‹ Cours élémentaire d'Écriture Sainte (volume 2)Chapitre 33 sur 132 · PSAUME XXXIX · texte numérisé non relu

PSAUME XXXIX

Expeetans expectavi Dominum .

I. Sujet. — Le sujet principal de ce cantique, de de l'aveu de plusieurs rationalistes \ est encore le Messie. Tel est, après saint Paul (Hebr., x, 5), le sentiment commun des Pères et des écrivains catholiques. Quelques-uns appliquent à David, dans le sens littéral, la fin et le commencement du psaume. Mais tous reconnaissent que les versets 7 et 8 ne peuvent en aucune manière s'entendre de ce prince, qui n'a pu s'offrir à Dieu comme une victime capable de remplacer les sacrifices anciens, ni dire que le livre de la Loi lui avait rendu témoignage et avait annoncé sa venue. Conformément à nos principes, ce psaume doit donc prendre rang parmi les psaumes prophétiques. 11 comprend deux parties : la première (1-11) a pour objet l'Incarnation, sa fin, ses effets; la seconde (12-18) décrit plus particulièrement la Passion.

II. Notes explicatives. — Les versets 7, 8 et 9, dont nous venons de parler, ont seuls besoin d'explication.

1° Il y est question d'un sacrifice proprement dit, destiné à être substitué aux sacrifices de la loi de Moïse. L'autorité infaillible de l'Apôtre des Gentils (Hebr., x, 5) en fait foi. Le ton de grandeur et d'emphase qui règne dans ce passage ne pourrait, d'ailleurs, s'expliquer, s'il s'agissait seulement, comme on le prétend, de l'observation de la loi de Dieu.

2° Au lieu de : aures perfecisti mihl, il y a dans les Septante, suivis par saint Paul : corpus autem aptasti mihi. Cette leçon est d'autant moins à mépriser qu'elle est plus ancienne. Elle se trouvait aussi dans l'ancienne Italique et dans les écrits de la plupart des anciens Pères. Il n'est pas, du reste, impossible

' Derezer, Dath, Michaélis.

de la concilier avec celle de la Vulgate; et il est probable que les Septante ont employé le tout pour la partie. L'hébreu porte : aures fodisti mihi, ce que le interprètes entendent ou de la docilité du Messie aux ordres de son Père, ou de la dépendance dans laquelle il a voulu vivre par rapport à lui. On sait que les Juifs étaient dans l'usage de percer les oreilles à leurs esclaves qui, quand arrivait l'année sabbatique, ne voulaient pas reprendre leur liberté et se constituaient ainsi volontairement esclaves perpétuels (Ex., XXI, 6; Deut., xv, 17). Cela veut donc dire : 0 mon Dieu, je me suis rendu volontairement obéissant et votre serviteur à jamais. Au fond, c'est toujours le même sens. L'arabe joint les deux leçons : « Vous m'avez préparé un corps et vous m'avez ou- « vert les oreilles. »

3° Iti capite libri scriptum est de me, littéralement : in volumine libri. C'est une allusion à la coutume d'enrouler autour d'un bâton les feuilles d'écriture. Ce livre est celui des décrets éternels, dont Jésus- Christ est le principe et la fm; ou l'ensemble des Ecritures, dont il est l'inspirateur, l'objet principal, l'explication, la synthèse ;ou, plus particulièrement, la Loi, dont saint Paul a dit qu'il est la lin, et lui-même a déclaré que tout, jusqu'à la moindre lettre, aura son accomplissement.

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