‹ Cours élémentaire d'Écriture Sainte (volume 2)Chapitre 86 sur 132 · XI, XII · texte numérisé non relu

XI, XII

Authenticité du livre de Daniel.

Nous avons à prouver l'authenticité de la partie /jrolocanonique et de la partie deutérocanonique.

NM

Authenticité de la partie protocanonique

I. Adversaires à réfuter. — Les prophéties contenues dans cette première partie sont si claires, que les rationalistes n'ont pas trouvé d'autre moyen pour s'en débarrasser, que d'en nier l'authenticité. Déjà, au troisième siècle, Porphyre avait prétendu que ces oracles avaient été composés sous le règne d'Antiochus Épiphane. La prétention n'était pas soutenable. Eusèbe de Gésarée, Méthodius de Tyr, Apollinaire de Laodicée et saint Jérôme en firent môme si bonne justice, que personne depuis, excepté peutêtre Spinosa, n'avait osé contester l'authenticité des

» Cfr T.-J. Lamy, LUrod., t. Il, p. i6».

2 Cfr le P. Delatire, De Vautk. du livre de Daniel, (Revue ealli. de Louvain, 15 mai ls75).

prophéties de Daniel. Cet honneur était réservé aux rationahstes '.

11, Observations préliminaires. — Avant de les réfuter, faisons deux observations importantes.

1° De l'aveu de nos adversaires, le livre de Daniel est l'œuvre d'un seul écrivain. Bleek l'a prouvé jusqu'à l'évidence ; et il a rallié à son opinion les plus savants du parti : de Wette, Gésénius, Kirras, Rosenmiiller, etc.

2" Ce livre, d'après les rationalistes, n'est pas un récit de l'époque de Daniel, mais il a été composé du temps des Machabées, sous le règne d'Antiochus Épiphane, pour consoler et fortifier les Juifs, vers l'an 160 avant Jésus-Christ. L'auteur, par conséquent, est un faussaire, ses récits ne sont pas vrais, ses prophéties ne sont pas réelles. Pour réfuter les rationalistes, il suffit donc de prouver que ce livre existait certainement avant les Machabées, et qu'on ne l'a jamais regardé comme l'œuvre d'un faussaire.

m. Opinion des catholiques. — Tous admettent l'authenticité du livre de Daniel. Mais tous ne l'entendent pas de la môme manière. Les uns, tout en étant persuadés de la haute antiquité et de la véracité des pièces originales qui ont servi à la composition de la première partie (i-vi), en attribuent la rédaction à un Juif inconnu du temps d'Esdras ^. Les autres regar-

«GfrLamy, Inlrod., t. II, p. 170 ; M. Gilly, t. III, p. 141.

2 DelaUre, S. J., De l'aulk, du Uvre de Daniet, daas la Revue calk. de Louvain, 15 mai 1875 ; Fr. Leiiormant, Les six prem. cli'ip. de Daniel, dans le Correspondant, 10 juillet 1874. Le témoi- ^Miape de M. Lenormatit eu faveur de l'aulhenticité du livre de Daniel est d'autant plus fort qu'il l'avait d'abord combattue et que, comme il l'aflirme, « ce sont des raisons uniquement et « exclusivement scientifiques qui l'ont amené à changer d'opi- « nion et à revenir aux données de la tradition (p. 74). » « Plus « je lis et je relis le livre de Daniel, en le comparant aux « données des textes cunéiformes, dit-il, plus je suis frappé de « la vérité du tableau que les six premiers chapitres tracent de « la cour de Babylone et des idées spéciales au temps de Nabu- « chodouosori plus je suis pénétré do la conviction qu'ils ont

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dent Daniel lui-même comme le véritable auteur de tout le livre, et nous continuons de soutenir avec eux la proposition suivante :

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