‹ Cours élémentaire d'Écriture Sainte (volume 2)Chapitre 70 sur 132 · II. Explications. — Deux faits miraculeux ont été contestés · texte numérisé non relu

II. Explications. — Deux faits miraculeux ont été contestés

1° xxxvii, 36. — Egressus est autem angélus Dominij et percussit in castris Assyi^iorum centum ocloginta quinquemillia. Est-ce croyable?

lîép. — Sans nul doute : le souvenir de cet événement s'est même conservé chez les historiens profanes. Hérodote ' rapporte qu'il avait appris des Égyptiens que, Sennachérib étant sur le point d'en venir à une bataille décisive avec Séthon, roi d'Egypte, des rats envoyés par Yulcain se répandirent pendant la nuit dans le camp des Assyriens et rongèrent les cordes de leurs arcs et les courroies de leurs boucliers, de manière qu'ils prirent la fuite, et qu'il en périt un grand nombre dans cette retraite. Les Egyptiens attribuaient donc, comme les Juifs, la défaite de Sennachérib à un prodige. Reste à savoir lesquels méritent le plus de croyance. Or, entre l'autorité d'Hérodote qui n'écrit que sur des ouï-dire et l'autorité d'Isaïe qui consigne dans les fastes publics un fait dont il a été témoin, qu'il a vu de ses yeux, et que les historiens de sa nation rapportent de la même manière, le choix n'est pas diûcile. Le simple bon sens suffit pour prononcer.

2» xxxviii, 7,8. — Hoc autem tibi erit signum à Domino... : Eccèego reverti faciam umbram linear um per guas descenderat in korologio Achaz in sole retrorsùm decem lineis. Et reversas est sol decem lineis per gradus guos descenderat. Le soleil a-t-il vraiment rétrogradé dans cette circonstance?

/iép. — Rien dans l'Ecriture n'oblige à le croire ; et le miracle a probablement consisté dans une simple infiexion ou réfraction des rayons du soleil, qui fit

' Hérodote, liv. II. Voyez l'abbé Clémence, Préf. de laBible,etc., liv. III, chap. IV, art. m, \>. 189.

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rétrograder l'ombre de quelques degrés sur le cadran * d'Achaz. Quelle est, en effet, la proposition du Prophète au roi dans le quatrième livre des Rois (IV Reg., XX, 9), où le même miracle est raconté ? C'est de faire avancer ou reculer au gré du prince Y ombre qui servait à marquer la division du jour dans le cadran : a Vis « ut ascendat umb/'a decem lineis an ut revertatur retror- {( sum ? » Que demande le roi ? Que Vombre rempnte de dix degrés sur le cadran. Que répond le Prophète? Qu'il va la faire remonter par les degrés qu'elle a déjà parcourus : « Eccè ego reverti faciam umbram linearum (Is., xxxviii, 8). » Que fait-il ensuite? u Re- (c duxit umbram per lineas (IV Reg., xx, 11). » Or, si le Prophète eût voulu faire rétrograder le soleil, n'eût-il parlé que de l'ombre? Et si le soleil eût rétrogradé réellement, l'auteur du livre des Rois eût-il dit seulement que l'omôre rétrograda? On lit, il est vrai, au même endroit (Is., xxxiii, 8) et dans l'Ecclésiastique (xLviii, 26) que le soleil retourna en arrière. Mais dans Isaïe le soleil est évidemment pris pour les rayons du soleil. Le contexte le suppose, en déterminant le lieu où le prodige s'opéra, c'est-à-dire le cadran solaire : (( Reversus est sol decem lineis per gradus quos des- « cenderat. » L'Ecclésiastique copie Isaïe et doit être entendu de la même manière.

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