‹ Cours élémentaire d'Écriture Sainte (volume 2)Chapitre 67 sur 132 · IV · texte numérisé non relu

IV

Oracles relatifs à ^invasion de Sennachérib (xxviii-xxxv).

La date de ces oracles est comprise entre la cinquième et la quatorzième année d'Ezéchias. Nous groupons tous les chapitres sous un seul titre, non pas qu'ils aient tous pour sujet l'événement indiqué, mais parce que la pensée dominante paraît être Assur et l'alliance avec l'Egypte contre cet empire. Du reste nous nous contenterons d'une exposition assez brève.

No I. Ruine d'Israël et désolation de Juda. C'estle sujet du chapitre txxviii. — 1. Isaïe annonce la fin des dix tribus et oppose d'abord à cette image celle de la paix que Juda goûtera sous Ezéchias. Mais la fidélité de Juda ne sera pas constante; ce royaume sera donc aussi désolé. Le prophète mentionne deux

1 « Non dubitamus, dit Rosenmiiller, hœc proprié intelUgenda « esse de piis tempore Messiœ ad vilam revocandis, quemadmodùm « Dan., XII, 2, codem temporis arliculo midti dicunlur in hanc vilam « rediluri, alii tamen ad vitam beatnvi, alii ad ignominiam œter- « nain. » Le R. Menasse-ben-Israël dit de son côté : « Il est « établi, non seulement par les livres de Moïse, mais aussi par « tous les livres prophétiques, que la résurrection des morts « doit être conjointe à l'avènement du Messie. La seyle chose « qui soit encore matière de controverse, c'est de savoir lequel « des deux événements précédera l'autre, (livre II, De resurrect, « mort., cap. II).

ÉTODE LITTÉRALE d'iSAIE 215

vices, la débauche et l'impiété pratiquées même dans le sanctuaire. L'impiété s'est manifestée par la dérision jetée sur les avertissements divins et par une confiance aveugle en la destinée du peuple, colnme s'il était impérissable. Néanmoins il y aura un discernement au milieu du désastre. De même que le laboureur approprie chaque semence au temps et à la terre qui lui conviennent, qu'il y a des instruments divers pour fouler et battre l'une ou l'autre, ainsi Dieu éprouvera et châtiera les membres du peuple, chacun selon ses forces et ses mérites.

2. Le verset 16 mérite attention. C'est une allusion aux habitudes orientales. La pierre angulaire était choisie avec soin. Dans les temples, on y attachait un droit d'asile. La pierre fondamentale était aussi posée avec solennité. Les témoignages évangéliques entendent tout cela de J.-C. ' C'était aussi le sentiment des anciens Juifs, au dire de RosenmùUer :

(( Judœi veteres, hoc loco Messiam descriùi existima- « ru7it, undè scriptores N. T. eum diserte ac directe ad « Chnstum Jesum transférant (ad Rom., lx, 33; x, 11; « Petr., II, 6-8), cujus interpretationis indicium olim ex- « litisse in paraphrasi chaldaicâ probabile est... Gesenius « lapide anr^ulari Hiskiam regem designariexistimat... « Sed quœ hic dicuntur majora et augustiora sunt quàm « ut régi terreno conveniant ^. »

No IL Chap. xxix-xxxai

Ces chapitres forment unesérie d'oracles qui se rapportent au temps d'Ezéchias et principalement à l'invasion des Assyriens; mais, sous cette image, ils décrivent les oppressions causées par l'esprit du mal et la délivrance opérée par le Messie (Le Hir).

I. — Chap. XXIX. 1. Dans ce chapitre, Isaïe prédit trois choses : «) Jérusalem, appelée Ariel, c'est-à-dire Lion ou Force de Dieu, sera réduite à l'extrémité par

» Cfr Mallk., XXI, 42; Rom., ix, 36; I, Pelr., ii, 6. - Cfr Mgr Pie, ln$trucl. synodale sur Home, a"* iv-vi,

ses ennemis ; mais ceux-ci disparaîtront comme la poussière. — b) Les Juifs demeureront insensibles à cette merveille, parce que leur religion est toute extérieure; mais, ne v.oyant pas la vraie signification des oracles divins, ils mériteront une punition rigoureuse. — c) Dieu changera l'ordre primitif, rejettera ce peuple comme un bois stérile, et fera entrer dans son alliance les nations idolâtres, jusqu'à ce que les murmurateurs reviennent à lui,

2. Ce chapitre a certainement trait au Messie, au moins comme à son second objet. On ne saurait, sans cela, expliquer certaines expressions du prophète, soit sur les malheurs de Jérusalem, soit sur l'aveuglement des Juifs, et môme le sens messianique prédomine en plusieurs points. Nous avons d'ailleurs les citations du Nouveau Testament pour appuyer celte interprétation. — d) J.-C. s'est appliqué le verset 13 comme une prophétie des dispositions incrédules des Juifs à son égard (Gfr Matt., xv, 7). — b) Isaïe annonce qu'il viendra un temps où le peuple sera sans convictions, les yeux voilés, attentif au culte extérieur où le cœur ne prendra point part : or c'est le grand reproche que J.-G. et les Apôtres adressèrent à leurs contemporains. Le verset 14 a été pareillement entendu par saint Paul comme une prophétie de l'aveuglement et de l'impuissance où Dieu réduirait la sagesse humaine, afin de glorifier la sienne qui, changerait le monde par les moyens les plus faibles (I Cor., i, 19). — d) On pourrait dire la même chose du verset 18, où la guérison des sourds et des aveugles est annoncée, et le rapprocher des miracles de ce genre opérés par J.-C, (Cfr Luc, VIT, 22). Car bien qu'il s'agisse ici de ceux à qui Dieu ouvrirait les yeux et les oreilles du cœur, on peut dire que les guérisons dans l'ordre physique furent les symboles des guérisons opérées dans l'ordre moral. Du reste au chapitre xxxv" on voit ces mêmes miracles expressément annoncés.

Page 1