‹ Cours élémentaire d'Écriture SainteChapitre 50 sur 89 · ÉPITRE AUX ROMAINS · texte numérisé non relu

ÉPITRE AUX ROMAINS

Introduction ■particulière à cette ÊpUre.

I. Lieu et époque de sa composition. — Saint Paul l'écrivit de Corinthe, pendant son second voyage en Achaïe. Il la dicta à Tertius, son secrétaire (xvi, 22); et il l'envoya par Phœbé, diaconesse de Cenchrée -, qui se disposait à partir pour Rome (xvi, 1, 2). Cette lettre a donc été composée vers l'an S7 ou 58 de Jésus- Christ. Elle était adressée aux fidèles de Rome, c'està-dire à l'église que saint Pierre y avait fondée au commencement du règne de Claude ^ qui, quelques années plus tard, vers l'an 49, chassa de Rome les Juifs et les chrétiens. Saint Pierre en était probable-

' In Epist. ad Rom. lioniil. xxxii, u. 2-4.

2 Genclu-ée était un bourg qui servait de port à Corinthe, sur la mer Egée.

3 « Exordio regni Claudii, dit Orose, Pelrus Aposlolus... liomam «. venit et salutarem cunclis fidem fideli verbo docuit poteniissimisque H virtutibus comprobavit... exindè chriUiani Romœ esse cœperunt « (Hist., vil, 6), » Cfr le P. de Valroger, t. II, p. 254 et suiv.

INTRODUCTION A l'ÉPITRE AUX ROMAINS 295

ment sorti avec eux à la même époque et n'y était pas encore revenu quand saint Paul écrivit cette Epître; ou, s'il y était revenu, il en était parti de nouveau : car, s'il eût été en ce moment à Rome, saint Paul l'aurait sans doute nommé parmi ceux auquels il envoie des salutations.

II. Langue dans laquelle elle a été écrite. — Cette lettre, dont l'authenticité n'a jamais été contestée sérieusement, a été écrite en grec, et non en latin, comme quelques auteurs l'ont prétendu. En effet, le grec était communément parlé à Rome, surtout par les Juifs hellénistes, dont se composait alors en grande partie l'assemblée des fidèles. Ce fut d'ailleurs la langue de l'Église pendant les deux premiers siècles.

III. Son but. — Saint Paul, dit saint Jean Chrysostome S avait un double but en écrivant celte lettre : il voulait instruire les Romains et les préparer à recevoir sa visite. Il voulait aussi, d'après saint Augustin^, mettre un terme à une contestation qui s'était élevée à Rome entre les Gentils et les Juifs nouvellement convertis. Il s'agissait du bienfait de la justification et de la vocation à la foi. Tous en niaient la gratuité, et prétendaient y avoir plus de droit les uns que les autres.

Les Gentils invoquaient en leur faveur la sagesse et la science de leurs philosopher, et ils méprisaient les Juifs, qu'ils traitaient de déicides et auxquels ils reprochaient leur ingratitude.

De leur côté, les Juifs appuyaient leurs prétentions sur la piété de leurs pères, sur la connaissance plus parfaite qu'ils avaient de la Loi et sur l'exactitude avec laquelle ils en accomplissaient les diverses observances, en particulier la circoncision.

IV. Son objet et sa division. — H y a deux parties dans cette Epître : une partie dogmatique et une partie morale.

1 Argum. in Ep. ad Rom., n. 2.

- Expos, in Ep. ad Galat.

Itdi première, précédée de l'exorde (i, 1-15), comprend les onze premiers chapitres (i, 16-xi). Après une peinture énergique des désordres des Gentils, dont il confond l'orgueil, et des prévarications des Juifs, dont il rabaisse les prétentions, saint Paul conclut que la justification des uns et des autres a été gratuite; qu'elle n'est le fruit ou la récompense ni de la connaiss.ance de la loi naturelle ni de l'observation de la loi écrite (i-iii) : ce qu'il confirme par l'exemple d'Abraham et l'autorité de Moïse (iv). Il développe ensuite les conséquences principales qui découlent de la doctrine qu'il vient d'exposer, soit pour les chrétiens (v-viii), soit pour les Juifs (ix-xi).

ha. seconde partie renferme des instructions sur différents points de morale. C'est un exposé sommaire des règles de conduite qu'il faut suivre pour vivre chrétiennement (xii, xiii) et l'application de l'une de ces règles à un point particulier (xiv, xv, 12). Le reste est rempli par l'épilogue ou la conclusion (xv, 13-xvi).

Explication de l'Epître aux Romains.

Explication littérale, ou solution des principales difficultés du texte.

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