‹ Cours élémentaire d'Écriture Sainte (volume 2)Chapitre 74 sur 132 · PROPHÉTIES DE JÉRÉMIE § I · texte numérisé non relu

PROPHÉTIES DE JÉRÉMIE § I

Introduction particulière aux 'prophéties de Jérémie.

I. Notice biographique sur Jérémie. — Jérémie était fils d'Helcias, prêtre d'Anathot, dans la tribu de Benjamin (i, 1), près de Jérusalem, dont cette bourgade, dit saint Jérôme ^ était distante d'environ trois railles.

Dieu, qui l'avait sanctifié dans le sein de sa mère, l'avait aussi choisi pour l'opposer au flot toujours montant de l'impiété et de l'idolâtrie (i, 4, 5, 17, 18).

Jérémie commença son ministère fort jeune, la

' Athulie, act. III, se. vu.

2 On pourra consulter sur les beautés littéraires d'Isaïe : Lowth, Poès. sacr., leç. xx etxxi; Mp^r Plantier, Élude sur les poètes bibl., leç. XV et xvi, la Bible de Genoude et l'abbé Henry, Éloq. et Poés., p. 234 et suiv. C'est la reproduction à peu près intégrale de Genoude, qui lui-môme souvent a copié seulement Lowth.

^Comm. in Jerem., lib. I; Migne, loc. cit., col. 082.

treizième année du règne de Josias, roi de Juda (628 ou G29 avant Jésus-Christ), vingt-deux ou vingt-trois ans avant la première prise de Jérusalem par Nabuchodonosor (606), vingt-neuf ans avant la seconde (599), et quarante avant la troisième ou la dernière, laquelle fut suivie de l'incendie du temple et de la ruine de la ville (588). En vain, pour prévenir une si funeste catastrophe, Jérémie avait-il, au nom de Dieu, averti, prié, menacé. Ses efforts étaient venus échouer contre l'aveugle impiété de ses concitoyens. Les Juifs avaient fermé l'oreille à ses avis, méprisé ses prières, et répondu à ses menaces par la plus cruelle persécution (xx, XXVI, XXXII, XXXIII, etc.). Tout fut inutile ; il vit de ses yeux l'accomplissement de ses prophéties.

Nabuchodonosor lui ayant permis d'aller où il voudrait, Jérémie resta d'abord en Palestine. Mais après le meurtre de Godolias, gouverneur de Jérusalem, les Juifs qui n'avaient pas été emmenés à Babylone s'enfuirent en Egypte et entraînèrent avec eux Jérémie (xl-xliii). C'est là, dit-on, qu'il termina glorieusement sa vie, comme Isaïe, par le martyre. Les Juifs, irrités des reproches qu'il ne cessait de leur adresser à cause de leurs désordres, le lapidèrent à Taphnis, où son tombeau devint célèbre par un grand nombre de miracles*. On ne connaît pas exactement l'époque de sa bienheureuse fin, ni la durée de son ministère. Nous savons qu'après l'avoir commencé la treizième année du règne de Josias (628 ou 629), il le continua sous celui de Joachas ou Sellum, second flls de Josias, lequel régna seulement trois mois (610), de Joakim ou Eliakim, frère aîné du précédent (610-599), de Joachin, appelé aussi Chonias et Jéchonias (599), qui ne régna non plus à Jérusalem que trois mois, et enfin de Sédécias ou Malhanias, oncle de Jéchonias (599-588). Mais nous ignorons combien de temps il continua de vivre ensuite et de prophétiser, soit à Jérusalem, soit en Egypte.

» Cfr Darras, Hitl. del'Eyl., l. III, p. 31G.

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