INTRODUCTION AU LIVRE DE L'ECCLÉSIASTE
de Jérusalem, Celte opinion consolante, qu'on aimerait embrasser, n'est cependant pas certaine. Le sort de ce monarque infortuné est resté jusqu'ici le secret de Dieu *.
V, Divinité. — L'Ecclésiaste a toujours été inséré dans le Canon des Ecritures, soit par les Juifs, soit par les chrétiens. Il est donc certainement inspiré. On en a cependant contesté la divinité. Luther, en particulier, a pris à tâche de le décrier. Il l'appelle « un re- « cueil de maximes de table débitées par Salomon au « sein de la débauche. Il n'y a vu, dit-il, qu'un cava- « lier sans bottes et sans éperons, n'ayant rien que « d'imparfait dans ses maximes, et chevauchant sur « un long roseau, comme il faisait lui-même quand « il était dans le monastère. » Quel langage !
Les attaques dirigées contre la divinité de ce livre se rapportent à quatre chefs principaux.
On reproche à l'auteur: 1° de favoriser la doctrine d'Épicure : « Nonne inelihs est comedere et hibere et osten- « dere animx sux bona de laboribus suis? Et hoc de « manu Dei est (ii, 24). » Voyez m, 22 ; v, 17. 2o De nier l'immortalité de l'âme ou du moins de la présenter comme problématique : « Dixiin corde meo de fîliis (( hominum ut probaret eos Deus, et ostcnderet similes « esse bestiis : idirco unus interitus est hominis et jumen- « to7'um et cequa utriusque conditio ; sicut moritur homo, « sic et illa moriuntur (m, 18, 19). » Et au verset 21 : « Quis novit si spiritits pitorum Adam ascendat sursîim et « spiritus iumentorum descendat seorshin? » Voyez encore IX, 5. 3° De se contredire : consultez et comparez XI, 9, et XI, 10; ii, 14-16, et x, 13-18, etc.. 4" Enfin d'incliner vers le scepticisme : « Vanitas vanitatum et (( omnia vanitas^{\,'2.)\ mundum tradidit [Deus) disputa « tinni eorum*ut non inventât homo opus quod operatus « est Deus ab inilio usquè ad finem (m, 11). »
• Cfr la Bible mutilée, p. 14.