PSAUME CXVIII
Beati immaculati in via.
Nous reproduisons, à peu près textuellement, les observations de M. Le Hir, en y joignant d'autres réflexions tirées d'ailleurs.
L Observations générales. — 1. Ce psaume dont rien ne détermine l'époque, est tout moral : il a pour objet le bonheur de ceux qui connaissent le vrai Dieu et observent sa loi. Le psalmiste exalte la beauté de cette loi, demande à Dieu de la connaître et promet de l'observer avec une entière fidélité, malgré les persécutions des hommes et la séduction des plaisirs. Il demande à Dieu sa grâce pour lui rendre cette fidélité possible et facile, soupire après la consolation et le secours dans ses misères, se justifie des calomnies de ses ennemis, enfin exprime de la manière la plus vive et la plus touchante la douleur qui le consume à la vue de leurs offenses contre le Seigneur. Toutes ces pensées sontrépétées sous railleimages différentes, et forment comme autant de sentences séparées entre lesquelles il ne faut pas chercher une étroite liaison. C'est cette variété qui fait la beauté du psaume, le plus long de tous, car il compte 176 versets, mais dont la longueur même prouve le mérite. Car l'auteur in-
spire a su mettre en son style assez d'art pour trouver 176 fois des paroles de louange à l'adresse de la loi divine sans jamais se répéter.
2° Les saints Pères se sont épuisés en éloges sur ce psaume et se sont appliqués avec un soin particulier à l'expliquer aux peuples comme le plus excellent et le plus instructif pour la morale. On pourrait tirer de sa seule lecture ou de son exposition une preuve convaincante de la divinité d'une religion qui inspire de tels sentiments d'amour tendre, vif et désintéressé pour la loi de Dieu. Le psalmiste va jusqu'à verser des larmes, et à se consumer de douleur et d'indignation par zèle pour cette loi qu'il voit transgressée, méprisée par les méchants. L'homme cherche en vain de tels sentiments en lui-même, il faut que la grâce les y forme. Aussi ne trouve -t-on rien d'analogue dans toutes les littératures ni dans toutes les philosophies profanes.
IL Interprétation. — 1° Le psaume ne présente pas de difficulté considérable, en apparence; le sens de chaque verset est clair, simple, pieux, et les onze termes employés pour nommer la loi divine ne sont que les formes variées de la même idée qu'elles montrent sous ses différents aspects ; mais si l'on pèse les mots, si l'on examine davantage les pensées, on y découvre une profondeur qu'on ne soupçonnait point d'abord, et l'on ne peut qu'admirer l'excellence des conseils, la justesse pratique des réflexions, l'ampleur de vue qui a présidé à ta composition.
2° Gomme le psaume est alphabétique et divisé en vingt-deux strophes, chacune de huit versets qui commencent par la môme lettre, on pourrait l'étudier en cherchant l'idée dominante de chaque strophe et en comparant ces idées entre elles pour leséclaircir et les unir. Il faudra aussi établir le sens précis des noms divers donnés à la loi divine, et l'on remarquera que cette loi est entendue dans le sens le plus large, qu'elle comprend non seulement la loi morale, mais encore
la loi cérémonielle, môme les lois du monde physique, et aussi tout l'ensemble de la'révélation.