‹ Cours élémentaire d'Écriture SainteChapitre 42 sur 89 · II. — Plusieurs passages demandent des explications · texte numérisé non relu

II. — Plusieurs passages demandent des explications

Ghap. XIII. — 1° « Tune Jejunantes et aidantes, im- « ponentesque eis manus, dimiserunt illos (y. 3). » D'après Suarez et plusieurs autres graves auteurs, Timposition des mains dont il est question en cet endroit fut une simple bénédiction, et non une consécration proprement dite et sacramentelle. Ce n'est cependant pas le sentiment le plus commun, et il est plus probable qu'il s'agit de la consécration épiscopale. a Est hsee « communior in hâc quxstione sententia, dit Beelen ', et « omnino tenenda. »

On ne voit pas, d'ailleurs, à quoi aurait servi une simple bénédiction, puisque saint Paul et saint Barnabe tenaient de Dieu immédiatement leur mission et leur autorité apostoliques.

Enfin le mot ministrare , employé ici, a dans la langue sacrée le sens déterminé d'offrir le sacrifice. L'Église a même transcrit dans son langage le mot grec l-irovpy-tv, dont ministrare est la traduction, et qui signifie publicum opus facere.

2o « Viri hraelitx et qui timelis Deum (y. 16). »

« Qui timetis Deum. » Ces paroles désignent les prosélytes appelés vulgairement prosélytes de la porte, par opposition aux prosélytes de lajustice, qu'on appelait simplement Juifs ou Israélites : les premiers n'avaient point été circoncis et n'étaient tenus qu'aux préceptes de Noé ; les seconds avaient reçu la circoncision et étaient astreints à toute la loi de Moïse.

3° « Cj'ediderunt quotquot erant praeordinati.ad

« vitam deternatn (y. 48). « <■< Tous ceux-là crurent, que « Dieu, de toute éternité, avait prédestinés à la vie u éternelle, » c'est-à-dire à la foi et aux grâces qui y conduisent. Tel est, en cet endroit, le véritable sens de l'expression la vie éternelle; et nous ne croyons pas qu'on puisse se servir de ce passage, comme le font

1 Beelen, Comm. in Act. Apost., t. II, p. 5.

plusieurs théologiens, pour essayer de prouver que Dieu prédestine les élus g lagloii^e avant même d'avoir prévu leurs mérites.

Chap. XV. — Concile de Jérusalem. 1° Son occasion (l-o). Saint Luc l'expose en quelques mots : ce lut l'obstination des Juifs convertis à maintenir dans le Christianisme les observances mosaïques, particulièrement la circoncision, au point qu'ils en faisaient un élément nécessaire de la religion, et prétendaient y soumettre les païens, même après le iDaptême. Le schisme était caché sous cette prétention. Elle se manifesta avec véhémence au sein de l'église d'Antioche ; mais les Apôtres la rencontrèrent partout où se trouvèrent des Juifs, et saint Paul dépensa une partie de son zèle à la combattre. 11 importait donc de fixer dès le principe la vraie doctrine et les règles de conduite, ainsi que de définir à quelles conditions était soumise la pratique de la vie chrétienne. C'est pour cela que les Apôtres s'assemblèrent à Jérusalem.

2" « Sa tenue. — Convenerunt Apostoli et seniores videre « de verbo hoc (y. 6). » Ce premier concile, où les Apôtres seuls étaient juges, et où les prêtres {presbyteri, seniores) ne pouvaient que donner leur avis, est le type de tous «eux qui se sont tenus plus tard. Saint Pierre, le chef de l'ÉgUse, préside l'assemblée, expose l'état de la question et donne même la solution (y. 7-11) ; les Apôtres parlent, approuvent et donnent leur voix comme juges (y. 19j ; les décisions sont prises au nom de l'assemblée, avec l'assistance du Saint-Esprit (y. 28) et deviennent obligatoires pour toute l'Église (y. 29). 3" Discours de saint Jacques. — « Viri fratres, audite me... (13-19j. »

