‹ Cours élémentaire d'Écriture Sainte (volume 2)Chapitre 87 sur 132 · PROPOSITION · texte numérisé non relu

PROPOSITION

Daniel est routeur de la partie protoeanonique du livre qui poite son noiv.

On peut démontrer cette proposition par des preuves extrinsèques ou raisons d'autorité, et par les caractères internes d'authenticité.

I. PREUVES EXTRINSÈQUES. — Il y en a trois principales : la tradition des Juifs , le témoignage de Jésus-Christ et la tradition de toutes les églises chrétiennes.

\° La traditio7i des Juifs. — Elle est unanime ; elle n'a jamais varié ; et elle est beaucoup plus ancienne qu'Antiochus Epiphane. En etfet : — a) l'auteur du premier livre des Machabées (ii, 59, 60; coll. Dan., m, 50 ; VI, 22) a certainement connu celui de Daniel et même la traduction Alexandrine K Ce livre existait donc déjà. — b) L'historien Josèphe -, dont on a cherché vainement à atténuer le témoignage, raconte que les prophéties de Daniel furent présentées à Alexandre lorsqu'il entra à Jérusalem, et qu'on lui montra celle où il est dit qu'un Grec détruirait l'empire des Perses. — c) Enfin le livre de Daniel figure dans le Canon

« été écrits à Babyloiie même et dans ua temps encore rappro- « ché des événements ; plus je rencontre enfin d'impossibilités à « en faire descendre la rédaction première jusqu'à l'époque d'An- « tiochus Epiphane (p. 8o). » « Si je borne mes observations à « une partie seulement du livre, dit-il ailleurs, qu'on ne croie « pas que je veuille, pour me servir d'une expression vulgaire, « jeler à l'eau les visions de la fin... Je crois que la seconde « moitié de Daniel peut être aussi bien défendue et justifiée de- « vaut la critique que la première (p. 75). »

iM. Gilly, Préc. d'iulrod., t. III, p. 143.

2 Antiq. Jud., lib. XI, cap. vu, p. 386. Voy. dans le P. Delattre d'autres témoignages de Josèphe, loc. cit., p. 553.

des Juifs. Il existait donc avant la clôture de ce Canon, c'est-à-dire à l'époque d'Esdras ou peu de temps après, mais en tous cas longtemps avant Antiochus Epiphane.

2" Le témoignage de Jésus-Christ. — Un jour que Jésus-Christ était seul avec ses disciples et qu'il leur parlait des signes avant-coureurs de la ruine de Jérusalem et de la fin du monde, il leur dit : Citm ergo « vider itis abominalioîiem desolationis quae dicta est a Da- « niele prophetâ stantem in loco sancto, qui legit intelligat i< (Matth., XXIV, lo). » Jésus-Christ croyait donc et que Daniel était un Prophète, puisqu'il lui en donne le nom, et quo le livre qu'on lui attribuait était son ouvrage, puisqu'il le cite comme de lui (ix, 27 . Cette autorité est décisive ; et les rationalistes n'ont pu en éluder la force. Jugeons de la faiblesse de leurs objections.

Ils ont dit : A) Que ces paroles « à Daniele prophetâ » n'étaient pas authentiques.

Rép. — Elles se trouvent dans tous les manuscrits, dans toutes les versions et dans les ouvrages de tous les Pères qui ont eu occasion de les citer. Comment en contester l'authencité?

B) Que ces paroles n'étaient point de Jésus-Christ, mais de saint Matthieu.

Bép. — Les écrivains sacrés n'ont pas coutume d'intercaler leurs propres réflexions au milieu des discours de leur Maître. L'explication des rationalistes n'est pas admissible.

C) Que Jésus-Christ fait seulement en cet endroit un argument ad hominem, et parle comme les Juifs qui croyaient à l'authenticité de ce livre, mais sans y croire lui-même.

