‹ Cours élémentaire d'Écriture SainteChapitre 64 sur 89 · III · texte numérisé non relu

III

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l'Éternité ; Jésus-Christ au contraire est Dieu éternel en sa personne.

2° « Contestatur quoniam tu es sacerdos secundhm ordi- « nem Melchisedech (y. 17). «Dans les chapitres suivants, saint Paul enseignera que l'excellence du sacerdoce est étroitement liée à la réalité ainsi qu'à la valeur du sacrifice. Lors donc qu'il prouve par l'Écriture que le sacerdoce de Jésus-Christ est semblable à celui de Melchisedech, il enseigne aussi que son sacrifice doit avoir la même ressemblance, et différer essentiellement des sacrifices lévitiques. Il résulte de là : a) que Melchisedech a offert un véritable sacrifice du pain et du vin. Ces deux substances étaient d'ailleurs une partie essentielle des sacrifices chez les anciens ; — b) que Jésus-Christ, en consacrant le pain et le vin, a offert aussi un véritable sacrifice ; — c) que la messe, ovtlà même consécration se renouvelle, est également un sacrifice.

3° « Jésus sponsor testamenti (^. 22). » Jésus -Christ n'a pas seulement fait l'office de médiateur, mais il s'est donné lui-même en caution de la nouvelle alliance : a) Caution des hommes envers Dieu, il a promis à Dieu fidélité en leur nom, et a garanti la promesse par sa mort. ~ b) Caution de Dieu envers les hommes, il leur a promis la miséricorde au nom de Dieu et a scellé la promesse de son sang. — c) Et comme en tout cela il a traité librement et avec les droits que lui conférait sa personne divine, sa volonté a obtenu plein effet et l'alliance contractée est d'une nature excellente qui abolit toutes les alliances antérieures.

4" « Semper vivens ad interpellandurn... » En quoi consiste cette intercession de Jésus-Christ? Quelques mots, dits plus loin, nous l'expliquent : « ut appareat vultui Dei pro nobis. n Jésus-Christ est constamment devant Dieu avec la plénitude de ses mérites ; il en fait part à tous ceux qui recourent à sa médiation, et comme son autorité est souveraine, ainsi que sa liberté, ceux-ci en reçoivent infailliblement les fruits.

Deuxième point : Fin du sacerdoce de Jésus-Christ (viii).

Ex*position. Saint Paul résume son enseignement sur le sacerdoce de Jésus-Christ. 1° Le ciel en est la fin dernière et le lieu principal de son exercice ; Jésus-Christ y réside comme dans le tabernacle véritable et divin dont celui des Hébreux n'était que la figure, et il prouve cette assertion par deux raisons : a) Si le sacerdoce de Jésus-Christ avait à s'exercer sur la terre et sur des choses terrestres, il serait inutile, puisqu'il y avait déjà le sacerdoce lévitique ; — b) Dieu avait révélé à Moïse le caractère figuratif et transitoire du tabernacle lévitique lorsqu'il lui en avait décrit la forme (1-6).

2° Le sacerdoce de Jésus-Christ a été institué pour sanctionner et conserver une alliance nouvelle, spirituelle et céleste qui consistera essentiellement dans le pardon des péchés et la purification des cœurs. Cette vérité est prouvée par un témoignage du prophète Jérémie qui avait expressément annoncé une telle alliance, très difi'érente de celle dont Moïse fut le médiateur. D'oîi l'Apôtre conclut à l'abrogation de celle-ci (6-13).

Le même oracle avait été proféré par Ézéchiel (xi, 19; xxxvi, 26). Isaïe avait également annoncé pour les temps du Messie une connaissance de Dieu plus parfaite, apportée par Dieu même et communiquée par l'Esprit- Saint.

Ainsi les Écritures s'accordent toutes à enseigner la doctrine apostolique.

Troisième point : Efficacité du sacerdoce de Jésus-Christ

(IX, x).

Après avoir démontré la réalité du sacerdoce en Jésus-Christ, dit quel en est le caractère, quelle en est aussi l'origine, et la fin, saint Paul parle de son exercice, c'est-à-dire du sacrifice, qui résume tout le culte, et enseigne comment ce sacrifice, par lui-même,

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par sa vertu propre, obtient sa fin infailliblement et sans restricUon.

Nous rangeons ces deux chapitres sous quatre pensées principales : a) Comment Jésus-Christ par l'exercice de son sacerdoce a conquis le ciel. — b) Comment il a formé l'alliance nouvelle et éternelle. — c) Quelle est la raison capitale de cette efficacité. — d) Conclusion pratique.

I. Comment Jésus -Christ par son sacerdoce a t- il conquis le ciel (ix, 1-14)? — C'est encore par comparaison avec le sacerdoce lévitique que l'Apôtre expose sa doctrine et prouve la supériorité du sacerdoce de Jésus-Christ.

1° Résumé. Jésus-Christ a conquis le ciel en y entrant une fois pour n'en jamais sortir, mais y offrir perpétuellement son sacrifice.

a) Ce mystère était figuré par une cérémonie remarquable du culte mosaïque. Au jour de la grande Expiation le grand prêtre entrait dans la partie la plus reculée du Tabernacle, le Saint des saints. Selon la pensée de saint Paul, la réitération annuelle de cette cérémonie prouvait l'impuissance du culte mosaïque à conduire les hommes à leur fin, et son caractère tout figuratif. Car le grand prêtre n'avait permission d'entrer dans le Saint des saints qu'une fois par an; il y entrait seul, à l'exclusion de tout autre, pour un instant très court, et devait y porter le sang d'un animal. C'est qu'il était pécheur et que l'expiation offerte par lui demeurait incomplète.

b) Jésus-Christ est entré une fois seulement dans le ciel, mais dès cette première entrée il est allé au plus haut point et n'en sortira plus ; en outre il a donné aux hommes la faculté d'y entrer à sa suite. La raison de cette puissance est sa sainteté personnelle et la vertu de son sacrifice, car il est entré au ciel avec son propre sang, qui a mérité la même grâce pour tous les hommes, auxquels il communique le même pouvoir en leur donnant la sainteté.

