‹ Cours élémentaire d'Écriture SainteChapitre 10 sur 89 · II. — « Vidimus enim stellam ejus in Oriente · texte numérisé non relu

II. — « Vidimus enim stellam ejus in Oriente

1° Quelques auteurs* catholiques ont essayé d'expliquer naturellement, au moins en partie, l'étoile des Mages. Mais à entendre la lettre de l'Évangile, c'était évidemment une étoile miraculeuse, « une étoile in- « telligente », dit M. Nicolas, l'étoile prédite et entrevue par Balaam quinze siècles à l'avance (Num., XXIV, 17). — 2° Comment les Mages, en la voyant, purent-ils reconnaître que Jésus-Christ était né? — a) Parce que, à cette époque, un pressentiment universel agita le monde, et que le bruit s'était répandu de toute part qu'un dominateur universel, un Dieu conquérant et libérateur, allait paraître. L'attente provoquée en Israël par les oracles prophétiques avait

' Cfr M. Wallon, lac, cit., p. 291.

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franchi les limites de la Judée et envahi l'univers. Non seulement on attendait le Messie, mais on savait que sa naissance serait annoncée par ime étoile'. — b) Parce que les Mages, à la vue de l'étoile, durent se souvenir de l'oracle de Balaam. — c) Enfin parce que Dieu surtout leur parla intérieurement, et que la grâce, en éclairant leur esprit d'une vive lumière, embrasa leur cœur d'une généreuse ardeur.

III. — « Et congregans {Herodes) omnes principes sa- « cerdotum et scribas populi. .. At illi dixerunt ei : In Betk- « lehein Juda : sic enim scriptum est... Et tu... nequa- « quam minima es...

\° « Principes sacerdotum, en grec àpyjtpsïç. » Il n'y a jamais eu chez les Juifs qu'un seul grand prêtre en fonction. Que faut-il donc entendre par ces princes des prêtres ou grands prêtres? C'étaient, dit le P. Patrizi 2, les chefs des vingt-quatre familles sacerdotales établies par David, et ils formaient à eux seuls le tiers du Sanhédrin.

2o « Scribas, en grec : ypa.iJ.iJ.azdç. n [C'étaient les scribes ou notaires publics. On les regardait comme très versés dans la connaissance des lois, des traditions et des usages de la nation. Ils étaient chargés de l'enseignement du peuple : ^^ Super cathedrmyiMoysi . « sederunl scribœ et pharisœi (Matth., xxiii, 2). » Un grand nombre d'entre eux appartenaient à la secte des pharisiens, et ils s'entendaient parfaitement avec eux dans leur opposition à Notre-Seigneur (Luc, xi, 45). Ils entraient pour un tiers dans la composition du Sanhédrin ; mais ils y avaient seulement, à ce qu'il paraît, voix consultative ^. Les autres membres étaient choisis par les prêtres.

3" « Sic enim scripjtum est : Et tu Bethlehem... nequa- « quam minima es in ierrâ Juda. » On lit tout le con-

1 Gfr M. Darras, Hist. de VEgl., t. VI, p. 336.

2 Diss. XXXVIII, c. i-iv.

3 Diss. XIX, n. 1-9.

EXPLICATION LITTÉRALE DE l' ÉVANGILE 79

traire dans le prophète Michée (v, 2). La vérité de l'écrivain sacré est-elle donc en défaut?

Bép. — Non; car ces paroles, dit Maldonat », ne sont point de saint Matthieu, mais des princes des prêtres et des scribes. Saint Jérôme ^ pense que saint Matthieu a voulu rapporter exactement leurs expressions afin de nous apprendre avec quelle négligence ils citaient la sainte Écriture. Cette explication, adoptée parle P. Patrizi ^, prouve que les Juifs entendaient alors du Messie la prophétie de Michée et croyaient qu'il devait naître à Bethléem.

IV. — « Et intrantes domum. » Si les Mages vinrent à Bethléem et arrivèrent après la présentation de Notre-Seigneur au Temple, la maison où ils trouvèrent l'Enfant-Dieu devait être distincte de l'étable oh il était né. Si, au contraire, ils arrivèrent treize jours après sa naissance, ils durent le trouver encore dans la crèche de l'hôtellerie ; et tel est le sentiment qui semble avoir prévalu dans les traditions populaires conservées à Bethléem ^

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