Nous nous permettons encore d'appeler l'attention sur ce discours de saint Jacques, l'un des plus importants de ce livre, et dont le sens ne nous paraît pas avoir été généralement bien compris. Il y est sans doute question de la conversion des Gentils, qui, conséquemmentà la réprobation momentanée des Juifs,

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doivent d'abord entrer dans l'Église {primùm Deus visitavit sumere ex Gentibus populum nomini suo). Mais l'objet principal est surtout, croyons-nous, le retour à Dieu ou la conversion finale des Juifs {post hxc rever-

tar, et rexdificabo tabernaculum David quod decidit ),

qui seront alors entre les mains de Dieu l'instrument de la conversion du monde entier [ut 'requirant cseteri hominum Dominum). Saint Paul complétera un jour, en écrivant aux Romains (xi, 11-35), cette doctrine à la fois si consolante et si terrible.

40 Décision du concile (23-29). — Deux choses sont marquées dans ce décret : la reconnaissance de la mission spéciale de saint Paul auprès des Gentils, et une règle de conduite. Celle-ci fut adoptée telle que saint Jacques la proposa, se taisant sur la circoncision et les observances légales, et n'imposant aux clirétiens que la pureté de vie et l'abstinence de certains aliments : ab immolatis simulacrorurn. 11 s'agit ici de la chair des animaux offerts aux idoles. Après les sacrifices, on la portait sur le marché public: l'acheter était considéré comme une participation indirecte au culte païen : les Apôtres devaient donc l'interdire en principe. Plus tard, saint Paul expliqua l'application pratique de la règle (I Cor., x, 25-21) : à sanguine et suffocato. Ne pas manger le sang des animaux avec leur chair, ni celle des animaux étouffés : prescription d'hygiène et de convenance que Dieu avait faite à Noé.

Chap. XVI, y. 16. « Puellam, » en grec TraiSiczviv. « Qua', vox, dit Beelen ', tion xtatem notât mulieris, sed « conditwnem. » C'était, par conséquent, une esclave ou une servante.

a Babentem spiritwn pythonem. » Le mauvais esprit qui s'était emparé de cette jeune esclave et dont saint Paul la délivra (^. 18), était un démon qui lui faisait connaître avec plus ou moins d'exactitude une raul-

1L06. cî<., p. 77.

titude de choses, soit passées, soit présentes, soit m^me futures, et au sujet desquelles on venait la consulter. On appelait ces esprits Pythons, du nom du fameux serpent /*2/^Aon, né de la corruption de la terre après le déluge de Deucalion, et qui fut tué par Apollon, le dieu des oracles, surnommé lui-même, à cause de cela, Pythien.

Chap. XVII. — Discours de saint Paul devant T Aréopage (22-31).

1. — Ce discours emprunte aux circonstances où il fut prononcé une importance particulière. Athènes était encore la métropole intellectuelle du monde. Les philosophes, les rhéteurs et les amis de l'art venaient y prendre des leçons de sagesse et de bon goût. C'était donc pour l'Apôtre une occasion exceptionnelle. Aussi dans son discours a-t-il touché aux questions qui intéressaient le plus les esprits : la nature divine, l'origine de l'homme et sa fin. Sur Dieu, il enseigna son unité personnelle, et son action créatrice qui a donné l'existence au monde, sa spiritualité, sa providence conservatrice qui veille à toutes choses. Sur l'homme il déclara : qu'il a été créé commes les autres êtres, mais a reçu en sa création quelques traits de la ressemblance divine ; que les races humaines ont une origine commune et sont toutes issues d'un même père ; que la destinée de l'homme s'étend au delà de la vie présente par la résurrection. Cette dernière assertion était toute nouvelle pour des sages qui ne croyaient même pas à l'immortalité de l'âme. Aussi renvoyèrent-ils le prédicateur du Dieu inconnu, sans l'entendre davantage, mais sans le molester non plus. Toutefois, la parole jetée par l'Apôtre ne fut point perdue : quelques âmes droites l'accueillirent et formèrent le noyeau d'une Église qui devint plus tard florissante.