Hép. — Jésus-Christ ne disputait pas avec les Juifs ; il s'entretenait familièrement avec ses disciples, il les instruisait dans le secret de l'intimité. Ce n'était pas le cas de faire des arguments ad hominen ; si Jésus- Christ n'eût pas cru à l'authenticité et à la véracité du

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livre de Daniel, ses disciples, qui l'entendaient parler de ce Prophète comme il parle d'Isaïe et de Jérémie, auraient été induits en erreur. Qui le croira?

D) Que cette citation était une simple accommodation : Jésus-Christ aurait prédit une désolation semblable à celle dont il est parlé dans le livre de Daniel.

Rép. — Cette interprétation est fausse : Jésus-Christ dit clairement que les malheurs qu'il annonce ont été prédits par Daniel. — Fùt-elle vraie, elle ne prouverait rien. Quel que soit le sens de^ paroles de Notre-Seigneur, il est toujours certain qu'il les a empruntées à Daniel, et qu'il reconnaît cet auteur pour Prophète. Ce qui est tout ce que nous voulons démontrer.

Le Nouveau Testament renferme d'autres allusions au livre de Daniel (Matth., xix, 28 ; xxiv, 30 ; I Petr., I, 10-12, et Dan., vu, 10 et seq.). Ces allusions ne prouvent pas directement l'authenticité des prophéties de Daniel ; mais elles seraient inexplicables si ce livre était l'œuvre d'un faussaire et ne contenait que des visions supposées.

3° La tradition de toutes les églises chrétiennes. — Toujours et partout, dans l'Église, on a reconnu l'authenticité et l'inspiration du livre de Daniel. On ne l'a jamais regardé comme un ouvrage apocryphe ; et, même depuis les dernières attaques dont il a été Tobjel, un grand nombre d'écrivains protestants ont continué d'en soutenir l'authenticité. On peut citer parmi eux Liiderwald, Hengstenberg, Havernick, Delitzsch', etc.

II. PREUVES INTRINSÈQUES. — Lcs Caractères internes d'authenticité que présente le livre de Daniel sont fort nombreux. Voici les principaux : 1° L'auteur connaissait très bien l'hébreu et le chaldéen ; ces deux langues lui étaient familières et devaient être connues de ses contemporains, puisqu'il passe sans dif-

1 Cfr T..J. Lamy, loc. cit., p. 170; M. Gilly, /oc, cit., p. Ul.

ficulté de l'une à l'autre (ii, 4). 2° L'hébreu se rapproche beaucoup de celui d'Esther, des Paralipomônes, de l'Ecclésiaste et de Jonas ; c'est la remarque de •Gésénius. Le chaldéen ressemble beaucoup à celui d'Esdras. 3° L'auteur est très versé dans la connaissance soit de l'histoire des Babyloniens et des Juifs à cette époque, soit des mœurs et des usages civils ou religieux des Chaldéens ; tous les noms propres, quand les fautes des copistes ne les ont pas altérés, sont parfaitement babyloniens. Les indications du chapitre iv sur le palais royal, par Nabuchodonosor, sont irréprochables. 4° Enfin il était contemporain des événements qu'il raconte, il a même dû être témoin de la plupart, tant son récit est précis. On explique aussi par là et le silence qu'il a gardé sur des faits intéressants dont la connaissance n'avait pu lui échapper ; et le peu de détails dont il a accompagné le récit de plusieurs autres événements importants, mais qui sans doute étaient connus de son temps, et les contradictions apparentes dans lesquelles il est tombé (i, 21, et X, 1 ; I, 1, et Jerem.,' xxv, 1 ; i, 5, et ii, 1). S'il n'a pas jugé à propos de faire disparaître ces contradictions, c'est qu'il savait bien que les contemporains ne seraient pas trompés.

