Ci-dessus, p
2. Du Tillet, Recueil des rois, p. 272 : « Eq la chambre des comptes y a ua registre bien ancieu auquel est contenu que le connestable de France est au dessus de tous autres qui sont ea l'ost (excepté le roi, s'il y est), soit ducs^ barons, comtes, chevaliers, escuyers, sodoyers, tant de cheval que de pied, de quelque estât qu'ils soient, et tous luy doivent obéir. » — Loyseau, Des offices, 1. IV, ch. II, n* 18 : « L'autre prérogative est que dans les armées il a le commaudement sur toutes personnes, mesme sur les princes du sang, comme il e?t contenu en ses lettres. »
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qu'en guerre, non en temps do paix. Cette reslriction, qui résultait de la nature des choses, lorsque l'armée royale n'était composée que des contingents temporaires, fournis par le service féodal, devint au contraire fort importante lorsque l'armée permanente eut été créée'.
Le chancelier n'était pas, au début, un bien grand personnage; sous les premiers Capétiens, la fonction était même partagée entre deux personnes. 11 y avait un chancelier en titre, l'archevêque de Reims d'ordinaire, dont la situation nétait guère qu'honorifique; mais le directeur réel ue la chancellerie était le chef des notaires chargés de dresser les diplômes contenant l'expression des volontés royales^ Son importance grandit sous Philippe-Auguste et Louis ViLl;il succéda aux attributions judiciaires exercées jadis par le grand sénéchal*. A partir du xiv' siècle, il dirige l'action juridique et politique du pouvoir royal ; il passe, sous la monarchie tempérée, au premier rang des grands ofliciers de la couronne. Arrivée à son complet développement, ladignitéde chancelier emportait trois prérogatives principales:
1° Le chancelier avait la garde et la disposition du sceau de France. Il en résulfiait que tous les actes de la volonté royale, qui, pour avoir force obligatoire, devaient être revêtus du sceau de France, passaient nécessairement par ses mains et étaient ainsi soumis à son contrôle*. Ce contrôle, sous la monarchie tempérée, n'était point de pure forme, mais souvent etfectif; on voyait parfois le chancelier refuser d'apposer le
1. Loyseau, Des offices, 1. IV, ch. n, w 19 : ■< Soq commandement D'est principalement qu'en la campagne, c'est-à-dire es armées et non sur les places, ni mesme sur les gouverneurs des provinces. »