E. - IS
LA SOCIÉTI': FÉObALE
certaines autres dénominations qui sont également employées pour désigner les roturiers, par exemple les termes hommes de poeste [homines potestatis *) et hommes coutiimiers^ .
Les tailles seigneuriales, les corvées pesaient sur les roturiers comme sur les serfs ; mais, juridiquement, ce qui les distingue de ces derniers, c'est qu'ils n'étaient pas frappés des incapacités qui visent le serf, le formariage et la mainmorte : celles-ci peuvent être considérées comme caractéristiques de la condition servile*. Il faut ajouter que le roturier pouvait toujours se choisir librement un domicile, ce que ne pouvaient pas faire certains serfs. Il pouvait enfin librement acquérir des tenures roturières, qui, naturellement, étaient faites pour lui, tandis que souvent la coutume défendait au serf de posséder des terres autres que les tenures serviles.
1. Cela Vcut dire exactement les hommes d'un seigneur, les hommes d'une potesias. Voyez ci-dessus, p. 144.
2. Les coutumes dont il s'agit ici, ce sont les redevances, surtout las droits levés sur les personnes ou sur la vente des marchandises. En anglais, le mot custom a conservé ce sens ; la douane se dit custom house.
3. Registre criminel de Saint-Germain-des-Pr^ (a. 1272), dans Tanon op. ciL, p. 424 : « Et dist que pour ce que le Juif se pooit marier sans le congié du roi et donner ses bieas et à mort et à vie, qu'il a'étoit pa» de condition à serf quar serf ne puet teie chose feira. »