‹ Cours élémentaire d'histoire du droit français a l'usage des étudiants de première année (volume 3)Chapitre 53 sur 573 · LES ÉTABLISSEMENTS DES BARI^ARES EN GAULE · texte numérisé non relu

LES ÉTABLISSEMENTS DES BARI^ARES EN GAULE

quant à l'érudition S il voulut établir que les nobles français étaient les successeurs directs des Francs qui avaient conquis la Gaule^ et que les Gallo-Rornains avaient tous été réduits en servage*. En sens opposé, Tabbé Dubos composa un ouvrag^e savant et critique*, oh il prétendait établir que les Gallo-Roumains avaient conservé, dans la conquête, leur condition et leurs droits antérieurs. Montesquieu, dans V Esprit des lois^^ chercha, en se plaçant exclusivement au point de vue de la science historique, à rétablir la vérité, et c'est un des savants qui ont le plus contribué à éclaircir ce point. Aujourd'hui, la question ne peut plus avoir qu'un intérêthistorique. Cependant^ elle nciet encore en présence deux écoles opposées : d'un côté, les romanistes^ qui, dans la formation des institutions propres aux royaumes barbares, attribuent la prépondérance à l'élément romain *; d'autre part, les germanistes^ qui y font jouer le premier rôle aux coutumes germaniques*. Pour élucider ce problème, il faut le décomposer et se demander si les Gallo-Romains ont perdu ou conservé leur liberté, leurs propriétés et la jouissance de leurs lois.

1"* Quant à laliberté, la réponse est facile. Dans les invasions^ comme dans toutes les guerres antiques, il fut fait un grand nombre de captifs de tout sexe et de tout âge, qui furent réduits en esclavage. Mais, en dehors de cette minorité sacrifiée et très faible, la masse des Gallo-Romains conserva sa liberté dans les royaumes barbares, et même, comme on le verra, elle obtint en principe l'égalité de droits avec les conquérants. En ce qui concerne la propriété, la question est obscure en partie; mais, cependant, on peut dégager un certain nombre de points certains.

2'' Les barbares envahissant Tempire voulaient incontestablement obtenir des terres : c'est ce qu'ils demandaient toujours à l'autorité romaine, quand ils se pressaient aux fron-

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