‹ Cours élémentaire d'Écriture Sainte (volume 2)Chapitre 78 sur 132 · BARUCH · texte numérisé non relu

BARUCH

« misérable et soumise au tribut comme au temps où

« pleurait le Prophète. Il me semblait entendre la

« voix de Jérémie lui-même gémir à mon oreille ; le

« passé d'Israël sortait de la tombe et m'apparaissait

« avec tous ses malheurs. »

ARTICLE lïl

BARUCU Introduction particulière

I. Notice sur Baruch. — Baruch, le compagnon fidèle et le secrétaire de Jérémie, dont il copia deux fois les écrits (Jerem., xxxvi, 1-4, 2G-32), était fils de Nérias, petit-ûls de Maasias (Bar., i^ \) et probablement frère de Saraïas (Jerem., li, 59). 11 accompagna Jérémie en Egypte (Jerem., xiiÏÏt, 6 ; mais, Jérémie étant mort, il se retira à Babylone. Il y écrivit ses prophéties et mourut, d'après les rabbins, la douzième année de la captivité. D'autres croient qu'il mourut en Egypte, Le jour de sa fête est fixé dans le Martyrologe au 28 septembre.

Son livre a été longtemps réuni à celui de Jérémie et il est souvent cité par les Pères sous le nom de ce Prophète.

IL Texte original et versions principales de ce livre. — Baruch le composa en hébreu, la cinquième année qui suivit la ruine de Jérusalem ', c'est-à-dire 583 ans avant Jésus-Christ (Baruch, i, 1-3). L'original est perdu depuis longtemps : « Librum Baruch, dit S. Jérôme -, « no toril ej us [Jei'emiœ), qui apud Hebrœos nec legitur « nec habetur, prœtermisimus. » Il existait encore au deuxième siècle, puisque Théodotion le traduisit en grec.

La version latine de la Vulgatc n'est point de saint

• Cfr Lamy, Inlrod. spéiiale, part. I, cap. xxi, n. 4, p. 160.

* Prœf. >n.Vers. Jerem.

Jérôme ; elle a été composée, longtemps avant lui, sur les Septante. Elle remonte au moins au second siècle, et elle est empruntée à l'ancienne Italique.

III. Sa division. — Ce livre n'a que six chapitres, et peut se diviser en trois parties.

'Ldi première comprend les quatorze premiers versets (i, 1-14). C'est la préface. La lecture de ce livre avait tellement touché les Juifs de Babylone, qu'ils résolurent de l'envoyer à Jérusalem avec une lettre, des présents et quelques vases. Ils priaient en même temps leurs frères d'offrir pour eux des sacrifices, d'adresser à Dieu des vœux pour Nabuchodonosor et pour Balthazar^ son fils, et de lire solennellement dans le temple le livre de Baruch.

Par le temple (i, 14), il faut entendre les ruines de cet édifice, au milieu desquelles les Juifs de Jérusalem avaient sans doute élevé un autel, pour continuer d'offrir à Dieu des sacrifices. On peut expliquer de la même manière les paroles de Jérémie (xli, 3). Quant aux vases précieux que les Juifs envoyaient à leurs frères (i, 8), ils avaient été rachetés par les captifs ou restitués par les Babyloniens.

La deuxième partie (i, lo-v) renferme deux choses : tme prière et un discours. Dans la prière (i, lo-iii, 8), les Juifs s'accusent et implorent la miséricorde du Seigneur. Le premier verset est comme l'abrégé de cette belle prière : « Domino nostro justitia, nabis autem con- « fusio facieinostrœ (y IS).» Le discours (m, 9-v) est une longue exhortation de Baruch à ses concitoyens. Il n'y a de vraie science, de vraie grandeur et de vrai bonheur que dans l'observation de la loi de Dieu (m, 9-iv, 7). Désolation et espérance de Jérusalem (iv, 8-29). Le Prophète la console et prédit le retour de ses enfants (IV, 30-v).

1 M. de Saulcy {Annal, de plùl., l. XIX, lO» année) croit que Balthazar est non seulement le même qu'Evilmérodac, contrairement à Topinion de M. Quatremèrc (IbUL, t. XVI, p. 331), mais encore le même que le Balthazar de Daniel.

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