PSAUME XX
Domine in virtute tua.
Sujetetsens. — Nous ferons de courtes observations sur le sujet et le sens de ce psaume, qui n'est pas difficile.
C'est un chant de victoire où David rend grâces à Dieu comme à l'unique auteur de ses succès, et, fort de cet appui, se promet un règne perpétuel. Comme le titre ne signale aucune circonstance particulière de l'histoire de David, à laquelle soit rapporté le psaume, mais qu'il convient à tous ses triomphes, la tradition des Pères, dit D. Calmet, l'a interprété comme un hymne à la royauté du Messie. Quelques-uns ne l'ont entendu ainsi que selon le sens secondaire et allégorique ; toutefois il y a des traits qui conviennent au Messie seul, selon la vérité de la lettre ; ce sont les
* Le y 5 ea hébreu est surtout expressif : Soli posuit tabernaeulum in eit (cœlis).
2 Cfr Luc, XXIV, 46
versets 4, 5, 6. L'expression : ùnbuisti ei longitudinem dierum in sœculum sœculi, qui marque la perpétuité de vie accordée au roi, serait tout au plus une hyperbole appliquée à David, mais elle se vérifie littéralement en Jésus-Christ. La vie lui fut donnée pour l'éternité au jour de sa résurrection. De même la gloire éclatante qui accompagne cette vie, la bénédiction dont le roi est le dispensateur, qu'il répand sur tous les siècles et qu'il puise à sa source même, dans la face de Dieu, n'a point eu sa réalisation en David, mais elle l'a obtenue en Jésus-Christ, que Dieu avait annoncé aux patriarches comme la cause universelle des grâces. Mais si ces choses, insérées au milieu du psaume, ont été dites de Jésus-Christ, la liaison des pensées n'oblige-t-elle pas à lui rapporter le psaume entier? Aussi l'Église le récite-t-elle aux fêtes où elle honore la royauté et le triomphe de Jésus-Christ et de ses saints.