‹ Cours élémentaire d'Écriture Sainte (volume 2)Chapitre 72 sur 132 · N° II · texte numérisé non relu

N° II

Elude du chapitre lui.

Dans l'impossibilité de nous étendre sur celte étude, nous devons nous borner à quelques indications générales.

I. Exposition du sujet. — C'est l'abrégé prophétique, la description fidèle de la passion de J.-C. Trois choses sont signalées:

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1. La naissance du Messie et sa vie cachée (1, 2). La virginité de cette naissance est insinuée par la terre aride d'oti sort le rejeton. Gela désigne aussi l'abaissement oi!i sera tombée la race de David. Rien ne distinguera le Messie des autres hommes dans son aspect.

2. Sa passion ignominieuse et sa mort (3-9). Le prophète dit en quelques mots que ce sera le dernier degré de l'humiliation et le paroxysme de la souffrance. Mais il révèle le triple caractère de ces souffrances, qui seront non méritées par le Messie, expiatoires et causées par les iniquités de tous les hommes, volontaires et endurées avec une merveilleuse douceur.

3. Sa récompense, qui sera la gloire, la plénitude des joies et une nombreuse postérité d'adorateurs (10-12).

IL Explication de quelques versets. — t -4. Vere languores nostros ipsè tulit. — Saint Matthieu a entendu ces paroles des guérisons opérées par J.-G. et non de nos douleurs assumées sur sa personne (viii). Pour saisir le sens de son interprétation, il est bon d'observer trois choses. — a) Les infirmités de l'homme affectent non seulement le corps, mais aussi l'âme, et celles de l'âme sont la cause des autres. — b) La Rédemption devait s'appliquer principalement aux misères de l'âme, mais s'étendre aussià celles du corps, et c'est pour cela que J.-C. a pris la responsabilité de nos péchés et souffert la peine temporelle qui en est la conséquence et l'expiation. — c) Les guérisons opérées par lui ont été une application anticipée de ses mérites et une manifestation du pouvoir qu'il devait acquérir par la souffrance. Saint Matthieu donc, en citant le témoignage d'isaïe, a signalé dans les souffrances de J.-C. la cause méritoire des guérisons qu'il opérait, et montré jusqu'oii devait s'étendre la vertu de ces mérites.

y. 8. Deux expressions de ce verset ont besoin d'explication.

n) Generationem ejus guis enarrabit ? — Communément

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les Pères eulendent ces mots de son origine et disent qu'à voir les humiliations du Messie nul ne pensera qu'il soit Fils de Dieu et d'une vierge. — D'autres prennent gêner atio dans le sens de postérité et traduisent: Qui dira combien nombreuse sera sa race? idée que l'on retrouve au verset 10^ — Il y en a enfin, et ce sont les rationalistes, avec quelques catholiques, qui donnent à generatio la signification de contemporains, et traduisent simplement, selon l'hébreu : Parmi ses contemporains qui le croira enlevé de la terre... à cause de leurs péchés^ frappé pour eux^?

b) Propter scelus populi mei percussi eum. Les Juifs et les rationalistes entendent: Percussi eum scilicet populum, affirmant que le pronom hébreu (làmô) traduit par eum marque le pluriel et non le singulier. On répond à cela que non seulement les Septante, mais aussi les Targums, les Paraphrases chaldaïques, et la version Syriaque ont traduit par le singulier ; et que de bons grammairiens ont démontré que le singulier convient souvent à cette forme en hébreu.

% 9. Babit impios pro sepullurâ, et divitem pro morte suâ. — Ces mots, d'interprétation très difficile, ont été entendus de trois façons qui ne se contrarient pas absolument : a) Timpie et le riche se sont unis pour le perdre, quoique innocent... — b) Les impies et les riches recevront le châtiment de sa mort... — c) On voulait l'ensevelir avec les impies, mais c'est un riche qui le recevra dans sa mort, et ce serait une prophétie de ce que fit Joseph d'Arimathie.

111. — Pour achever ce qui concerne cette prophétie, nous ajouterons que les Juifs et les rationalistes ont mis tout en œuvre pour détruire son interprétation messianique, les uns l'appliquant au peuple juif; d'autres à un personnage fictif ; d'autres enfin disant que les Evangélistes ont accommodé à leur guise le récit de la Passion afin de l'adapter aux paroles

' Cfr. Beeleii, In Acla Aposl., c. vni.

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d'Isaïe. Ces efforts n'ont rien pu contre la doctrine de la tradition et n'ont servi qu'à rendre plus sen5ible l'accord de l'oracle avec la réalité, et à montrer qu'en J.-G. seul se trouvent réunis les trois caractères de la souffrance mentionnés plus haut. Ce triple caractère ne convient ni au peuple juif, ni à la portion fidèle de la nation, ni à l'ordre des Prophètes. Il n'est pas vrai, non plus, de dire que l'idée d'un Messie souffrant était étrangère aux Juifs ; le psaume xxi prouverait le contraire, et nous savons par les Evangélistes qu'au temps de J. C. on entendait du Messie tout ce discours '.

