PSAUMES LI-LVIII
Ces huit psaumes sont groupés ensemble par la similitude des sujets et des pensées. Ils sont de David et leur composition se rapporte au temps des persécutions suscitées par Saiil et par Absalon. Les titres, assez obscurs, font allusion à des incidents divers et peu connus, à des périls sur lesquels l'histoire sainte passe rapidement, ce qui rend les explications difficiles. Mais dans un sens plus élevé ils sont susceptibles d'admirables interprétations. Les ennemis et les périls
1 Dialog. ni' sur l'éloq.
EXPLICATION DBS PSAUMES 107
de David sont les ennemis et les périls de Jésus-Christ et de ses disciples. David fuyant au désert figure Jésus-Christ se dérobant aux poursuites des Juifs, ou l'ârae fidèle qui se retire dans la solitude pour conserver la grâce divine. Quelques observations sur les psaumes 52°, 54° et 58'' compléteront ces pensées.
1. Psaume 52°. Dtxit insipiens...non est Deus. — Il est identique au psaume 13". Selon M. Le Hir l'un de ces deux psaumes aurait été écrit de mémoire par quel- ({u'un qui ne l'aurait pas lu, mais l'avait seulement entendu chanter. Cela expliquerait les légères variantes que Ton y découvre, et à cause de ces divergences dans deux recueils faits à des époques différentes, on aurait laissé subsister l'un et l'autre quand tous les psaumes furent réunis en un seul corps. Le sujet est la dépravation morale des peuples, dont David fait une peinture effrayante. Saint Paul l'a citée à peu près en entier au chapitre m de l'Épître aux Romains pour prouver la gratuité de la justification, en montrant que tous les hommes, sans excepter les Juifs, étaient prévaricateurs, et que Dieu ne leur devait en justice que des châtiments.
2. Psaume ^i". Exaudi, Dcus, orationem meam. — On s'accorde à y voir une prière de David fuyant devant Absalon révolté, laissant son royaume divisé par la guerre civile, Jérusalem livrée aux factieux, et trahi lui-même par un faux ami. Cet homme était Achitophel, son conseilller intime, devenu celui d'Absalon. Il avait poussé la perfidie jusqu'à proposer de se mettre à la tôte de l'armée insurgée et de poursuivre le roi fugitif. Mais comme son avis ne prévalut pas, il se relira et se pendit. Les saints Pères ont vu dans ces traits une ligure de Judas, et dans les il 13-16, où la perfidie du traître est déplorée, une expression vive des senlimenls qui rempliit'nt le cfcur de Jésus-Christ à l'égard de son disciple. Lus autres pensées du psaume conviennent également bien à la situation.