Or, A) aucun de ces caractères ne convient à un auteur juif du temps des Machabées. En effet : a) Il n'aurait pas écrit tantôt en hébreu et tantôt en chaldéen, puisque, à cette époque, la langue hébraïque n'était plus parlée depuis longtemps. — b) Il n'y aurait pas autant de ressemblance entre l'hébreu de ces livres et celui des livres plus anciens de la Bible. Le chaldéen ne se rapprocherait pas autant de celui d'Esdras. Dira-t-on que, formé à l'école des anciens et l'esprit tout rempli de leurs ouvrages, le faussaire inconnu, auteur du livre, a su imiter parfaitement leur style? Cela pourrait absolument se concevoir s'il s'agissait d'une pièce de peu d'étendue ; mais la surpercherie était impossible dans un livre de cette étendue ; et on

n'aurait pas manqué de découvrir les traces d'une origine plus récente. — c) Gomment expliquer dans cette hypothèse les détails toujours si exacts et quelquefois si circonstanciés touchant la topographie, les mœurs et l'histoire des Chaldéens? Comment un Juif vivant sous Antiochus Epiphane aurait-il avancé si hardiment que le premier roi des Mèdes qui régna à Babylone après Ballhazar fut Darius le Mède dont il n'est fait mention nulle part ailleurs ? Comment eût-il parlé d'une plaine de Dura (m, 1) que personne ne connaît plus * ? La couleur locale dont tout l'ouvrage est empreint décèle manifestement une origine chaldéenne. Plusieurs rationalistes n'ont pu s'empêcher de le reconnaître et d'avouer qu'au moins une grande partie du livre de Daniel doit être attribuée à un auteur contemporain ^. — d) Enfin comment un faussaire aurait-il pu tomber dans les contradictions que nous avons signalées ? Gomment ne les a-t-il pas vues ? Et, s'il les a vues, comment les a-t-il laissées subsister? B) Au contrarie, la naissance distinguée de Daniel, l'éducation qu'il avait reçue, son séjour à la cour des rois de Babylone, les charges importantes dont il fut honoré, tout, en un mot, le désigne, avec la tradition, comme l'auteur d'un ouvrage dont une partie considérable lui est attribuée (vii-xii). Bleek a objecté que le livre est écrit dans un chaldéen assez peu correct et ne peut avoir été composé par Daniel, à qui on avait appris pendant trois ans l'écriture et la langue des Chaldéens. iMais cette langue, de l'aveu de plusieurs rationalistes, était différente du chaldéen ou araméen communément en usage dont l'auteur s'est servi. Daniel, qui savait très bien la première de ces langues, la langue des savants, ne connaissait peutêtre pas bien la seconde.

1 M. J. Oppert l'a retrouvée il y a quelques années [Expéd. scieutif. en Mésopot , t. I). Voir Darras, Hist. de VEgl., l. III, p. 376.

2 Cfr M. Glaire, Introd., t. IV, p. 271-2S2.

Toutes les preuves se réunissent donc pour démontrer l'authenticité de la partie protocanonique du livre de Daniel.

IV. Solution des objections. — La faiblesse des objections fait encore mieux ressortir la solidité de la démonstration.

1° L'auteur de V Ecclésiastique, parlant avec éloge des Prophètes et des hommes illustres d'Israël (xlix), ne dit rien de Daniel, et les Juifs dans leur Canon ont relégué son œuvre parmi les hagiographes.

Réf). — A) L'auteur de V Ecclésiastique ne se proposait pas de dresser la liste complète des grands hommes de sa nation : Esdras et Mardochée, par exemple, ne sont pas nommés. Peut-être voulait-il louer seulement ceux qui avaient habituellement vécu en Judée. Son silence est compensé par le bel éloge qu'Ézéchiel a fait de Daniel (xiv, 14, 20; xxviii, 3). — B) Le livre de Daniel n'a probablement pas toujours eu dans le Canon des Juifs la place qu'il occupe aujourd'hui. Les Septante, l'historien Josèphe, saint Méliton, saint Epiphane et Origène le rangent parmi les Prophètes, et il est probable qu'il y était autrefois rangé par les Juifs. <( Au quatrième siècle, dit Janssens*, ils l'y pla- « çaient encore, et si, à cette époque, ils le mirent au « nombre des hagiographes, ce fut en haine des chré- « tiens et pour amoindrir l'autorité d'un livre où leurs « adversaires puisaient des arguments victorieux. » Ce qu'il y a de certain, c'est que ce livre n'eût pas même été mis dans la troisième classe du Canon si les Juifs l'avaient regardé comme un ouvrage apocryphe.

