‹ Cours élémentaire d'Écriture Sainte (volume 2)Chapitre 66 sur 132 · VI. Onus Tyri {chap. xxiii · texte numérisé non relu

VI. Onus Tyri {chap. xxiii

1. Sujet de cet oracle. — Il est dirigé contre Tyr, la reine des mers. Il y est question du siège et de la prise de cette ville par Nabuchodonosor. Ainsi cette prophétie a été composée environ cent ans avant l'événement. Elle a été renouvelée par Ezéchiel (xxvi-xxviii),

2. Son accomplisseî7ient. — « Nous n'avons, dit « M. Le Hir ', aucun témoignage direct de la prise « de Tyr par Nabuchodonosor... Mais, à défaut de « preuves directes, il y a un faisceau de présomptions « et d'indices qui approchent fort de la certitude. « a) Il devrait suffire (juc les Juifs aient admis dans « leurs canons une prophétie si célèbre, à une époque « où le doute sur son accomplissement ne peut être « supposé; mais il existe d'ailleurs un fragment de <( Ménandre, l'historien national de Tyr, que Josèphe « a cité dans un tout autre but, et qui éclaircit singu-

' Les Prophètes d'Uraël, p. 32-35. Voyez aussi M. Darras, Hist. Je VÊ(jl., t. III, p. 333.

« lièrement cette question. On y voit que, précisé- « ment à cette époque, la royauté fat abolie à Tyr; « des juges y remplacèrent 'les rois et se succédèrent « avec une rapidité qui annonce ou des troubles in- « térieurs ou un périlleux état de décadence. Quand « les rois reparaissent, c'est à Babylone qu'on les va « chercher, probablement parce qu'ils y étaient re- « tenus en otage... b) A ces marques du terrible échec « qae la puissance de Tyr subit alors, se joint un trait « emprunté à Mégasthèues. Dans un style dont l'hy perte bole recouvre apparemment quelque trace de vérité, « il fait pénétrer jusqu'aux colonnes d'Hercule les arec mes victorieuses du monarque chaldéen. La seule « explication plausible de ce mot exagéré, la voici : le « maître de Tyr pouvait s'attribuer une domination « au moins nominale sur les colonies qui relevaient « de la métropole; et les colonies de Tyr, éparses sur « tout le littoral de la Méditerranée, s'étendaient jusce qu'à Gadès. »

Le verset troisième : la aquis multis semenNili, etc., est susceptible de différentes explications. On peut traduire : ce Elle était située au milieu de la mer (m « aquis multis) ; cependant les semences que féconde le c( Nil, et les moissons qui en couvrent les rives semtc blaient être ses productions. Elle était devenue l'en- <c trepôt des nations. » Ou bien : « Les semences fé- « coudées par les inondations [in aquis tiiultis) du Nil, ce et les moissons, etc. » Ou enfin : ce Ses approvisionee nements, qu'elle trouvait dans les moissons du Nil, ce lui arrivaient par mer in aquis multis). »

vn, Chap. xxiv-xxvii. 1. Ces chapitres sont en quelque sorte la conclusion des visions précédentes. Ils forment une seule prophétie, ayantpour objet principal la victoire définitive de Jésus-Christ et de l'Église sur tous leurs ennemis. C'est, dit Rosenmiiller *, un vaste tableau de la future conversion de l'univers au

» Schot. in Es., h. t., p. 371.

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culte du Dieu d'Israël : « Prœdicitvates instare ingentem « rerum omnium perversionem, quœ hune hahitura sit « exitum,ut, orbe lerrarum purgato à violentis et fero- « cibus piorum adversariis, felicissima existât celas quâ M Java solus regnaturm sit, et pios populi sui reliquos in « gloriosum statum libertatis, pacis, prosperitatis sit asser- « lurus. » Et il en dél'end l'authenticité contre Eicchorn et Gesénius; ce qui ne l'empêche pas de qualifier cet oracle de poétique rêverie sur les espérances de la nation juive.

2. En voici Vannhjse sommaire. — Le prophète nous transporte dès le début à la fin des temps, à ces jours de colère oh Dieu viendra punir la terre. Tous les pécheurs tomberont sous ses coups. A peine un petit nombre d'âmes fidèles trouveront grâce à ses yeux. « Ce « seront comme des olives restées sur l'arbre après la « récolte," comme des grappes de raisin demeurées sur « la vigne après la vendange (xxiv, 1-13). » Le reste de l'oracle est rempli par des hymnes et des cantiques, selon la coutume familière à Isaïe.

Dans le premier (1 G-23), les élus célèbrent tour à tour, sans un ordre bien marqué, la gloire du Juste ; la sévérité de ses jugements, l'éternité de ses supplices; le bonheur des saints.

Le deuxième (xxv) a pour sujet les œuvres de Dieu, et particulièrement la félicité dont les élus seront comblés. La résurrection y est formellement annoncée.

Dans le troisième (xxvi), ce sont les justes qui remercient Dieu de leur bonheur. Le prophète y mêle un souvenir des persécutions qu'ils auront â subir et demande au Seigneur la ruine des impies, en même temps qu'il exhorte les bons à la patience, dans l'attente de la justice éternelle.

Au quatrième (xxvii), est annoncée la punition do l'empire oppresseur et la restauration d'Israël figuré par la vigne... Le caractère messianique de ces cantiques est indéniable, soit à cause de leur liaison avec le chapitre xxiv», qui a certainement rapport à la fin

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du monde, soit parce qu'eux-mêmes font allusion à cet événement suprême et qu'ils présentent des pensées et des images trop grandes pour trouver une réalisation complète dans l'histoire juive. Les faits relatifs à celle-ci, tels que la ruine de l'Assj^rie, de rÉgypte, et le retour du peuple en son pays, ne sont que des figures 011 le regard du prophète voit le symbole d'autres œuvres plus considérables. A l'appui de cette assertion, il suffit de mentionner le témoignage des rabbins et de Rosenmiiller, qui, parlant des versets où la résurrection est clairement annoncée (xxv, 8; xxvi, 19) affirment que cela doit s'entendre des temps du Messie ^

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