Scène deuxième : Chute de Babylone (xviii, xix
Cette scène comprend deux tableaux : Celui de la ruine de Babylone; celui du triomphe des Saints.
Pj'emier tableau : Ruine de Babylone (xviii).
I. — Nous ne pouvons guère analyser cette description, qui est une sorte de chant élégiaque imité de ceux qu'Isaïe et Ézéchiel ont composé sur la ruine de Babylone et de Tyr. Le Prophète met en regard trois sujets qu'il oppose entre eux : a) les crimes de la cité maudite, dont la mesure a été comblée aux yeux de Dieu ; — b) ses richesses et son luxe, qui excitaient l'admiration de l'univers ; — c) la grandeur de son désastre, qui l'a fait passer, en un instant, du comble de la gloire à la dernière extrémité du dénuement. La peste, le deuil, la famine et le feu se sont unis pour la désoler en un jour; le silence et la mort succéderont au mouvement qui animait ses rues.
II. — La question se présente encore ici de savoir quel sens attribuer aux traits de ce tableau. Les réponses varient aussi, selon les systèmes d'interprétation adoptés par les commentateurs. Plus communément on est porté à prendre la description au sens métaphorique, qui se prête plus facilement aux applications. Toutefois l'on observera que si saint Jean a imité les chants funèbres de Jérémie et d'Ézéchiel, son style n'est pourtant point celui de la poésie, et ses expressions, par conséquent, peuvent être exactement prises selon la rigueur de la lettre. Presque toutes en effet sont en juste rapport avec la réalité des choses et avec ce que la Bible et l'histoire ont raconté de l'opulence et de la corruption de Ninive, de Tyr, de Babylone, de Rome, et aussi avec le spectacle que présentent plusieurs cités du monde moderne.