‹ Cours élémentaire d'Écriture SainteChapitre 54 sur 89 · II. Terminons par quelques observations · texte numérisé non relu

II. Terminons par quelques observations

1° Le voyage de l'Apôtre en Espagne (xv, 24.) Il n'est pas absolument certain que saint Paul ait exécuté le projet qu'il avait formé de passer en Espagne. Cependant d'anciennes traditions l'affirment, et ces traditions ne sont pas à mépriser. D'après le Martyrologe romain (22 mars) et ceux de Bède, d'Adon et d'Usuard (10 décembre), il aurait pris sa route par les Gaules, et se serait arrêté un instant à Narbonne, oti il aurait laissé pour évêque l'ancien proconsul Sergius Paulus'.

2° Les salutations. — a) « Priscam et Aquilam... et

' Cfr M. Drach, Sainte Bible, X.Wll, introd. génér. aux Ép. de saint Paul, p. lv et lvi.

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domesticam ecclesiam eorum (xvr, 3 et 5). On croit avoir retrouvé à Rome, dans la catacombe de Sainte-Priscille, à deux milles de la porte Salaria, l'endroit même où se réunissait cette pieuse et fervente église. C'est une grande chapelle ornée de peintures allégoriques, et connue sous le nom de chapelle grecque^ à cause des inscriptions en cette langue qui s'y trouvent. Cette chapelle et la région qui l'entoure ont tous les signes de la plus haute antiquité, et remontent au moins à la fin du premier siècle '.

b)\\y di donc là un témoignage qui révèle l'existence d'une église à Rome dès les temps apostoliques. Nous en dirons autant des personnages nommés par saint Paul. Leurs noms sont évidemment de la plus haute antiquité. Aucun ne porte trace de christianisme, ni l'expression de quelque qualité morale; plusieurs même rappellent des idées mythologiques, tels qu'Aquila Hey^odion; on en retrouve enfin qui ont été déjà mentionnés au livre des Actes. Ces personnages avaient donc appartenu à la société païenne, et vécu en un temps où le Christianisme commençait seulement à se propager. Par conséquent, l'Épître aux Romains remonte à l'origine même de l'Église -.

c) Parmi les personnages auxquels l'Apôtre envoie des salutations, il en est qui occupaient une haute position à Rome. Nous pouvons citer entre autres Narcisse et sa famille (y. 11). On croit que c'était un affranchi de Néron, qui périt plus tard, sous Galba, et cela prouverait que la religion de Jésus-Christ comptait déjà des fidèles jusque dans le palais des césars ^.

d) Une observation est utile à propos du verset 22 ; Saluto vos ego Tertius qui scripsiepistolam.Gétaiil le copiste de l'Apôtre et il écrivait sous sa dictée. Si donc

' Gfi" R}me souterraine, p. 100; journal le Monde, 2 juin 1875.

2 Bacuez, Manuel Inblique, t. IV.

3 II ne faut pas confondre ce Narcisse avec le secrétaire de l'empereur Claude, qui portait le même nom, mais était mort depuis trois ans.

ÉTUDE DOCTRINALE DE l'ÉP. AUX ROMAINS 343

il ajoute ici sa propre salutation, c'est que saint Paul le voulut, de sorte que ces paroles ne sont pas moins inspirées que l'Épîlre entière ^

3° Doxologie finale (xvi, 25-27).

Cette doxologie se lit dans plusieurs manuscrits grecs à la fin du chapitre xiv, et on a élevé des doutes sur son authenticité. Mais elle est certainement de saint Paul, et sa place est ici ^ Un mot a besoin d'explication : « Secundùm revelationem mysterii temporibus œternis « taciti ».

Ce mystère est l'Incarnation. Les prophètes l'avaient annoncé et figuré de différentes manières. Mais on ne le connaissait qu'imparfaitement; et avant la venue de Jésus-Christ, c'était vraiment un mystère caché, « Non negat Paulus, dit très bien à ce sujet D. Soto (( cité par Beelen ^, qutn fuerit mysterium hoc prsefigura- « tum et prxnunc'iatum; sed hoc tantkm quod faeritante « tempora evangelica lucide pâte factum, hoc est expositum « amotisque figurarum prophetiarumque velaminibus « apertè revelatum. »

NO II

Étude doctrinale et littéraire de l'Épître aux Romains.