Récomienses mèrilé^.i par CexpiaUun et chàlimenl des impiei (lviu-lxvi)

I, — Il serait difficile de présenter dans une suite régulière d'idées ces neuf chapitres, oii les pensées se mêlent et sont répétées souvent. Ce que l'on peut dire c'est que l'idée dominante est celle du jugement que Dieu exercera sur les hommes à l'occasion du Messie et de son œuvre. On pourrait ramener à (rois chefs tout ce que dit Isaïe.

a) Gloire de l'Eglise fondée par le Messie et protection dont Dieu la couvre. — 6) Vocation de tous les peuples à cette œuvre et bonheur de ceux qui s'y attacheront. — c) Réprobation des Juifs et malheur des incrédules. Cette dernière considération est l'objet d'assez longues instances, parce que le zèle du Prophète voudrait empêcher le châtiment qu'il prévoit. Il est à remarquer qu'il conclut par ce trait la série de tous ses oracles , dans le dernier chapitre, où, après avoir prédit l'abolition du culte et du sacerdoce juifs, remplacés par un autre tout spirituel qui demeu-

» Gfr Luc, ixu, 37; Act., vin, 28; I Pet., u, 22-25.

rera toujours, il annonce la ruine des impies par le feu.

On voit, principalement par ces derniers chapitres, que le regard d'Isaïe a embrassé la plénitude des temps et s'est porté jusqu'à l'éternité même où se consommera le mystère de la délivrance commencé sur la terre.

II. — Plusieurs chapitres sont dignes d'une étude particulière à raison des beautés qu'ils contiennent. Nous les signalons en terminant.

1. Chap. Lx-LXii. Dans ces trois chapitres Isaïe décrit la splendeur de la Jérusalem nouvelle et sa propagation sur la surlace du monde. C'est l'amplification de l'image proposée déjà au commencement du chapitre II. On voit les peuples accourir à l'Éghse et lui confier leurs trésors ; les princes et les rois mettre leur puissance à son service ; la terre fournir ses plus précieuses productions pour la construction et la décoration des temples; le Seigneur la remplir luimême de sa propre lumière ; enfin la paix, la sainteté, la justice régner à jamais en cette bienheureuse cité dont la fécondité est inépuisable.

La même pensée se retrouve exprimée et complétée dans le chapitre lxv, >. 13-25, où tout apparaît comme un ouvrage nouveau créé par Dieu, où la paix est figurée par les images les plus gracieuses et produite par l'extinction de tout mal.

Assurément la réalisation d'un tel bonheur ne sera que dans le ciel. Sur la terre on en verra le commencement, mais d'une façon seulement spirituelle, de sorte qu'il ne faut pas entendre à la lettre les images produites par le Prophète. Ce sont les symboles des biens spirituels départis avec abondance à l'Eglise militante. L'idée qu'ils cachent est celle du retour à l'innocence primitive, l'annonce d'une vie spirituelle dont la vie naturelle des anciens temps a été la figure; la malédiction originelle sera oubliée, excepté pour le serpent, qui sera réduit à l'impuissance de nuire aux âmes rachetées par Jésus-Christ. (Le Hir.)

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2. Chap. Lxiii-Lxiv. Ces deux chapitres célèbrent la victoire du Messie sur les puissances de l'enfer et le grand mystère de la miséricorde divine à l'égard des hommes.

a) Le début (1-6) a la forme dramatique. C'est un dialogue entre le Prophète et un guerrier qu'il voit revenir de ridumée avec la contenance fière du vainqueur et les vêtements teints de sang. Il apprend les luttes que le héros a soutenues pour délivrer son peuple, et comment lui seul a triomphé des nations. Il y a là certainement une vue prophétique de la passion et des combats de l'Eglise contre les puissances idolâtriques. On peut voir le môme sujet traité par saint Jean, avec des détails plus nombreux, tel que le demandait la proximité des événements (Apoc. xix, xx).

b) A la suite de cette vision, Isaïe entonne un cantique qui se compose de deux parties : une sorte de récitatif où sont résumés les bienfaits dont le peuple juif a été comblé depuis la sortie d'Egypte (7-14j; une prière qui se continue jusqu'à la fin du chapitre Lxiv, où les Juifs demeurés fidèles déplorent l'aveuglement de leur peuple, demandent à Dieu de hâter sa venue et de prendre en pitié les malheurs de Sion. (Le Hir).

Ces quelques observations suffisent pour donner une idée des prophéties contenues dans cette partie qu'il faut lire pour en connaître les beautés. Isaïe a pénétré jusqu'au sein de la gloire céleste et en a décrit la magnificence avec un éclat que saint Jean seul a égalé.

