Scène première (viii
I. Observation. — Cette scène commence par la levée da septième sceau, suivie d'un silence dans le ciel. Nous avons rattaché le septième sceau à la troisième vision, parce que son ouverture ne manifeste aucun décret divin, mais donne en quelque sorte le signal des châtiments. C'est en effet à la suite de cette levée et après une demi-heure de silence que paraissent les anges armés de trompettes et prêts à sonner.
II. — Nous distinguons trois circonstances en cette même scène : 1° Un acte religieux, un sacrifie pacifique est célébré : la prière des saints monte vers Dieu avec la famée de l'encens, et c'est à la suite de cet acte, en considération de cette prière, que les châtiments divins commencent à être exécutés,
2" On entend le son de quatre trompettes qui se succèdent sans intervalle et amènent chacune un nouveau fléau. Ces fléaux [rdi])^e,ni directement les éléments et les êtres inanimés, sur la terre et dans les cieux; mais indirectement ils affligent les hommes, qui ont beaucoup à souffrir et périssent en grand nombre. Le premier fléau tombe sur les champs et les plantations; deux autres signalent des désastres maritimes et la corruption des eaux qui servent aux usages de la vie; le quatrième produit l'obscurcissement de la lumière. Mais il convient d'observer que ces maux sont restreints; la troisième partie des éléments est seule atteinte, afin de laisser place à d'autres malheurs plus complets.
3° Ces malheurs sont annoncés par trois malédictions qui se font entendre après la quatrième trompette, et se rapportent aux trois trompettes suivantes.
III. Questions — 1° Quel sens littéral ou symbolique peut-on attribuer à ces descriptions? — Les avis
sont partagés, selon les systèmes d'interprétation que l'on adopte. — a) Les anciens ontdonné des explications littérales, parce que rapportant l'accomplissement de l'Apocalypse à la fin du monde, ils y ont vu les fléaux qui alors désoleront la nature et la précipiteront vers sa ruine. — h) Chez les modernes, le sens symbolique est généralement préféré, du moins pour plusieurs circonstances : sous les images de la famine, de la tempête, de la peste etc., ils voient volontiers les troubles et les hérésies, les révolutions qui ont, en divers temps, changé l'ordre politique, à Rome et en Europe. Toutefois ils n'excluent pas de leurs interprétations les fléaux de l'ordre physique, qui ont eu leur influence sur les désolations sociales. Mais leurs explications, rapprochées du texte, si elles ne sont pas absolument forcées, demeurent faibles, incomplètes, et l'arbitraire y occupe une grande place.
2" Comment entendre l'obscurcissement partiel des astres? — Nous ne pensons pas que cela signifie rigoureusement que le tiers de leurs disques ait été éclipsé, ou que le tiers des étoiles ait disparu ; mais on peut dire que le temps où ils luisent fut diminué d'un tiers. 11 est d'ailleurs difficile de ne pas rapprocher cette description de celle qu'on lit en saint Matthieu, chapitre xxiv, à propos des derniers temps.