I. — Cette épître, considérée au point de vue doctrinal, est très importante : elle renferme des dogmes, des leçons de morale et des prophéties.

1° Nous avons déjà dit qu'elle a pour objet principal l'exposé du dogme fondamental de la Rédemption ou de la justification, c'est-à-dire de sa nature, de sa gratuité et de ses effets. — Mais elle contient beaucoup d'autres vérités dogmatiques, que saint Paul a été amené à traiter ou à toucher dans le cours de la discussion. Nous signalerons en particulier : l^La divinité de Jésus-Christ (i, 4 et 7 ; iv, o). — 2° La bonté et

1 Estius in h. l.

2 Cfr Drach, /oc cit., p. 115.

3 Loc. cit., p. 4G5,

la justice de Dieu à l'égard des Gentils: sa bonté ne leur a rien refusé de ce qui leur était nécessaire , et ils sont inexcusables, puisque ayant connu Dieu ils ne l'ont pas glorifié comme Dieu : aussi sa justice s'est-elle appesantie sur eux d'une manière terrible, en permettant qu'ils commissent toute espèce d'abominations (i, 17-32). Sa bonté pour les Juifs n'a pas été moins grande, et c'est pour cela qu'il tirera d'eux une vengeance encore plus éclatante (ii et m), jusqu'au jour où ils reviendront à lui : car ils lui sont restés chers^ et leur incrédulité ne l'empêcbera pas de tenir les promesses qu'il a faites à leurs pères. — 3° D'existence, la nature et les effets du péché originel (v, 12-19). — 4° Même depuis la chute de l'homme, la possibilité de connaître Dieu avec les seules lumières de la raison sans le secours de la foi (i, 18-21). — S*' L'existence du péché mortel (i, 32). — 6° L'existence et les différentes circonstances du jugement dernier. Le chapitre ii en offre comme l'histoire abrégée : on y voit quel est celui qui l'exercera (ii, 16), quelle en sera la matière (il, 6, 16), la règle (ii, 16), la sévérité, (ii, 2, 5), quel en sera le mode (ii, 5), et enfin quelles en seront les suites, soit pour les justes, soit pour les pécheurs (il, 7 et 8). — 7° L'excellence du baptême, ou la dignité du chrétien, qui, étant mort et ayant été enseveli avec Jésus-Christ dans le baptême, est, en môme temps ressuscité avec lui, et doit marcher désormais dans une sainte nouveauté dévie sous la conduite de l'Esprit de Dieu (vi-viii).

2° On y trouve presque à chaque page, mais surtout dans la seconde partie, des principes ou des leçons de morale d'une sagesse divine. Saint Paul est lui-même un modèle accompli des vertus apostoliques c'est-à-dire de la charité (i, 9-11; ix, 1-3), de l'humilité (i, 12, 13; XVI, 7) et du courage (i, 15, 16).

3° Enfin le chapitre xi renferme une double prophétie : la prédiction du retour des Juifs à la vérité et celle de la défection ou de l'apostasie des Gentils, qui

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sera l'occasion delà conversion des Juifs, comme l'incrédulité de ceux-ci a été, il y a dix-huit siècles, l'occasion de la conversion des nations : aConclusit enim Deus « omnia in incredulitate, ut omnium misereatur (xi, 32). »

II, — Ce que Bossuet * a dit en général du style et du mérite littéraire de saint Paul s'applique admirablement, en particulier, à l'Épitre aux Romains. « Son « discours, bien loin de couler avec cette douceur « agréable, avec cette égalité tempérée que nous ad- « mirons dans les orateurs , paraît inégal et sans suite « à ceux qui ne l'ont pas assez pénétré; et les délicats « de la terre, qui ont, disent-ils, les oreilles fines, sont « offensés de la dureté de son style irrégulier... Mais « ses pensées sont toutes divines... Une puissance « surnaturelle, qui se plaît de relever ce que les su- « perbes méprisent, s'est répandue et mêlée dans l'au- « guste simplicité de ses paroles. De là vient que « nous admirons dans ses admirables Ép/fres une cer- « taine vertu plus qu'humaine, qui persuade contre « les règles, ou plutôt qui ne persuade pas tant qu'elle « captive les entendements; qui ne flatte pas les « oreilles, mais qui porte ses coups droit au cœur. De « même qu'on voit un fleuve qui retient encore, cou- « lant dans la plaine, cette force violente et impé- « tueuse qu'il avait acquise aux montagnes d'oii ses « eaux sont précipitées : ainsi cette vertu céleste qui « est contenue dans les écrits de saint Paul, même dans « cette simplicité de style, conserve toute la vigueur « qu'elle apporte du ciel d'où elle descend. »

