LES SERFS
Dans la société féodale, le nombre des serfs était tvhs considérable ; dans lescampagnes, presque loutelapopulation agricole, dans les villes, presque toute la classe ouvrière, était de condition servile*. Si maintenant nous nous plaçons au xvi* siècle et que nous consultions les textes des coutumes officiellement rédigées à cette époque, nous constatons aisément que le servage est devenu un état exceptionnel. En effet, une dizaine seulement de ces coutumes lui consacrent des dispositions : les plus notables sont celles de Nivernais^ du duché de Bourgogne, de la Franche-Comté, de l'Auvergne, du Bourbonnais, de la Marche, de Vitry et de Troyes*. Celte grande transformation résulta de plusieurs causes :
1^ Beaucoup d'affranchissements avaient été accordés par des seigneurs laïques, soit par intérêt pécuniaire (lorsqu'ils les faisaient payer), soit pour le salut de leurs âmes, car TEglise considérait Faffranchissement comme une œuvre pie# Ce qui avait eu surtout une action efficace, c^étaient les affranchissements collectifs accordés à tous les habitants d'une ville, d'un bourg ou d^un village ; les chartes de villes, en particulier, avaient opéré cette œuvre de libération*.
2° La coutume amena de plein droit, dans bien des pays, le