N°II
Jésus-Christ apôtre de la Loi nouvelle (m, iv).
I. Exposition. — Le sujet de ces chapitres est la mission de Jésus-Christ législateur et chef du peuple de Dieu. Saint Paul le compare avec Moïse, démontre sa supériorité et conclut à l'obligation de suivre sa loi.
1 Cfr saint Léon, leç. du Brév. au dim, des Ram.; Bossuet, 2* Sermonpour le dim. des Ram., l'"" point; 2" Serm. pour le vendr. saint, i" point.
i° La comparaison de Jésus-Christ avec INIoïse a pour objet un seul trait, mais essentiel : Moïse n'a été dans la maison de Dieu qu'un serviteur ; Jésus-Christ a paru comme fils de famille, maître et créateur à qui Moïse même était subordonné (i, 1-6).
2° La conclusion est développée dans le reste de ce chapitre et dans tout le quatrième : Fidélité à Jésus- Christ et à ses enseignements. L'Apôtre l'expose par une citation du psaume 94 oii David exhorte son peuple à la ferveur dans le service de Dieu, et lui rappelle l'exemple de ses pères prévaricateurs dans le désert et exclus de la Terre promise. Saint Paul fait application de la même menace aux chrétiens. Quatre pensées résument son instruction : a) La condition des chrétiens est semblable à celle des Hébreux errants dans le désert. — b) Les quarante années de ce voyage figurent la vie présente, et la Terre promise figure le ciel, véritable lieu du repos de Dieu et fin suprême de la promesse. — c) 11 y a obligation de suivre Jésus-Christ et de mériter l'entrée dans le repos divin, comme les Hébreux durent obéir à Moïse pour entrer en Palestine. — c) L'infidélité des Hébreux envers Moïse et leur exclusion de la Terre promise figure la damnation des chrétiens infidèles.
IL Explications. — Chap. m. Deux versets présentent des difficultés.
y 14 Initium substantiœ ejus usque ad finem firmum retineamus. L'ensemble du raisonnement apostolique détermine le sens. Substantia : c'est la vie surnaturelle, qui comprend les biens éternels et la grâce pour y arriver, et dont Jésus-Christ est le principe. Initium : on peut entendre ce terme; de la première communication de la vie divine par la foi et le baptême (saint Thomas). De même que les Hébreux, en traversant la mer Rouge, entrèrent dans une nouvelle vie, et virent commencer la réalisation des promesses ; ainsi la régénération du chrétien est le principe de la vie éternelle à laquelle Dieu le destine. Firmum retinere :
c'est-à-dire persévérer en cet état, conserver invariablenaent le principe de vie spirituelle donné dans le baptême.
y. 16. Quidam audientes exacerbaverunt, sed non universi... Ce verset présente une difficulté philologique à laquelle se joint une difficulté de sens. Dans le grec il y a une interrogation : « Quinani audientes exacerbaverunt? « Nonne umversi? » Et il faut avouer que cette leçon est plus conforme au récit biblique, puisque deux hommes seulement furent introduits dans la Terre promise, sur six cent mille qui traversèrent la mer Rouge. Elle a été adoptée par saint Jean Chrysostome. Toutefois le sensdela Vulgatepeut être justifié, a) La condamnation prononcée par Dieu contre les murmurateurs ne concerna que les six cent mille hommes dénombrés à la sortie d'Egypte et qui comptaient au moins vingt ans : on peut donc exempter ceux qui n'avaient pas cet âge, — b) Disons la même chose des femmes, dont il n'est pas fait mention, et aussi des Lévites : or tout ce monde formait la partie la plus considérable du peuple ; saint Paul a donc pu dire que la majeure partie des Hébreux ne tomba pas dans l'infidélité ni sous le coup de la vengeance divine.
Chap. IV. — L'explication de ce chapitre a pour principaux objets les deux sentences : a Hodiè si vocem « ejus audieritis ; si introibunt in requiemmeam, » et elle consiste à fixer le vrai sens des termes hodiè, requies. Nous l'exposerons par les observations suivantes. l°Le but que saint Paul se propose est de déterminer ses lecteurs à suivre la loi de Jésus-Christ à l'exclusion de toute autre, et ses motifs sont : a) que la loi de Moïse est temporaire et locale, celle de Jésus-Christ au contraire est universelle et éternelle ; — b) que l'idée d'un repos et d'un bonheur autre et plus parfait que la possession de la Terre promise était connue des Juifs, puisque David en avait parlé.