Nous avons déjà remarqué que l'exorde (i, 1-16) est un chef-d'œuvre d'habileté. Il était impossible de s'insinuer avec plus d'adresse dans l'esprit du lecteur et de mieux se concilier son aflection. La péroraison (xvi), comme nous l'avons fait observer aussi, n'est écrite ni avec moins d'art ni avec moins d éloquence.

Nous mentionnerons en outre :

^Panégyr.\de sailli Paul, 1" pari., Œuvres, t. XII, p. 233.

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1° La peinture énergique des erreurs, de l'aveuglement et de la corruption des sages ou des philosophes païens (i, 18-32). On est saisi d'horreur à la lecture de cette page indignée.

2° Les reproches sanglants et mêlés d'ironie que l'Apôtre adresse aux Juifs, coupables les premiers des crimes dont ils accusaient les Gentils (ii, 17-29). Avec quelle force il retourne contre eux les traits qu'ils s'efforçaient de lancer contre les autres I

3° L'éloge de la foi d'Abraham (iv, 16-22). Il n'y a rien à y ajouter, tant l'auteur a pris soin de relever les moindres circonstances qui pouvaient en augmenter la beauté.

4° La description du déplorable état de l'homme asservi à l'empire de la chair et soumis à la dure servitude de la concupiscence avant d'avoir été régénéré dans le baptême, ou même, comme plusieurs le pensent, après avoir été baptisé (vu). « Jamais ancien « philosophe n'a imaginé une peinture de la corruption « du cœur humain semblable à celle que retrace ici « le grand Apôtre : jamais aucun d'entre eux n'a « employé de couleurs aussi vives et aussi naturelles. « Qui oserait par exemple, mettre en comparaison la « fameuse maxime : Video melioi'a proboque, détériora (( sequor * ? »

5° L'exhortation chaleureuse à se laisser conduire par TEsprit-Saint et à souffrir avec Jésus-Christ pour avoir part un jour à sa gloire (viii, 9-39). Il en apporte les motifs les plus puissants, et insiste d'une manière particulière sur la grandeur de l'amour que Dieu nous porte. Voir tout ce passage (31-39).

6° Les chapitres ix-xi. Ils étincellent des plus grandes beautés et sont remplis de mouvements de la plus haute éloquence. On y admirera la tendresse de saint Paul pour les Juifs ses frères. La vivacité de l'expression répond à la sincérité et à la profondeur du sentiment.

1 M. Glaire, Introd., t. VI, p. 66.

Il n'y a rien de comparable sous ce rapport au début du chapitre ix.

1° Le chapitre xi. « Saint Augustin, remarque « M. Glaire ', dit que ce chapitre peut passer pour un « chef-d'œuvre d'éloquence dans le genre modéré. « Grotius affirme que le chapitre entier est dans le « style d'Isocrate, par l'égalité ou l'opposition des « membres de phrases. De son côté, Érasme prétend « que dans tout saint Paul il n'y a point d'endroit où « il se trouve plus d'art, plus d'éclat. Ce critique fait « remarquer en même temps avec quelle dignité l'A- «■ pôtre parle de la distribution des dons conférés par « l'Esprit-Saint et des qualités de ceux qui doivent « les dispenser aux fidèles. Il admire la douceur et « l'harmonie des paroles mêmes qui composent les « membres de la période mis en correspondance ou « en opposition. Enfin, selon Érasme, la similitude ou « le contraste de ces différents membres donne au « discours de l'éloquent Apôtre une telle harmonie, « qu'il n'y a point de chant qui l'égale en douceur. »

ARTICLE II

Depuis que Sparte et Athènes étaient déchues de leur puissance militaire, Corinthe, située sur l'isthme de ce nom, avec deux bons ports, l'un sur la mer Egée et l'autre sur la mer d'Ionie, avait hérité par son commerce de l'importance de ces villes célèbres. Un auteur païen lui décerne le titre fastueux de métropole de l'Hellade. Elle avait été, il est vrai, détruite et rasée dans la guerre duPéloponèse parle consul Mummius; mais Jules César y avait envoyé des colonies romaines pour la repeupler, et elle s'était promptement relevée de ses ruines. Corinthe était renommée par ses ri-

• Introd., loc. cit., p. 68.

