L'ÉGLISE CATHOLIQUE
On a vu précédemment* quelle était la condition juridique de rÉglise dans la société féodale : les principes essentiels sur lesquels elle reposait se maintinrent jusqu'à la Révolution, mais elle subit cependant de profondes altérations. Le pouvoir royal restauré, tout en conservant à l'Eglise ses privilèges traditionnels, réussit à supprimer ou à rendre inoffensifs ceux des droits acquis par elle, qui empiétaient sur les attributions essentielles de TEtat ; il parvint, d'autre part, à mettre sous son contrôle efficace l'ensemble du clergé français. Cela fut le résultat d'un travail non moins persévérant que celui dirigé contre la féodalité, et, ici encore, ce furent la plupart du temps des théories de droit, habilement maniées par les jurisconsultes, qui assurèrent la victoire à la royauté. Le droit romain y servit beaucoup, car si les empereurs chrétiens avaient doté TEglise de ses premiers privilèges légaux, ils Favaient en même temps surveillée et contenue. A partir du XVI* siècle, lorsque les études historiques furent remises en honneur, les jurisconsultes fi ançais purent aussi invoquer les témoignages nombreux qui attestaient l'action du pouvoir royal sur l'Eglise dans la monarchie mérovingienne et sous les premiers Carolingiens. Enlin, aux xvii* et xviii® siècles, la monarchie absolue, invoquant surtout la raison d'Élat et