N° II
Règles particulières aux psaumes historicfues.
Ces règles ont pour but de faire connaître : 1° le sujet et le dessein du psaume; 2" l'auteur, et 3° les différentes circonstances, soit de temps, soit de lieu, dans lesquelles il a été composé.
I. — Le sujet et le dessein d'un Psaume se connaissent quelquefois par le titre. Mais comme les titres ne sont pas tous authentiques, il faudra presque toujours lire le psaume et l'analyser. Si l'argument qui résume l'analyse est conforme au titre, c'est une preuve de l'authenticité du titre ; mais, s'il y a entre l'un et l'autre quelque différence, et, à plus forte raison, s'il règne entre eux une opposition formelle, il ne faudra pas craindre de sacrifier l'inscription à l'argument.
II. — Les titres font aussi connaître souvent Cauteur du psaume. A leur défaut, on aura recours aux circonstances historiques dont le psaume rappelle le souvenir. On examinera avec attention la nature du sujet, le style et môme le ton de l'auteur. Les Psaumes de David, par exemple, ont certains caractères qui
empêchent de les confondre avec les autres, et, en particulier, avec ceux d'Asaph. David parle sans cesse de ses persécutions et de ses ennemis, des guerres qu'il a entreprises, des combats qu'il a livrés, des dangers auxquels il a échappé; son péché, toujours présent à sa mémoire, ramène sous sa plume les mômes protestations de repentir, d'amour et do reconnaissance. Enfin son style est pur et généralement exempt de chaldaïsmes. Asaph est plus philosophe. Ses Psaumes sont presque tous didactiques ou moraux; et il s'attache ordinairement à résoudre quelques dillicultés empruntées à la morale '. Son style est plus énergique, mais plus obscur. Moins tendre que David, il est plus véhément; plus sublime que lui, ditJahn, il ne le cède, sous ce rapport, ni à Isaïe ni à Habacuc.
III. — Nous avons déjà indiqué le moyen principal de connaître les différentes circonstances au milieu desquelles un psaume a pu être composé : c'est de joindre à l'étude et à l'analyse de ces cantiques l'étude des livres historiques de l'Ancien Testament. Nous n'avons rien à ajouter.
N° III Règles particulières aux psaumes didactiques ou moraux.
Première rèfjle. — Il ne faut point chercher dans les Psaumes une morale aussi belle que celb de l'Kvangile. Les Juifs n'étaient pas en état de comprendre une doctrine si élevée; et Dieu voulait amener peu à peu les hommes à prati(|ucr dans toute leur perfection les sublimes enseignements de son divin Fils.
Deuxif'me ri'ijle. — (Jn ne doit pas exiger que les sentences ou les maximes des Psaumes soient vraies dans tous les cas. 11 suflit qu'elles le soient ordinairement.
Troisième règle. — Plusieurs maximes semblent pré-
' C(r M. Le Hir, tes Psaumes, p. 103, ICI.
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senler le bonheur temporel comme étant toujours, icibas, la récompense de la vertu, et l'adversité le châtiment du crime. Mais il faut se rappeler que nous ne vivons plus, comme les Juifs, sous une loi à laquelle Dieu avait donné une sanction temporelle. — Dans une loi toute figurative, ces récompenses et ces peines étaient la figure et l'imnije des récompenses et des châtiments éternels. — Enfin quelques maximes n'ont probablement été vraies que pour David, Telle est, par exemple, celle où il alfirme qu'il n'a jamais vu le t'uste abandonné, ni ses enfants réduits à mendier leur pain (Ps. XXXVI, 25).