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chesses et par le luxe de ses habitants. La philosophie y était en honneur; on y cultivait avec succès les sciences et les arts; et c'est près de ses murs que l'on célébrait les Isthmiques, auxquels saint Paul fait de fréquentes allusions dans ses deux épitres. Malheureusement la corruption des mœurs y était extrême ; elle était même proverbiale dans toute la Grèce ^ Quand saint Paul arriva, il y trouva donc le polythéisme grec, avec tout l'orgueil de sa fausse science et le raffinement de ses vices. Pendant le séjour de dixhuit mois qu'il y fît, il convertit néanmoins un grand nombre de Gentils et quelques Juifs, dont le plus célèbre était Crispus, l'un des chefs de la synagogue. La plupart des autres résistèrent aux efforts de son zèle, et continuèrent de blasphémer le nom de Jésus-Christ (Act., XVIII, 1-18).

Peu de temps sans doute après son départ, un Juif d'Alexandrie, nommé ApoUos, arriva aussi à Corinthe. Il venait d'Éphôse, où Aquila et Priscilla, que saint Paul y avait laissés, l'avaient instruit. C'était, dit saint Luc, un homme éloquent, puissant dans les saintes Écritures et plein de zèle (Act., xviii, 24-25), dont la présence à Corinthe fut d'un grand secours aux chrétiens dans les disputes continuelles qu'ils avaient avec les Juifs (27, 28).

Nous avons deux épîtres de saint Paul adressées aux Corinthiens. Nous en traiterons séparément.

Première Epître aux Corinthiens

Introduction particulière

L Lieu et époque de sa composition, — Saint Paul, après avoir quitté Corinthe, revint en Asie, visita

1 KoptvOiaÇsaOai était synonyme de se livrer à la fornication, on appelait une courtisane liopivOia zo'pT], une fille de Corinthe.

Éphèse, Jérusalem et Antioche, traversa pour la seconde fois la Galatie et la Phrygie, et arriva de nouveau à Éphèse, où il résida trois ans (Act., xviii, 18, 19 ; XX, 31). C'est là que cette première lettre aux Corinthiens fut écrite, comme on le voit au chapitre seizième (xvi, 8), où il est dit : « Je veux demeurer à. Éphèse jusqu à la Pentecôte. » 11 semble même, d'après le chapitre cinquième (v, 7), que saint Paul l'écrivit à la Pâque qui précéda cette grande fête. On la rapporte communément à l'année 56 ou 57 de J.-C.

II. Ce qui en fut l'occasion. — A peine saint Paul avaitil pris congé de l'église de Corinthe, que de faux docteurs s'étaient glissés parmi les fidèles et avaient insensiblement corrompu la doctrine évangélique. Les chrétiens s'étaient divisés en différentes sectes, obéissant à des chefs particuliers, dont elles prenaient les noms, qu'elles suivaient aveuglément, et dont elles exaltaient le savoir et l'éloquence. De leur côté, ces chefs travaillaient à s'élever aux dépens de l'Apôtre ; ils dépréciaient son mérite et allaient jusqu'à contester son autorité apostolique. « A la lecture des trois pre- « miers chapitres de cette épître, remarque Michaé- « lis\ on serait tenté de croire que ces sectes récla- « maient pour leurs chefs Paul, Pierre et ApoUos ; mais « la suite montre qu'elles étaient attachées à un en- « nemi de l'Apôtre. Saint Paul lui-même dit (iv, 6) « qu'il s'est servi de son nom et de celui de ses amis « par manière d'exemple, afin d'éviter de nommer ses « adversaires et de les exposer à la défaveur publi- « que. )) Le même auteur croit que le principal adversaire de saint Paul était un Juif, qui se faisait surtout valoir à ce titre.

A ces discordes religieuses étaient venus se joindre un grand nombre d'abus. Ainsi, dans les agapes, on voyait les riches refuser d'attendre les pauvres, ou, assis loin d'eux à des tables somptueuses, se livrer à

1 Michaélis, Inlrod., t. III, p. 493 et 495.

ni. 20

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tous les plaisirs de la bonne chère. Plusieurs même s'enivraient.

