CINQUIÈME BÉATITUDE
Beau miséricordes, quoniam ipsi misericordiam consequentur.
I. — La miséricorde. La notion de cette béatitude est très simple : Elle comprend toutes les bonnes œuvres, soit corporelles, soit spirituelles qui ne sont point dues en justice mais que l'on fait spontanément, par amour pour Dieu et le prochain, ou au nom de la religion, par exemple quand on s'y oblige par vœu ou par profession religieuse.
II. — La récompense. 1. — Elle a pour raison la ressemblance avec Dieu le bienfaiteur par excellence qui donne par pure bonté sans devoir rien à ses créatures. — 2. Son étendue est révélée par les promesses faites à l'aumône et qui consistent principalement dans le pardon des péchés et une sentence favorable au jugement de Dieu. ^ — 3. Mais la miséricorde, quoiqu'ayant pour objet des œuvres non dues en justice, n'est pas moins obligatoire devant Dieu qui en impose la loi à chaque homme, selon ses moyens, ainsi qu'on le peut conclure des châtiments infligés à ceux qui ne l'auront point exercée.
III. — Rapports avec l' Ancien Testament. On ne trouve pas de prophétie expresse sur la miséricorde : mais on pourrait citer les témoignages oti le Messie est représenté soulageant les maux des hommes, oîi l'on voit la miséricorde alliée à la vérité; ceux principalement qui célèbrent et conseillent l'aumône ^
1 Cfr Luc, XVI, 1-9; Matth., XXV, 34-46; Zach., 127; ii, 13; v, 19, 20.
2 Cfr Prov., m, 3; Psalm., xl, 1-3; lixxiv, 11; Isa., liv, 10; Daniel., iv, 24.
EXPLICATION DOCTRINALE DE l'ÉVANGILE 197