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2° Explication de la figure. Le raisonnement de saint Paul repose tout entier sur le symbolisme du Tabernacle, dont il donne la description détaillée. Ce tabernacle, avec ses deux compartiments et les objets qu'il contenait, figurait l'Église, a) Le premier compartiment figurait l'Église de la terre ou militante. Là se trouvaient les pains de proposition et le chandelier à sept branches, figures des deux choses que Dieu a données à l'Église : les lumières de la foi, imparfaites sans doute, mais suffisantes; la table eucharistique oîi s'alimente sa vie. Un second voile séparait ce compartiment du second, pour figurer l'état de la vie présente, où les mystères ne sont connus et célébrés que sous des signes symboliques.

b) Derrière ce second voile, dans le Saint des saints, il y avait l'Arche d'alliance avec la manne et les Tables de la loi. Cette partie représentait le ciel où Jésus- Christ a porté son Humanité, la véritable Arche d'al liance, où la foi reçoit son entier accomplissement en sa Personne, où il se montre à découvert et fait part à tous les hommes de sa vie.

c) Entre les deux compartiments, à l'entrée du Saint des saints, était placé l'autel des parfums, appelé par l'Apôtre Encensoir d'or, où l'on entretenait le feu perpétuel où matin et soir les prêtres brûlaient de l'encens. Il symbolisait la prière, le sacrifice mystérieux, spirituel et perpétuel qui glorifie Dieu et sanctifie les hommes.

IL Comment Jésus-Christ a-t-il formé ralliance nouvelle et éternelle (ix, 15-28)? — Celte pensée est intimement liée à la précédente. Jésus-Christ a donné aux hommes la faculté d'entrer au ciel; il a rendu la vie surnaturelle à leurs âmes ; par conséquent, des relations nouvelles d'amitié sont établies entre eux et Dieu.

1° Jésus-Christ a confirmé cette alliance par sa mort, l'a rendue irrévocable, de même que le testament dans les affaires humaines. Jésus-Christ, vivant de la

vie ressuscitée, n'a pas révoqué la dernière volonté formulée durant sa vie mortelle, parce que sa mort survenue ensuite a fixé immuablement la résolution.

2° L'alliance a été cimentée par le sang de Jésus- Christ, comme autrefois l'alliance de Dieu avec les Israélites. Saint Paul fait à ce sujet une observation remarquable qui démontre l'efficacité souveraine du sacrifice de Jésus-Christ et de son sang qui atteint jusqu'aux âmes pour les purifier : c'est que les sacrifices anciens étaient journaliers et multipliés, signe indubitable de leur imperfection et de leur impuissance à confirmer le pacte de l'alliance, puisque pour le conserver ils avaient besoin d'être renouvelés. Mais Jésus- Christ a tout consommé en une fois, par sa mort. Et la raison, c'est qu'on ne meurt qu'une fois, et la mort fixe le sort pour l'éternité; celle de Jésus-Christ a donc assuré l'alliance pour toujours, et à cause de cela sa valeur méritoire a été infinie.

III. Quelle est la raison capitale de cette efficacité (x, y 1-18)? — Saint Paul l'a déjà insinuée plus haut ; il l'expose ici.

1° Le sacerdoce ancien était incomplet, parce que son sacrifice était essentiellement imparfait , n'avait pour victimes que des êtres dénués de raison, incapables d'agir sur les âmes. La preuve de cette impuissance était la pluralité des rites, la multiplicité des hosties, la nécessité de réitérer les sacrifices. Aucun ne portait donc en lui-même une vertu sanctifiante.

2° Le sacerdoce de Jésus-Christ est parfait, parce qu'il a pour son sacrifice une Victime sainte, le Corps même de Jésus-Christ, une Victime douée d'intelligence qui s'est volontairement offerte, de sorte qu'il lui a suffi de s'offrir une fois pour toutes. L'assertion est prouvée par un témoignage prophétique du psaume 39.

3° Mais la raison dernière de cette efficacité souveraine est que le cœur même de l'homme est atteint par la vertu de ce sacrifice. A l'appui de cette vérité

vient la citation de Jérémie déjà mentionnée au chapitre VIII. Au témoignage du Prophète, le caractère de ïa nouvelle alliance sera essentiellement spirituel, il aura pour effet la destruction du péché : or le sacrifice de Jésus-Christ a suffi une fois pour produire ce merveilleux effet ; il n'est donc pas nécessaire de le réitérer en sa première manière par l'effusion du Sang divin; mais sa vertu s'étend à tous les temps, à tous les lieux, à tous les hommes.

IV. Conclusion pratique (x, 19-39). — Saint Paul termine cette belle démonstration par une exhortation semblable à celles que nous avons lues à propos des précédents sujets. Trois pensées la résument : a) constance inviolable dans le service de Jésus-Christ ; —

b) malheur qui menace les apostats : ils ne trouveront hors de Jésus-Christ aucun moyen de se sauver; —

c) souvenir de leur fermeté dans les persécutions antérieures, et de leur générosité, que Dieu ne laissera pas sans récompense. Cette pensée amène l'Apôtre à parler de la foi en Jésus-Christ, fondement de la vie chrétienne, et il en développera l'éloge dans la partie morale.

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