‹ Cours élémentaire d'Écriture SainteChapitre 24 sur 89 · DEUXIÈME BÉATITUDE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME BÉATITUDE

Beati mites, quoniam ipsi possidebunt terram.

1. La (fonceur. — 1, « Mites sunt iiqui cedunt improbi- « tatibus et non resistunt malo, sedvincunt in bono malutn. « (Saint Aug). » Pour expliquer cette définition, on peut en rapprocher les paroles que, dans la suite de son discours, Jésus-Christ, a prononcées contre la colère et sur le pardon des injures (v, 22-25, 39-47).

2. La douceur présente donc un double caractère : a) « Noli resistere malo ; » elle supporte les injures lorsque l'amour-propre est seul en cause, et que les droits de Dieu ou du prochain, l'autorité et la liberté du bien ne sont pas exposés. — b) « Vince in bono malum ; » elle rend le bien pour le mal.

IL La récompense : Possidebunt terram. — 1. Saint Jean Chrysostome l'a entendue, à la lettre, de biens temporels, sans exclure toutefois l'héritage céleste. Selon ce Père, une promesse toute spirituelle aurait peu touché les Juifs, de même qu'une promesse temporelle eût été indigne de Jésus-Christ : l'une et l'autre sont donc unies. Jésus-Christ enseignerait donc que Dieu n'attendra pas le ciel pour récompenser la douceur, mais la récompensera dès ce monde des privations qu'elle aura subies. — 2. Selon saint Augustin, et le plus grand nombre des interprètes, le mot terra n'a qu'un sens métaphorique et signifie la possession des cœurs par la persuasion. — 3. Saint Jérôme l'explique symboliquement du ciel oii l'on arrive en réprimant la colère : cfr Psalm. xxvi. — 4. Pour avoir le sens

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complet de celle idée, plusieurs choses sont à considérer : a) Dans les interprétations juives, le mot te7'ra signifiait soit la terre promise, figure de l'Église, soit le ciel, terre des vivants, par opposition à celle-ci oii l'on meurt '. — b) Les prophéties annonçaient tout à la fois l'extension universelle du royaume messianique et la cessation des guerres sous l'influence de ce règne -. — c) Jésus-Christ oppose constamment les lois et les œuvres de son royaume à celles du monde. — d) On peut donc conclure : Jésus-Christ enseigne que dans son Eglise la conquête de la terre sera obtenue non par les armes, mais par la souffrance des injustices et la patience ; que les lois seront imposées et l'autorité exercée non par la force, mais par la persuasion et d'une façon toute spirituelle ; que ceux qui pratiqueront la douceur trouveront dans leur influence pour le bien la récompense de leur vertu, sans préjudice de l'Éternité.

III. Rapports avec V Ancien Testament. — 1. La récompense promise à la douceur est textuellement citée du psaume xxxvi, 11 : i( Mansueti hœredùabunt ter7'am. » — 2. La douceur a été mentionnée par les Prophètes comme un caractère distinctif du Messie, et attribuée de la sorte à Jésus-Christ par les évangélistes.

Cfr Isa., xLii, 1; Matth., xii, 18-20. — Zachar., ix, 11 ; Matth., xxi, 5. — Isa., lui, 7 ; Act., viii, 32.

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