Un mariage abominable avait eu lieu dans cette église, et, au grand scandale des païens, paraissait avoir requ. l'approbation des chrétiens, qui n'avaient pas chassé le coupable du milieu d'eux : un homme avait publiquement épousé sa belle-mère.

Les procès entre les chrétiens étaient continuels; et, au lieu de prendre leurs frères pour arbitres de leurs différends, ils allaient plaider devant les juges païens.

Quelques-uns tiraient vanité des dons surnaturels qu'ils avairent reçus, et affectaient de parler des langues étrangères dans les assemblées des fidèles. D'autres révoquaient en doute la résurrection des morts. Enfin on agitait mille questions diverses sur le mariage, la viduité, la virginité, les vêtements que l'on devait porter à l'église, la contenance qu'il fallait y garder, le temps oti l'on devait se couvrir, etc., etc.

III. Son but. — Saint Paul avait été informé du malheureux état de cette église par des gens de la maison deChloé, etpar Stéphanas, Fortunat et Achaïque, que les Corinthiens lui avaient députés. La douleur qu'il ressentit à cette nouvelle fut extrême. Ne pouvant, à ce qu'il paraît, se rendre tout de suite au milieu d'eux, il s'empressa de leur envoyer Timothée (iv, 17) et de leur écrire cette lettre, que remportèrent sans doute Stéphanas et ses compagnons.

Il s'y propose deux choses : lo détruire la cause qui avait produit ces funestes dissensions, c'est-à-dire l'orgueil et les prétentions d'une fausse sagesse; — 2° répondre aux questions qui lui avaient été adressées, ou de vive voix par les gens de la maison de Chloé, ou par les lettres que Stéphanas lui avait remises.

Ces deux choses ont servi d'occasion et de sujet à une série d'instructions oi^i saint Paul expose les principes fondamentaux de la doctrine chrétienne et trace

les règles les plus sages de la vie et de la sainteté. Nous les étudierons successivement en insistant sur celles qui ont le plus d'importance.

NMI

Explication de cette épître

Première instruction : YUnité fondamentale du christianisme (chap. i-iv).

I. Exposition. — Nous avons déjà dit que des dissensions de partis s'étaient élevées dans l'église de Gorinthe au sujet de divers prédicateurs qui avaient passé par là. Ce n'étaient encore que des questions de personnes, mais facilement elles seraient devenues questions de doctrines. Saint Paul entreprit donc de détruire ces germes de schisme, en montrant que le christianisme repose sur un seul fondement, Jésus - Christ, unique principe du baptême et de la grâce, unique objet aussi de l'enseignement chrétien. Voici comment il procède.

1° Dieu a résumé la doctrine du Christianisme et la prédication apostolique dans le mystère de Jésus - Chrit crucifié, afm de manifester avec plus d'éclat la divinité de la religion. Saint Paul prouve cette assertion : a) par les Écritures, qui ont prédit cet ordre divin; — b) par l'état de perversité où est tombée la raison humaine livrée à ses propres pensées ; — c) par la raison divine de la gloire que Dieu a voulu se procurer en obtenant le succès avec des moyens aussi faibles (chap. 1, 18-31).

2° Après avoir établi son principe, saint Paul en fait l'application à son ministère. II y a deux degrés dans la connaissance et l'enseignement des vérités divines : a) l'un est simple, commun, à portée du grand nombre, et convient à la prédication publique ; — b) L'autre est plus relevé, il comporte une connaissance plus approfondie des mystères, que l'on propose, dans des entretiens privés, aux âmes plus avancées

dans les voies de Dieu K — c) Mais l'une et l'autre science n'est acquise que par révélation divine (ch. ii).

3° En conséquence de ces considérations, l'Apôtre déclare que le prédicateur apostolique n'est que le ministre de Dieu. — a) Quel que soit son talent, de Dieu seul procède le succès de son ministère. — b) Quel que soit le sujet de son enseignement, il doit être appuyé sur jl'unique fondement, Jésus-Christ. Les résultats montreront quel est celui qui aura mieux travaillé. — c) Une seule chose doit donc être examinée chez le ministre de Dieu, sa fidélité; mais il n'est point soumis aux critiques des hommes. Ces pansées sont exposées dans les chapitres m et iv, et saint Paul y ajoute des réflexions sur la condition du ministère apostolique.

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