2" On objecte l'étonnante clarté de plusieurs prophéties. Les rationalistes en concluent que le livre qui les contient a été composé après coup. Ce qu'ils confirment en disant qu'il n'y a de très clairs que les oracles relatifs au règne d'Antiochus Epiphane. Au

> Herm. taer., n. 3G1.

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delà de cette époque, tout est vague, obscur, et ne s'est pas accompli.

Rép. — « Ces oracles sont trop clairs. » Telle est, au fond, la seule raison que des rationalistes aient le droit d'alléguer contre l'authenticité de ce livre. Nous devrions donc commencer par prouver la possibilité des prophéties. Nous laisserons néanmoins ce soin au professeur de dogme et nous ferons seulement les observations suivantes : a) Il y a dans les autres Prophètes, en particulier dans Isaïe (un) et dans les Psaumes (Ps. xxi), des oracles aussi clairs. — b) « Les « révélations faites à Daniel, dit M. l'abbé Gilly\ « étaient moins... pour ses contemporains qu'elles ne « tendaient à fortifie^ la foi des peuples à venir par « leur accomplissement. C'est pourquoi ses prédic- « tions sont souvent très précises et très spéciales. » — c) Enfin il est faux que la clarté et la certitude des prédictions s'arrêtent à Anliochus Epiphane. Qu'on lise, par exemple, le chapitre neuvième, qui est relatif au Messie et où l'époque de sa venue est annoncée (ix, 25-27). Il n'y arien de plus clair dans tout le livre. Qui oserait, d'ailleurs, contester à Dieu le droit de faire ses oracles avec plus ou moins de précision ?

3° On trouve dans cet ouvrage plusieurs mots grecs. Il n'a donc pas été composé par Daniel ; car, du temps de ce Prophète, les Juifs n'avaient pas encore eu de rapports avec les Grecs, mais ils en eurent beaucoup sous les Macbabées.

Rép. — Ces mots sont des noms d'instruments de musique. On en compte au plus dix, et il y en a sept qui, de l'aveu de Gésénius et de Kosenmuller, ont plutôt une origine chaldéenne ou persane. D'après Rosenmiiller, il n'en est même aucun dont rorigine grecque puisse être prouvée d'une manière certaine. Au témoignage de Qiiinte-Gurce, ^de Strabon^etde

1 Précis d'inlrod., t. III, p. 140.

2 Lib. XIV, cap. n.

3 Lib. XIII, cap. ii.

plusieurs autres historiens profanes, les émigrations des Grecs dans la haute Asie remontent d'ailleurs à la plus glande antiquité. Il n'est donc pas impossible que les noms de ces instruments aient été importés à Babylone à l'époque de Daniel '.

A" EnQn il y a dans le livre attribué à Daniel des doctrines et des pratiques beaucoup plus récentes que le temps auquel on les rapporte ; par exemple : la coulumedepriertroisfoisparjour, le visage tourné vers Jérusalem (Dan., vi, iO), le mérite expiatoire de l'aumône (iv, 24), la vertu attribuée au jeune de préparer l'esprit aux visions prophétiques (x, 3), les idées sublimes de l'auteur sur le Messie et sa doctrine au sujet des anges (vu, 10 ; viii, IG ; ix, 21 ; x, 13).

