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ses yeux s'échappent deux sources de larmes : « Exitus « aquarum deduxerunt oculi mei, quia non custodierunt « legem tuam (Ps. cxviii, 436, 158). » « N'ai-je pas « haï ceux qui vous haïssaient? dit-il à Dieu ; la vue « de vos ennemis ne m'a-l-elle pas fait sécher de « douleur? Ah ! je les déteste d'une haine parfaite « (Ps. cxxxviii, 21). »
II. Quant aux paroles elles-mêmes dont il se sert pour exprimer ses sentiments, il y a plusieurs manières de les expliquer.
1° Un grand nombre d'imprécations étaient conditionnelles et ne devaient avoir d'effet que si les impies auxquels elles étaient adressées ne se corrigeaient pas.
2" Dieu avait donné une sanction temporelle à la loi de Moïse : il avait promis à ceux qui l'observeraient avec fidélité de grandes richesses, une nombreuse famille, la victoire sur les ennemis ; il avait menacé, au contraire, des plus grands malheurs ceux qui la transgresseraient. La prospérité des méchants était, par conséquent, un scandale pour les faibles ; et le Psalmiste avait raison d'en demander à Dieu la cessation.
3° Plusieurs psaumes sont de véritables prophéties. Le psaume cviii, par exemple, a pour objet la trahison de Judas, son châtiment et celui des Juifs déicides (Act., I, 20). Dieu, qui, à la tin du monde, doit associer David, comme tous les saints, au jugement qu'il exercera sur les pécheurs, ennemis de 1 Église, le faisait entrer par avance dans l'exercice de cette puissance en le chargeant d'annoncer aux méchants les arrêts de sa justice.
4** Enfin le Psalmiste est un poète et un poète oriental, dont il ne faut pas prendre les paroles trop à la lettre.
2* Difficulté. — Elle provient de plusieurs textes qui semblent prouver que les auteurs des Psaumes n'ont pas cru cl la vie future, et de la crainte qu'ils ont de la mort (Ps. cxiii, 17; vi, 6; cxlv ; xxix; lxxvh, etc.).
On en a conclu qu'ils n'avaient point été inspirés.
Rép. — 1° Le dogme de l'immortalité de l'âme et de la vie future a été connu de tout temps par les Juifs et par les peuples voisins. Comment les auteurs des Psaumes auraient-ils pu ignorer une vérité si populaire et qui sert de fondement à la morale?
2° Ils l'ont certainement connue : ils en parlent de temps en temps et quelquefois d'une manière très claire. Tel est le passage où David, opposant au vain bonheur de l'impie les ineffables joies du juste, s'écrie : Satiabor cum apparuerit gloj'ia tua (Ps. xvi, 15) ; et cet autre où il exprime à peu près la même idée : « Jne- (( briabuntur ab ubertate domûs tux, et torrenle volup- « tatis tux potabis eos, quoniam in lianine tuo videbimus (( lumen (Ps. xxxv, 9). » Ces paroles sont trop magnifiques pour être restreintes au bonheur que nous pouvons goûter ici-bas, si grand qu'on le suppose : il faut donc les interpréter de la vie future '. Voyez les psaumes lxxii, 1G, 17, 26; lxxxiii, 5; et surtout le psaume xv, 10 et II.
3° Si le Psalmiste ne parle pas plus souvent de la vie future, s'il redoute la mort et demande d'en être délivré, c'est que les Juifs, dit Bossuet^ étaient incapables de comprendre et de goûter les délices de la vie future. Charnels et grossiers, peu touchés, par conséquent, de la félicité dont les saints jouissent dans le ciel, ils étaient beaucoup plus sensibles au plaisir de chanter dans le temple les louanges de Dieu et de célébrer ses fôles. C'est pour cela que David insiste sur ce plaisir et le présente comme le plus grand bonheur de l'homme sur la terre. Lui-môme a paru redouter la mort qui devait l'on priver ; et il déplore le sort de ceux qui, étant descendus au tombeau, ou plutôt dans le
'Cfr M. Glaire, t. V, p. 2i, et surtout M. Henri Martin, tu Vie future, chap. ii, § 5, p. 105 et suiv. 2 Disserl. de Psatm., cap. i, § 10.
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Schéol\ ne pouvaient plus mêler leurs voix à celles de leurs frères dans les assemblées publiques.
Le mot hébreu que la Vulgate a rendu dans le sens de memoria : non est in morte qui memor sit tui (Ps. vi, 6), ne signifie point un pur souvenir, une simple pensée intérieure, mais une louange, un éloge, la confession publique du nom de Dieu. C'est le même sens que celui qui est exprimé dans le second membre du verset : In inferno autem quis confitebitur tibil
Le désir de louer toujours le Seigneur sur la terre servait, du reste, de voile au désir de le louer éternellement dans le ciel ; et les véritables Hébreux conservaient au fond du cœur cette douce espérance. « Car, « dit l'auteur de la Bible de Vence -, le vif empresse- « ment qu'ils avaient de rendre à Dieu ce tribut de « louanges et d'adoration pouvait-il se borner à un « petit nombre d'années? Auraient-ils cru, après un « si court espace, s'être pleinement acquittés de cette « obligation essentielle à la créature?... Pour louer « toujours, ils voulaient toujours vivre, non pas ici, « où cela est impossible, mais en entrant dans un état « immuable. » Les auteurs des Psaumes n'ont donc pas douté de l'immortalité de l'âme ^