2° Hodiè signifie le présent continu de la vie. C'est le sens que saint Paul lui attribue au chapitre précédent,
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f. 13. Donec hodiè cognominatur . La sentence prescrit donc de prêter chaque jour Vove,\\\e, à la voix de Dieu, et par conséquent à Jésus-Christ qui, est Dieu.
3° Requies. A l'idée de repos est unie celle de bonheur, et saint Paul veut montrer que David, dans son cantique, invitait les Hébreux à chercher le bonheur éternel. Il le prouve : à) par le terme dont le Psalmiste s'est servi : requies Dei (3, 5). C'est une allusion au repos du septième jour, qui marqua la fin delà création et la conservation de l'œuvre divine. Mais le repos de Dieu ne diffère pas de son éternité, et cette idée est indiquée dans la façon dont l'Écriture parle du septième jour, auquel elle n'assigne pas de soir ni de matin, le présentant comme une durée perpétuelle. — b) Par la condition de ceux à qui David adressait son exhortation (^. 6) : c'étaient d'autres hommes que les anciens Hébreux, et les descendants de ceux-ci, en possession certaine de la Terre promise. La promesse de partager le repos divin ne fut donc pas remplie par l'acquisition de cette terre, mais elle se rapportait à une autre félicité. — c) Par la différence des temps (7, 8). David a parlé de cette félicité à mériter, quatre cents ans après la conquête de la Palestine. Cette conquête n'était donc pas le terme des desseins de Dieu, mais ne pouvait que figurer une autre conquête et un autre bonheur. ,
En résumé, David, exhortant son peuple à la fidélité envers Dieu, lui a proposé l'espérance d'un repos divin à mériter : or ce repos promis par Dieu ne peutêtre la possession de la Terre sainte, puisque David parlait quatre siècles après l'entrée en cette terre, et présentait ce repos comme un bien futur; ce n'était pas non plus la célébration du septième jour, car cette institution datait de l'origine du peuple hébreu et même du monde. Il s'agissait donc d'un repos figuré par les deux autres, d'un repos donné par Jésus-Christ et éternel, la possession du repos même où Dieu se mit après la création. La fidélité à Jésus-Christ devait
être la condition de ce bonheur, de même que les Hébreux au désert durent [mériter l'entrée en la Terre promise par leur fidélité à Moïse.
4° Double conclusion : a) « relinquitur sabbatismus (9, 10).» Il y a encore un sabbat à célébrer, autre que celui du septième jour, un sabbat éternel qui suivra les six jours de la vie temporelle. — b) « Festinemus ergo... (( vivus estenim sermo Dei.n C'est une instance de l'exhortation. La fidélité doit être entière, de tout cœur, parce que Dieu voit tout et juge avec une exactitude parfaite et une justice rigoureuse. C'est ce que signifie la métaphore de la parole et du glaive, figure sous laquelle Jésus-Christ s'est représenté dans l'Apocalypse (xix).
N° III Jésus- Christ Pontife de la Loi nouvelle (v-x) Deux sujets sont traités dans ces six chapitres : la réalité du sacerdoce en Jésus-Christ; sa supériorité absolue.
Réalité du sacerdoce en Jésus-Christ v, vi)
ï. Exposition du sujet. — 1° Saint Paul propose d'abord les conditions requises pour l'existence du sacerdoce. Ce sont : a) la réalité de la nature humaine, parce que le sacerdoce est un trait d'union entre Dieu et les hommes; — b) l'obligation du sacrifice, parce que le sacerdoce a pour fin l'expiation du péché; — c) la compassion pour les hommes égarés, parce qu'il s'agit de les réhabiliter ; — d)la. vocation divine, parce que l'œuvre du sacerdoce est essentiellement surnaturelle (1-4).