ARTICLE III

ÉTUDE SYMBOLIQUE ET LITTÉRAIRE d'iSAÏE

N" I Symbolts

Les Pères ont trouvé dans ce livre une multitude de figures et de sijmboles. « Post historiée veritatem, dit

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M SRinl iéràme^, spiritualité}' accipienda sunt omnia ; et c( sic Judœa et Jei'usalem, Bahi/lon et Phdisthiim, et « Moab el Damascus, yEgyptus et desertum mare, Idu- « mœaet Arabia ac vallis Visionis et ad extremum Tyrus, « et Visio quadrupedum intelligenda sunt ; ut cuncta quse- « ramus in sensu et in omnibus his, quasi sapiens aj'chi- « tectus Paulus apostolus faciat fundamentum quod non « est aliud prœler Christum Jesum. »

Lui-même- a vu dans le roi d'Israël et dans le roi d'Aram, le roi de la superbe, comme il l'appelle, ligués contre Juda (vu, 1-9), la figure des hérétiques, vrais brandons de discorde qui brûlent, mais n'éclairent pas, dissimulant leurs noirs projets sous de spécieux prétextes et oubliant leurs différends pour s'unir contre l'Église. Ainsi, dit-il, Hérode et Pilate, autrefois divisés, se réconcilièrent pour mettre à mort Jésus-Christ.

La fausse sagesse des pécheurs, née de la corruption de l'esprit et des mœurs, est figurée par Moab et les Moabites ^, fruits honteux de l'inceste et de la nuit, et voués à une ruine certaine (xv et xvi). Cette prétendue sagesse périra. Ses murs et ses tours, c'està-dire ses vains raisonnements, seront renversés, et ceux qui les auront construits condamnés à un éternel silence. Quel ne sera pas alors leur désespoiri Ces larmes et ces cris ne les sauveront pas. Cela ne doit pas nous empêcher cependant d'être, comme le Prophète, touchés de leur sort. Prions peur eux. On ne rebâtit point une ville en pleurant sur ses ruines ;mais les larmes des saints, en tombant sur des âmes mortes, les ont souvent rappelées à la vie.

Saint Ambroise* a va une autre figure de la fausse science, ennemie de Dieu, dans ces toiles d'araignée

1 Comm. in Is., Prolog.

^Comment, in h., lib. III; Mi^Mic, Pair. Int., t. XXIV, col. 102-105.

3 Cmment. in h., lib. III; Migne, Patr. lai., t. XXIV, coK 232 * in. Psalm. xxxviii.

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.dont le Prophète a dit, en parlant des pécheurs : « Ils « ont tilé les toiles de l'araignée, mais elles ne leur « servent pas de vêtement et ne couvrent pas leurnu- « dite (lix, 5, 6). » Cette araignée qui, de ses toiles perfides, prétend faire un vêtement pour nos âmes, n'est-ce pas, en effet, cette i'ausse science des impies? « Regardez avec quel soin elle élabore son œuvre, « passant et repassant les fils confus de ses sophismes, « entre-croisanl l'insulte et le mensonge, ourdissant « la trame de ses fables. Je n'ai travaillé, dit-elle, que « pour vêtir vos âmes : abritez-vous sous ce manteau « que j'ai filé. Si vous êtes froids, il vous échauffera ; « si vous êtes nus, il vous couvrira !... Non, non, ré- <( pond le Prophète, leurs toiles d'araignée n'ont ja- « mais pu vêtir personne, ni couvrir la nudité de per- « sonne. Ces toiles se brisent trop facilement, con- ■« tinue saint Ambroise : elles ne peuvent être solides, « parce qu'elles sont sans appui. L'araignée les susce pend dans le vide. Rien de ce qui est lâche et mou « ne convient au soldat de Jésus-Christ. Ceux qui « s'habillent avec mollesse vont s'énerver dans la mai- (( son des rois^ »

Enfin, il y a dans les Œuvres de saint Bernard^ un sermon entier contenant une explication spirituelle et morale des oracles d'isaïe relatifs aux nations étrangères. Ce sermon, intitulé : De undecim onerif/us Isaiœ, est très intéressant.

No II Isaïe considéré comme Orateur

Il y a deux choses à étudier dans un discours : les pensées et le style.

i" Des pensées. — Le sublime qui, même dans les produclionsdu génie, n'est qu'une heureuse exception, semble être le caractère distiuclif d'isaïe : on l'appelle

' Cfr Mgr. de la Bouillerie, Créilion animée, p. 43y. « Opéra 6'.flern.,édit. Gaume, t. II, p. 1103.

