‹ Cours élémentaire d'Écriture SainteChapitre 86 sur 89 · Scène première : Symbolisme de Babylone (xvii · texte numérisé non relu

Scène première : Symbolisme de Babylone (xvii

I. Obsercation. — Nous avons dans ce chapitre une clef pour l'intelligence de la prophétie. Saint Jean apprend quel est le symbolisme de la bête et de la cité maudite. Dans l'article suivant, à propos des règles pour l'interprétation de l'Apocalypse, nous dirons quelle signification la tradition des Pères a donnée à ce symbole : nous nous contenterons ici de chercher le sens littéral des termes.

II. Exposition. — 1° La wesï'on. Elle a un double objet : a) Une femme parée magnifiquement, chargée aussi de crimes, ivre du sang des martyrs et qui porte sur son front le nom mystérieux de Babylone.

b) Une bêle de couleurécarlate, pleine de blasphèmes, munie de sept têtes et de dix cornes, et sur laquelle la femme se tient assise (1-6).

2° Le sens de la vision (7-18). — a) La Bêle : elle symbolise une puissance formidable; les sept tètes représentent sept montagnes et sept rois dont plusieurs ont déjà paru ; les dix cornes figurent également dix rois à venir. — b) Trois caractères particuliers distingueront ces dix rois futurs : ils auront un règne court; ils prêteront leur puissance à la bête et lutteront pour elle contre l'agneau, qui les vaincra ; ils auront la haine de la prostituée et la détuiront par leur armes. — c) La prostituée n'est que le symbole d'une grande cité dominatrice du monde -.

1 Cfr D. Calmet, Dict. de la Bible; Huré, Lict. de p'iilolog.

2 Quoique nous ne donnions aucune interprétation de ces symboles, nous jugeons néanmoins convenable de dire que la tradition des Pères a vu constamment en cette cité la ville de Rome; de même qu'en un des sept rois elle a vu Néron. Celte interprétation pourrait être un écho des explications orales que l'Apocalypse reçut à l'origine, peut-être de la bouche même de son auteur. Cfr Drach, in h. l.

APOCALYPSE DE SAINT JEAN 50 î

III. Explications. — Plusieurs versets de ce chapitre présentent des difficultés considérables; sans avoir la prétention de les éclaircir, nous en devons toutefois dire quelques mots.

1° y. 8. Bestia fuit et non est, et ascensura est de abysso.

à) Il y a là une allusion au chapitre xiii, où l'on a vu la bête sortir de la mer, frappée à mort en l'une de ses têtes et subitement guérie. C'est aussi une preuve que la bête n'est qu'un symbole et figure une série de personnages puissants et ennemis de Jésus-Christ, dont quelques-uns avaient déjà vécu au temps oii saint Jean eut sa vision, et d'autres devaient venir plus tard. Comme tous ces individus se ressemblaient par la même haine et la même violence, un seul être fictif a pu les représenter. Ce furent les Antéchrists, précurseurs de l'homme de péché.

2° V. JO. Quinque ceciderunt, unus est, et alius nondum venit.

Ce verset complète le verset 8. Il s'agit réellement de princes dont le sixième vivait au moment où saint Jean écrivait et dont le septième était à venir. Il ne paraît toutefois pas nécessaire que ces princes se soient succédé immédiatement, ni que le septième dût venir aussitôt après le sixième. Un intervalle de temps, même long, pouvait les séparer, sans que la liaison des choses en souffrît, car dans les vues prophétiques les événements sont unis non par leur enchaînement historique, mais par le lien surnaturel que Dieu établit entre eux.

3° y. 11. Bestia quœ erat et no7i est, et ipsa octava est^ et de septem est, et in interitum vadit. Le sens de cet obscur langage pourrait être ainsi proposé : a) Les sept rois symbolisés par les tètes n'auront exercé la puissance persécutrice que dans une mesure restreinte par Dieu, et à divers intervalles de temps. — bj Après eux surgira un huitième persécuteur, qui sera la bête même, parce qu'il aura la haine au suprême degré et qu'il en déploiera toute la violence. — c) Il possédera

le même empire antichrétien, sera à la tête du culte impie, mais pour sa ruine définitive.

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