2° Il montre ensuite que Jésus-Christ réunit toutes ces conditions (3-10). La réalité de sa nature humaine est prouvée déjà; on établit les autres : o) Sa vocation est démontrée par les deux témoignages prophétiques, dont l'un annonce la filiation divine de Jésus- Chist (y. 3), et l'autre le déclare prêtre selon l'ordre
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de Melchisédech {f. 6). Le rapprochement de ces deux sentences prouve qu'il s'agit de la même personne, et que Dieu, en envoyant son Fils dans le monde, lui a confié le sacerdoce comme objet spécial de sa mission. — b) Les deux autres conditions, à savoir : le sacrifice et la compassion pour les hommes, ont également été remplies par Jésus-Christ, par la prière, la souffrance et le salut donné aux hommes (7-10).
3° L'Apôtre suspend ici sa démonstration pour développer une conclusion pratique qui comprend la fin de ce chapitre cinquième et tout le sixième, et a pour but de préparer ses lecteurs à recevoir sa doctrine. Son exhortation porte sur les deux sentiments de la crainte et la confiance (vi). — a) La crainte qu'il cherche à exciter est celle de l'apostasie, qui précipite dans un malheur pire en quelque sorte que l'infidélité, soit à raison de la difficulté de la pénitence, soit à cause de l'endurcissement produit par l'ingratitude (1-8). — b) La confiance qu'il veut inspirer aura pour effet la ferveur au service de Dieu, et elle a pour motifs la justice divine qui récompense toutes les bonnes œuvres et la fidélité de Dieu aux promesses que luimême a données sous serment au patriarche Abraham (9-20).
II. Explications.— Chap. v. Ce chapitre ne présente pas de grave difficulté. C'est le résumé de la doctrine théologique sur le sacerdoce. 1» Sa nécessité, fondée sur deux raisons : l'obligation du culte extérieur envers Dieu, l'impossibilité où sont les hommes d'en exercer tous les actes : apro hominibus in iis quœ sunt ad Deum.» Il est nécessaire qu'un homme soit député pour exercer ce ministère au nom des autres. — 2° Ses fonctions : « offense, condolere, » nous les avons mentionnées plus haut. — 3o Son principe. Dieu, qui peut seul établir une relation exacte entpe les droits de sa divinité et les hommages des hommes, et doit, par conséquent, choisir les ministres de son culte. — 4" Son efficacité (7, 8) : elle résulte du choix de Dieu et du caractère
sacerdotal, qui donne à la prière un certain droit à être exaucée. — 5° Ses fruits : a) pour le prêtre, c'est la consommation, c'est la plénitude de la perfection qui le rend tout à fait agréable ; — b) pour les hommes, c'est la puissance féconde, proportionnée à la dignité du Pontife, et qui a pour efï'et la communication de la vie, et, partant, du salut {f. 9).
Chap. VI. — Les premiers versets (1-6) de ce chapitre ont beaucoup exercé la sagacité des commentateurs. Nous proposerons les explications qui paraissent être les plus claires.
f. 1-3. — Nous voyons résumé en ces versets l'enseignement catéchistique par lequel les nouveaux convertis étaient préparés à la réception des sacrements. — Que signifie la doctrine des baptêmes ? — R. — a) Selon quelques interprètes, se serait une allusion aux trois manières de conférer ce sacrement : immersion, effusion, aspei'sion (saint Thomas). — b) D'autres, et leur explication parait plus littérale, voient une allusion aux ablutions judaïques et principalement au baptême de saint Jean, dont les Apôtres montraient la différence, essentielle avec le baptême de Jésus- Christ.
^. 4, 5. Illuminati sunt, gustavei^unt donum cœleste, participes Spirilûs sancti... honum Dei verbum, virtutes sœculi venturi... C'est la plénitude des faveurs spirituelles. Le baptême est désigné par l'illumination, nom qu'on lui donnait dans l'Église primitive ; le corps de Jésus-Christ est appelé le don céleste ; « bonmn Deiverbum, virtutes sœculi venturin ,Y^e.\xvQni être entendus des promesses éternelles et des merveilles que Dieu opérera en ses élus.