Jiép. — Un de nos plus grands adversaires, Bleek lui-même, soutient que ces pratiques et ces doctrines sont fort anciennes et ne peuvent être invoquées contre l'authenticité du livre de Daniel. Bleek a raison. En effet : a) La coutume de prier trois fois le jour, le visage tourné vers le temple, se retrouve chez presque tous les peuples. Longtemps avant Daniel, le Roi- Prophète chantait : « Vesfterè etmanè elmeridiè narrabo « et annuntiabo (Ps. liv, 18;. » — h) Isaïe, Ezéchiel et les autres Prophètes renferment des idées aussi belles et aussi grandes sur le Messie. — c) La doctrine des anges n'est pas aussi nouvelle qu'on le prétend. Elle est vieille comme le monde (Gen., m, 24; xviii, 2; xxviii, 12; xxxiii, 24; Num., xxii, 22-;jG; Jos., v, 13-16; Jud., VI, 11-23). Daniel, il est vrai, distingue des anges supérieurs, dont il dtjnne les noms, et des anges inférieurs ; mais cette distinction n'était pas inconnue aux anciens : de l'aveu de tous les interprètes, y compris Gésénius, les séraphins d'Isaïe (vi) sont les Princes des aiujes. L'ordre hiérarchique qui existe parmi ces esprits bienheureux apparaît encore dans les marques particulières de respect données par Abraham à l'un

' Cfr le P. Delallre,. /oc. cit., p. 431.

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des trois anges qui lui apparurent dans la vallée de Mambré (Gen., xvin, 2, 3, 27-33). Il n'y a pas jusqu'aux noms particuliers des anges qu'on ne retrouve dans des livres bien antérieurs aux Machabées, dans le livre de Tobie, par exemple, dont on conteste à tort la haute antiquité. — d) La vertu satisfactoire de l'aumône est fondée sur la nature même des choses et a été connue de tous temps par les Juifs (Tob., iv, 7, H, 12). — é) Enfin Daniel n'a point jeûné pour se préparer aux visions prophétiques, mais dans un esprit de pénitence, pour obtenir, comme Judith, le pardon de ses péchés et la délivrance de son peuple. Le jeûne est du reste une excellente préparation aux communications divines.

Telles sont les objections principales contre l'authenticité de la partie protocanonique du livre de Daniel. Nous résoudrons dans l'article suivant celles qu'on a voulu tirer des erreurs et des contradictions prétendues renfermées dans ce livre.

N" II De l'autheolicité de la partie deutérocanonique

I. État de la question. — La seconde partie du livre de Daniel (m, 24-90 ; xiii et xiv) n'a pas plus d'autorité auxj'.eux des rationalistes que la première. Les Juifs modernes et les protestants regardent aussi ces fragments comme apocryphes. Us ne les ont pas admis dans leurs Bibles.

Tous les catholiques les tiennent pour inspirés ; cette vérité est de foi '. Mais tous ne croient pas qu'ils aient été composés ou rédigés par Daniel. Les chapitres XIII et XIV sont, d'après Jahn, de simples paraboles composées à une époque postérieure dans un but moral. D'après M. Lenormant -, ce sont « des composi-

' Conc. Valic, I, sess. m, can. jv.

2 II est cité i.»ar le P. Delattre ; qui le réfute très bien, Eludes relig., année 1878, p. 463.

« tiens d'une date très postérieure, et qui n'ont aucu- « nement le cachet du reste du livre.» M. l'abbé Gilly* estime comme plus probable que « les prières du cha- « pitre m ont été réellement proférées par les trois « enlants ; et, après qu'ils furent sauvés, eux-mêmes « ou d'autres lesécrivirent. Les deux autres parties ont « été écrites par un contemporain de Daniel ou par « un autre écrivain postérieur, d'après la tradition « orale, » Le P. Delattre ^ ne serait pas très éloigné, croyons-nous, d'embrasser cette opinion.

II. — La proposition suivante exprime le sentiment le plus commun et qui est encore peut-être le plus vrai :

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