‹ Cours élémentaire d'Écriture SainteChapitre 53 sur 89 · III. — Partie mora.le (xii-xv · texte numérisé non relu

III. — Partie mora.le (xii-xv

Quoique saint Paul n'ait probablement pas songé à disposer les matières que renferme cette seconde partie dans un ordre très méthodique, on peut y distinguer deux choses : 1° un exposé sommaire des règles de conduite qu'il faut suivre pour vivre chrétiennement (xii, xiii); et 2° l'application de l'une des plus importantes de ces règles, la grande loi de la charité fraternelle, à un point particulier (xiv-xv, 12).

Exposé des règles générales de conduite pour vivre chrétiennement (xii et xiii).

Ces règles, sous forme de prière ou d'exhortation, se rapportent aux devoirs que nous avons à remplir

1 Le comte de Maistre a dit : «; Les nations ont le gouvernensent qu'elles méritent. »

^ La Quest. du Messie, p. 101.

' Gfr la Quest. du Messie, p. 102 et suiv.

envers Dieu, envers le prochain, envers nous-mêmes et envers les dépositaires de l'autorité. Mais elles sont un peu entremêlées les unes dans les autres; et nous nous contenterons d'analyser sommairement les deux chapitres qui les renferment.

1" Saint Paul rappelle d'abord aux fidèles qu'ils doivent se consacrer tout entiers au service de Dieu, être à lui corps et âme (xii, 1, 2), et n'user des dons qu'ils en ont reçus qu'avec humilité et conformément à ses desseins (xii, 3-8j. Il les exhorte ensuite à la pratique des différentes vertus chrétiennes et insiste sur les devoirs que nous avons à remplir à l'égard de nos frères (xii, 9-21). Dans les versets H et 12, il recommande cependant aussi la ferveur dans le service de Dieu, la patience au milieu de la tribulation et l'assiduité continuelle à la prière.

2° Nous avons des devoirs particuliers à remplir à l'égard de ceux de nos frères que Dieu nous a donnés pour supérieurs : nous leur devons l'obéissance (xiii, i-7). Cette leçon était d'autant plus opportune que les Juifs supportaient avec beaucoup de peine le joug des Romains, et que les premiers chrétiens étaient sortis en grand nombre du judaïsme. Tous nos devoirs à l'égard du prochain se résument, du reste, en un seul, la charité fraternelle^ contenue elle-même dans l'amour de Dieu (xiii, 8-10). — Enfin il leur recommande envers eux-mêmes la vigilance, commandée par rincertitude de la mort ; la fuite du mal ; la pratique du bien : en particulier, de la sobriété, de la chasteté et de la douceur de Jésus-Christ, dont ils doivent travailler sans cesse à se revêtir (xiii, H-14).

Conséquences pratiques, ou application de l'une de ces règles à un point particulier (xiv-xv, 12).

1° Un grand nombre de Juifs nouvellement convertis étaient restés trop attachés aux cérémonies

légales, qu'ils regardaient toujours comme obligatoires. Ils observaient, en conséquence, le sabbat, les jeûnes et la distinction des viandes, conformément à la loi de Moïse, dont, même après le concile de Jérusalem (Act., xv), on toléra l'usage pendant quelque temps. Mais plusieurs avaient le tort de vouloir contraindre les Gentils à les imiter. Les Gentils, au contraire, se glorifiaient de leur mépris pour ces observances et devenaient une cause de scandale pour les Juifs, lorsque ceux-ci, contre leur conscience et pour imiter les Gentils, n'observaient pas les prescriptions mosaïques. De là une division regrettable parmi les membres de cette Église, et un conflit très funeste au progrès de l'Évangile.

2° Afin d'y mettre un terme, saint Paul rappelle à tous les chrétiens deux choses : a) que, quelle que soit notre conduite personnelle, nous ne devons pas juger nos frères (xiv, 1-3) : nous n'avons pour cela ni assez de lumière ni assez d'autorité (4-12); — b) que, quelle que soit notre science, nous devons prendre garde de les scandaliser (18-23). Il faut imiter Jésus- Christ et supporter, à son exemple, les faiblesses de notre prochain (xv, 1-5). L'Apôtre termine par un appel à la concorde entre les Juifs et les Gentils, qui ont été également appelés par Jésus-Christ, les uns pour montrer que Dieu est fidèle dans ses promesses, et les autres pour faire éclater sa miséricorde (xv, 6-12).

lY. Épilogue ou Conclusion (xv, 13-xvi)

I. — Cet épilogue est, comme le prologue ou l'exorde, un chef-d'œuvre d'habileté et d'insinuation.

Saint Paul avait commencé par des souhaits et par des éloges ; il termine (xv, 13-14) en s'excusant, pour ainsi dire, auprès des Romains de leur avoir écrit cette longue lettre. Il ne l'a fait que pour leur rappeler ce qu'ils savaient déjà et pour remplir les obligations

de son ministère (15 et 16) ; car il n'est que le ministre de Jésus-Christ, en qui seul il se glorifle et dont il a annoncé de préférence l'Évangile dans les lieux oti il n'avait pas encore été prêché (17-21). C'est ce qui l'a empêché jusqu'ici d'aller à Rome. Mais il espère s'y arrêter en allant en Espagne et quand il sera revenu de Jérusalem, où il va porter en ce moment aux pauvres de cette Église les aumônes qu'il a recueillies en Macédoine et en Achaïe (22-29). Ils voudront bien prier pour lui, afin qu'il s'acquitte heureusement de la mission dont il est chargé et q'u'il se rende avec joie au milieu d'eux. « Que le Dieu de paix « soit avec eux tous (30-33) ! »

Saint Paul recommande ensuite aux Romains Phœbé, diaconesse de Cenchrée, qui partait pour Rome (xvi, 1 et 2), et fait de la manière la plus délicate l'éloge des principaux membres de cette Église en leur adressant ses salutations (3-16). Il les supplie de se tenir en garde contre les faux docteurs, qui séduisent les âmes simples par de douces paroles et par des flatteries (17-20). Il leur envoie enfin les salutions de plusieurs de ses compagnons ; et Tertius, son secrétaire, les salue lui-même (21-23).

Page 1