. 6. Impossibile est eos qui prolapsi sunt rursksrenovari ad pœniteniiam, rursum cruci/igentes sibimetipsis Filium Dei, et ostentui habentes.
!« « Prolapsi sunt. » Les Pères ont entendu ce mot de tout péché grave qui détruit la grâce sanctifiante. Nous pensons toutefois, vu le but de l'épître et l'en-
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semble des considérations précédentes, qu'il est surtout question de l'apostasie, crime inexcusable après tant de faveurs.
2° « Jmpossibile est rursùs renovari ad pœnitentiam. » a) Le sens de cette proposition est déterminé par le verset i : « Rurskm jacientes fundamentum pœnitentise u ab operibus mortuis et fidei... » Ce fondement de la pénitence est le baptême, oh le chrétien renonce au péché, et qui renouvelle entièrement l'âme, la purifiant de toute souillure et l'affranchissant de toute dette. Et comme saint Paul veut détourner les Hébreux de l'apostasie, qui serait le renoncement au baptême et les replacerait dans les dispositions morales où ils étaient auparavant, il déclare qu'il n'y a plus possibilité de réitérer une telle grâce, ni d'en recouvrer la plénitude première. — b) Ajoutons que cela convient également à toute autre faute qui détruit l'innocence baptismale sans être une apostasie.
3° (( Rurshn a^ncifig entes », etc. a) C'est la raison de cette impossibilité : comme la grâce du baptême consiste en une application complète et absolue des mérites de Jésus-Christ, pour la recevoir une seconde fois il faudrait que Jésus-Christ fût de nouveau crucifié ; mais c'est chose impossible : Jésus-Christ n'étant mort qu'une fois pour chaque homme, une fois seulement la plénitude de ses mérites est absolument attribuée. En outre, le péché d'apostasie serait un consentement au déicide des Juifs, pour qui Jésus-Christ est un crucifié, objet d'horreur. — b) Plus communément on dit que la rechute dans le péché renouvelle le crucifiement de Jésus-Christ, c'est-à-dire, qu'elle annule les efl'ets de la rédemption dans le coupable, détruit en lui la vie de Jésus-Christ et l'action de sa grâce, rend de nouveau nécessaire sa passion et sa mort.
4° Pour être complet, nous devons signaler une autre explication de ce verset : L'impossibilité du renouvellement doit être entendue moralement, au sens d'une grande difficulté de conversion, laquelle arrive
rarement, bien que chaque coupable en ait les moyens. Cette interprétation est motivée par deux raisons :
a) Le contexte des versets 7 et 8. L'impossibilité du renouvellement est expliquée par l'endurcissement du cœur. Or l'endurcissement est un grave obstacle au renouvellement par la pénitence, mais non un empêchement absolu. Il y a surtout ces mots : « maledicto « proxima,n qui atténuent la rigueur de la sentence, car ils signifient que tout n'est pas absolument perdu. —
b) Ce sens s'harmonise assez bien avec l'intention de l'Apôtre, qui est de détourner de l'apostasie par la crainte de la réprobation. Or l'impossibilité de réitérer la grâce du baptême n'expose pas à ce péril, puisque la pénitence conduit à l'innocence par une voie lente et longue, mais efficace. Mais la difficulté de cette pénitence, son incertitude et l'endurcissement causé par l'abus des grâces constituentuogravesujet de craindre un tel malheur.
Supériorité du sacerdoce de Jésus-Christ (vir-x).
C'est la suite logique des considérations précédentes. Après avoir montré que Jésus-Christ a réellement le caractère sacerdotal et conclu à la nécessité de se confier en lui et d'embrasser son culte, saint Paul est amené à démontrer que ce sacerdoce est absolument supérieur à tout autre, afin de compléter sa thèse. Il propose sa démonstration sur trois chefs : supériorité quant à Vinstùution, quant à la fin^ quant à Vefficacilé.
Premier point : Institution du sacerdoce de Jésus - Christ (viij.
