Édition Dareste et Laboulaye, Paris
7. Voyez dans l'édition Dareste et Laboulaye, p. iO et suiv., Ténumeratlon et
j'agenceineut o.*^ divers éléments.
LA COUTUME ET LA LOI
née dans le dernier tiers duxiv® siècle par Jacques d'Ableiges, personnage notable, et qui fut^ en particulier, bailli de Saint- Denis et d'Évreux. M. Léopold Delisle, mis en éveil par certaines indications d'un manuscrit du xv« siècle, acheté en 1880 par la Bibliothèque nationale, a pu retrouver, dans un autre manuscrit de la Bibliothèque, le texte même arrêté par Jacques d'Ableiges et précédé d'une intéressante préface de ce dernier*. Il a également établi que Tauteur avait terminé son travail entre les années 1387 et 1389*.
B. — Recueils cT arrêts et de jugements
Les sentences et arr^êts sont la meilleure et la seule expression vraiment authentique d'une coutume non écrite ; mais, comme chacun d'eux contient une décision isolée snr un point particulier, il faut en avoir une collection relativement considérable pour être renseigné par là sur le droit de Tépoque et du pays auxquels ils se rapportent. Des collections de ce genre nous oat été transmises de deux façons distinctes :
1^ Les unes sont des collections d'arrêts notables^ compilées par des particuliers, par des jurisconsultes expérimentés. Les coutumiers anciens contiennent presque tous^ épars parmi leurs pages, un certain nombre de ces jugements ; quelquesuns en sont presque intégralement composés, comme le coutumier de Picardie cité plus haut*. Mais, aux xiv* et xv* siècles^ on trouve des recueils qui ne contiennent pas autre chose que des arrêts choisis, classés avec plus ou moins de méthode, et • généralement annotés ou commentés; d'ailleurs, ce n'est pas le texte même de la sentence, mais seulement sa substance et
1. L. Deliâle, U auteur du Grand coutumier de France^ dans les Mémoires de la Société de l'histoire de Paris, t. VHI, 1881, p. 140 et suiv.
2. Loc. cit.^ p. 151. Peut-être Tillustre savant va-t-il un peu loin, lorsqu'il écrit, p. 148 : « Cette préface (celle de Jacques d'A.) dissipe toutes les obscurités qui enveloppaient les origioes du Grand coutumier , Ce célèbre recueil a été, dès le principe^ composé de quatre livres; il est Toeuvre de Jacques d'Ableiges- » Jacques d'A. reconnaît Ini-même, dans sa préface {ibid.y p. 146;, qu'il a emprunté son œuvre à des traités antérieurs : « Je, qui pelitjment 8uys fondé pour estudier en graus livres ne en grans ou haultes sciennes, ay quis et serchie en plusieurs petits livres et petits traictiez, puis ça et puis la à ^^rant peine et en grant cure. »