempérance (xxxi, 22-40; xxxvii, 33, 34) ; l'oisiveté (xxii, 1, 2, 16); la multiplicité de paroles (xx, o-8 ; xxiii, 17) ; le mensonge (vu, 13, 14 ; xx, 26-28) ; la colère (xxvii, 33 ; xxx, 26); le jurement (xxiii, 9-17; xxvii, 15);le respect humain (ix, 24-33; xx, 24) ; les querelles (xxviii, 10- 14); les faux rapports (v, 16, 17; xxi, 31); l'esprit de duplicité (xxvii, 23-30); et la vainc confiance dans les richesses (v, 1-3; xi, 25-29; xxxi, 8-U).

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Il recommande tout ce qui est bien : — à l'égard de Dieu, la droiture et la simplicité (i, 36-40; ii, li) dans le culte, soit intérieur (xxxv, 1-5), soit extérieur (xxxv 6-14), qui lui est dû; la prière continuelle (xviii, 22) et la crainte amoureuse de ses jugements, d'où naît la gloire (i, 11 ; X, 23-27 ; xl, 28), et le bonheur (i, 12, 20 21; XXXIV, 14-20; xiv, 22-27); — à l'égard de nousmêmes, l'humilité, qui se défie etconsulte (xxxii, 22-24); la prudence (xxi, 15; xxxvii, 25-29; m, 31, 32); la fuite des petites fautes (xix, 1 ; x, 1) ; le choix de nos conseillers (vi, 6; xxxvii, 12-18) et de nos amis (ix, 21-23); la persévérance dans le bien (ii, 15-23; v, 11, 22; xxii, 19-23 ; xxxiv, 30, 31) ; — enfin à l'égard de nos frères, la charité (xvii, 12; xiii, 19, 20); l'oubli et le pardon des injures (x, 6; xxviii, 1-9); l'aumône (vu, 10-36; XXIX, 12-18; m, 33, 34; iv, 1-8) et la correction fraternelle (iv, 27 ; XX, 1), avec les règles pour la bien faire (xi, 7; viii, 6; xxii, 7-9) et pour la bien recevoir (xx, 4; VII, 6).

11 rappelle à tous les hommes leurs devoirs ; en effet, les princes (x, 46, 17) et les magistrats (iv, 9-11 ; xx, 2, 3); les prêtres et les laïques (vu, 31-35); les riches (v, 1-3; XVIII, 24-26; xxxi, 8-11) et les pauvres (xi, 14; XX, 23; XXV, 3, 4; xl, 29); les marchands et les acheteurs (xxvii, 2; XXXIX, 6-11 ; xx, 12); les vieillards (ix, 24; XXV, 6-8) et les jeunes gens (xxv, 5; viii, 9-12); les médecins et les malades (xxxviii, 1-15); le mari et la femme (xxxvi, 23-28; xxv, 1, 2, 17-31; xxvi, 10-11; xxiii, 30-37; ix, 1, 2; vu, 21) ; les parents et les enfants (xvi, 1-4; XXX, 1-13 ; vu, 25-27; xxii, 3-5 ; xlii, 9-11); les maîtres et les serviteurs (iv, 35; vu, 23 ; x, 28) : en un mot, toutes les classes de la société peuvent apprendre du fils de Sirach quelles sont leurs obligations et (■(! qu'ils doivent faire pour les remplir.

3" Eulin, ce livre est comme un résume del'/tistoire delà relif/ion, c'esl-ÎL-ûirG des, patriarches, dos prophètes et des grands hommes du peuple de Dieu (xliv-l).

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