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le sublime fils dAmos. La sublimité résulte souvent, dans ses écrits, du choc d'une grande pensée et d'une petite image. Ainsi, par exemple, en parlant de la terre, il dit « qu'elle chancellera semblable à un « homme dans l'ivresse et qu'elle sera transportée « comme une tente dressée pour une nuit (xxiv, 20). » « Sur la phrase elle sera transportée, l'esprit, dit « Chateaubriand ', demeure suspendu et attend quel- « que grande comparaison, lorsque leProphèteajoute : « comme une tente dressée pour une nuit. On voit la « terre, qui nous paraît si vaste, déployée Jdans les « airs comme un petit pavillon, ensuite emportée avec « aisance par le Dieu fort qui l'a tendue et pour qui la « durée des siècles est à peine comme une nuit ra- « pide. C'est le sublime du contraste. » Voyez encore X, 14.

A la simplicité du sublime Isaïe joint une incomparable énergie. C'est un torrent que rien n'arrête; c'est un feu qui consume tout ce qu'il touche. 11 fond sur vous comme l'éclair; et vous restez sillonné par la foudre avant de savoir comment elle vous a frappé. Les mouvements naissent avec une étonnante rapidité ; les idées succèdent aux idées, les sentiments aux sentiments; tout est chaleur, tout est vie, et, comme on l'a dit de Bossuet, dans les instants oh il redouble son ardeur et où cet aigle déploie ses ailes avec le plus d'audace, les limites de l'éloquence deviennent pour lui trop étroites ; il les franchit, il entre dans la sphère de la poésie, et il monte jusqu'aux régions les plus élevées, en sorte que le lecteur, violemment entraîné à sa suite, ne sait plus ce qu'il doit le plus admirer de l'orateur ou du poète, et les confond dans un même sentiment d'admiration.

C'est quelquefois dès le début, subitement et sans préparation, qu'Isaïe s'élève à cette sublimité de pensées et de sentiments qui le distingue. « Cieux, écou-

' Gén. du Christian., II« p., liv. V, chap. iv, t. II, p. 258.

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« tez ma voix, terre, prête l'oreille, car voici ce que « dit le Seigneur (i, 2). » Comme il s'impose à l'attention de ses auditeurs! Voyez encore les chapitres xiii, 2; XV, 1; xxii, 1; xxiii, 1 ; lxvii, 1; etc., etc. Nous renonçons au plaisir de citer, car il faudrait tout copier.

D'autres fois il arrive graduellement à la plus haute éloquence. Témoin le chapitre xliv, où, à la vue de l'idolâtrie imbécile, le zèle qui l'anime éclate en une sainte indignation, et où il couvre d'un ridicule amer le culte coupable des Hébreux.

L'auteur de la Sagesse (xiv, H-19) a traité le même sujet; mais s'il a plus d'élégance peut-être, si sa phrase plus travaillée coule avec plus de nombre et d'harmonie, il y a moins d'amertume dans le trait, moins de dédain dans la flétrissure. « Le fer est moins « brûlant, dit Mgr Plantier',le culte du faux dieu « vous parait moins ridicule : on ne fait ici que briser « la statue, tandis que le tils d'Araos la replonge au « néant. »

2° Le style d'Isaïe emprunte sa beauté à la pensée dont il est l'image.

De là cette majestueuse simplicité des tableaux. Jamais plume mortelle n'a décrit avec autant de grandeur, de retenue et de sainteté la présence visible du Seigneur (vi).

De là sa rapidité. On peut lire le chapitre x, où le Prophète annonce à son peuple l'approche du roi d'Assyrie qui vient avec un armée formidable, et décrit sa marche. On ne saurait mettre plus de mouvement et de vie dans un récit.

De là l'abondance, la richesse et le coloris de la diction. Isaïe emprunte aux lieux mêmes qu'il décrit les ornements de son style. Les exemples seraient nombreux à citer; nous mentionnons particulièrement les

» Élud. itlt., t. 1, p. 354.

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oracles contre Babylone (xiii), contre l'Egypte (xix) et contre Tyr (xxiii) K

De là l'énergie et la vigueur dans le trait. Quelle véhémence lorsque, la menace sur les lèvres, il fait retentir aux oreilles délicates d'un peuple énervé la sévérité des jugements de Dieu 1 C'est alors que, suivant la belle remarque de Moyse Amirault -, a il tonne, il « lance la foudre et fait briller les éclairs. Ce n'est pas « la Grèce qu'il secoue et qu'il agite comme on l'a dit « autrefois de Périclès ; ce n'est point la Judée et les « contrées qui l'environnent : c'est la terre, c'est le « ciel et les autres éléments, c'est la nature entière « qu'il remue, et qu'il semble bouleverser et confon- « dre ^ »

Enfin de là ce trésor d'expressions fortes, animées, vivantes, pour ainsi dire, et qui font le désespoir du traducteur. Fond et forme, tout est admirable dans ce Prophète.

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