II.- — Quelques explications compléteront cet exposé. 1° Quel est le Dieu inconnu auquel les Athéniens avaient érigé un autel? a) Dans le texte grec, le

substantif ôsô? n'est pas précédé de l'article, ce qui lui laisse un sens indéterminé. Ce n'aurait donc été qu'une précaution inspirée par un excès de religion, afin de ne priver d'honneur aucune des divinités qui pouvaient exister. Ce sentiment parait confirmé par l'observation de saint Paul qui loue la religion des Athéniens : siiperstitiosiores vos video. Le mol superstitiosus a ici le même sens que religiusus. — b) Plusieurs interprètes ont pensé qu'il s'agit d'une divinité dont les Athéniens supposaient l'existence, mais ignoraient le nom. Quelques-uns même l'entendent du vrai Dieu.

Les Grecs avaient appris son existence dans leurs relations avec les Juifs, mais ils ne savaient pas son nom, soit parce que les Juifs ne le pronoçaient jamais, soit parce que dans la version grecque, seule connue hors de la Palestine, on ne lit que les noms communs de la Divinité, Deus, Dominm. C'est pourquoi saint Paul déclara qu'il annonçait le Dieu auquel le peuple d'Athènes rendait hommage sans le connaître '.

2° Sens de cette assertion :« Tempora hujus ignorantiœ « despiciens Deus [y . 30). » Saint Paul donne à entendre que Dieu, dans sa patience et sa miséricorde, n'avait pas infligé aux hommes les châtiments qu'ils avaient mérités par leur idolâtrie. 11 semblait avoir oublié leurs péchés et ne paraissait pas en tenir compte.

Chap. XX. « A Mileto autem miitens EpÂesum, vo- « cavit majores natu {npîaovzzpouç) ecclesix. Qui cîim « venissent..., dixit eis... Attendite vobis, et universo gregi « in quo vos Spiritus sanctus posuit episcopos regere Ec- « clesiam Dei (17-28). »

11 résulte du rapprochement de ces versets que les mêmes personnes sont désignées sous le nom de majores natu {npia^yTipoi) et sous celui de episcopi. Ces deux noms, en efl'et, se prenaient indifféremment l'un pour l'autre à cette époque, et servaient à désigner tantôt les simples prêtres et tantôt les évêques. Le

' Cfr Vidal, Vie de saint Paul, t, I, chap. xi.

nom d'apôtre était seul exclusivement réservé aux évêques proprement dits.

Mais de quelles personnes s'agit-il en cet endroit? Plusieurs ' pensent qu'il n'y est question que du clergé d'Éphèse, le seul qui eût été convoqué, des prêtres, par conséquent, ei de saint Timolhée, qui d'ailleurs faisait partie de l'entourage de saint Paul. D'autres croient, avec saint Irénée ^, que saint Paul avait aussi invité à se rendre auprès de lui le clergé des villes voisines, dont Éphèse était la métropole ^

Ghap. XXI. « Hoc ergo fac quod tibi dicimus : sunt

u nobis viri quatuor votum habentes super se Tune

« Paulus, assumptis viris, postera die purificalus cum illis « intravit in Templum (xxi, 23-26). »

« Paul, selon sa maxime, dit très bien M. l'abbé « Crampon 4, se fait Juif avec les Juifs pour les gagner à « Jésus-Christ (I Cor., ix, 20). 11 n'y a pas â craindre « qu'on tire de sa conduite de fausses conséquences, « au point de vue doctrinal {f. 25). D'autre part, nul « ne proclamera avec plus de force, quand les cir- (( constances l'exigeront, la liberté des enfants de « Dieu vis-à-vis des prescriptions de la loi ancienne « (Gai., II, 3 ; v, 2). Voyez saint Thomas, 1% 2% qnœst. « 103, art. 4.) »

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