I. Exposition. — La vérité à prouver est celle-ci : Le sacerdoce de Jésus-Christ n'a pas la même origine que celui d'Aaron, ni par conséquent la même nature. Saint Paul la démontre en établissant que ce sacer-
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doce a été institué par prophétie longtemps avant celui d'Aaron, et que les ancêtres de celui-ci en ont reconnu la vertu.
lo II part de ce principe révélé au psaume 109, que le Messie devait être prêtre selon l'ordre de Melchisédech, et rappelle le fait mémorable oii ce personnage a paru dans l'exercice de son sacerdoce. Ce fait prouve qu'Abraham eut connaissance de cette institution ; en outre, David l'a célébrée au temps oii florissait le sacerdoce lévitique. Deux traits relèvent la grandeur morale de Melchisédech : a) sa dignité personnelle. 11 est roi et pontife ; l'Écriture, contrairement à sa coutume, ne mentionne pas son origine, ni sa fin, ni sa généalogie, et cela par une intention formelle, afin de l'assimiler au Fils de Dieu et de lui attribuer les caractères de l'éternité. — b) Les actes de son sacerdoce. Il reçoit la dîme et bénit Abraham en qui toutes les nations seront bénies, et celui-ci, prêtre aussi, comme tous les chefs des familles patriarcales, ancêtre d'Aaron, aïeul du Messie, s'incline devant Melchisédech (1-10).
2° Application de la figure à Jésus-Christ (10-H). Principe: Le changement de sacerdoce exige l'abrogation de la loi cérémonielle, ces deux choses subsistant l'une pour l'autre. Or il est certain que Dieu a transféré le sacerdoce en le donnant à Jésus-Christ. Il y a trois preuves de ce changement : a) La diversité des tribus auxquelles appartiennent les prêtres de l'ancienne loi et celui de la nouvelle ; Jésus-Christ est de la tribu de Juda, et cette diversité crée une incompatibilité entre les deux ordres (13-15). — b) La diversité des principes qui régissent chaque ordre : l'ancien est soumis à la succession temporelle ; le nouveau est immuable (16, 17). — c) La diversité des effets opérés par l'un et l'autre sacerdoce. L'ancien était essentiellement imparfait; le nouveau possède la perfection absolue (18-19). Cette considération sera reprise et développée plus loin.
3" Pour achever sa démonstration, saint Paul ajoute trois circonstances qui confirment l'institution du sacerdoce de Jésus-Christ à perpétuité. Ce sont : a) le serment divin qui est intervenu; — b) l'unité de ce sacerdoce concentré tout entier en la personne de Jésus-Christ qui vit éternellement; — c) la sainteté indéfectible de ce Pontife (20-28). Trois choses qui, en rendant impérissables la dignité ainsi que le pouvoir, rendent pareillement son exercice perpétuel.
II. Explications. — Ce chapitre présente peu de difficultés ; nous ferons seulement quelques observations.
1° « Sine pâtre y sine matre, sine genealogiâ, assimilatus a Filio Dei{f. 3). » a) Saint Paul, par cette observation, donne à entendre que l'Écriture a tu à dessein, et contrairement à sa coutume, la généalogie de Melchisédech, son origine aussi bien que sa descendance, afin démontrer que le sacerdoce de ce personnage n'était pas semblable à celui des patriarches, chez qui l'usage en attribuait les droits et l'exercice au chef de la famille. Moins encore ressemblait-il à celui de la famille lévitique, où la transmission se faisait par héritage. Mais il avait été institué par Dieu même, Sace7'dos Dei altissimi, et de cette sorte figurait sensiblement celui de Jésus-Christ. — b) Aussi la ressemblance estelle parfaite à tout point de vue. Jésus-Christ, comme Melchisédech, possède la suprême puissance en sa double forme de royauté et de sacerdoce ; il n'a point de père en sa génération temporelle, point de mère en sa génération éternelle, et par conséquent sa dignité royale et sacerdotale n'a point d'origine humaine; de même il ne la transmettra point à d'autres par voie de succession, puisqu'il n'a point de descendance, mais il la gardera perpétuellement et dans sa plénitude. Toutefois remarquons une différence importante entre la figure et la réalité : Melchisédech était un pur homme, et c'est seulement par le silence de l'Écriture qu'il apparaît avec les caractères de