Loyseau, Des offices, I. IV, cb. ii, u
3. Lebrel, De la souveraineté, 1. II, ch. iv, p. 48 : « Bien que nous aïons à présent en France plusieurs charges militaires érigées en titre d'office perpétuel, comme de connestable et de maréchaux de France, de colonels de cavalerie et d'infanterie, néanùioins il est certain que le roi, selon les occurrences qui se présentent, peut commettre à qui bon lui semble le commandement de ses armées, de quoi nous avons un exemple tout récent en la personne de monsieur le cardinal de Richelieu. »
4. Ces grands offices ne furent point atteints par la vénalité qui s'étendit à tînt d'autres. A la mort du titulaire, le roi choisissait effectivement le successeur. Cependant, indirectement, ils étaient parfois acquis à prix d'argent. Loyseau, Des offices, 1. lY, ch. n, n" 116 : « Ils ne sont point résignables, s'il ne plaist au roi, puisque Sa Majesté ne les vend point, mais c'est la vérité que la résignation que font les seigneurs de telle qualité n'est guère refusée, ce qui est cause que ces offices se vendent et trafiquent communément eutrc eux. n
OU de rachat. En 1627, disparutle connétable; en J 662, le colonel général de l'infanterie. Le grand amiral fut aussi supprimé sous Louis XllI; mais il fut rétabli en 1669, il est vrai, avec des prérogatives beaucoup moindres que celles dont il avait joui anciennement'. En définitive, sous la monarchie absolue, un seul d'entre eux conserva la qualité de ministre: ce fut le chancelier. Les ministres effectifs pour les autres services furent alors les fonctionnaires dont il reste à parler.
II. — Secrétaires d'État et officiers supérieurs des finances.
Les secrétaires d'Elat%les véritables ancêtres des ministres modernes, ont eu de très modestes origines. Ils sont sortis, en effet, du corps des notaires secrétaires du roi*. Ceux-ci, très anciens, composaient le personnel inférieur de la chancellerie: c'étaient des notaires attachés à la personne du roi pour donner l'authenticité aux actes qui contenaient l'expression de la volonté royale. Au xrv^ siècle, quelques-uns de ces secrétaires se détachent des autres sous le nom de clercs du secré (secret) : c'est l'époque oh §e constitue le conseil du roi, et ces clercs sont probablement ceux qui étaientchargés de tenir note de ses délibérations*. A la même époque, on voit que quelques-uns des notaires (de leur nombre sont sans doute les précédents) obtiennent le privilège exclusif designer les lettres de finance,
1. Piganiol de La Force, op. cil., I, p. 437. Voici les officiers de la couronne qu'énumère Piganiol de La Force, op. cit., t. I, p. 181 : « Le chancelier de France, le garde des sceaux lorsqu'il y en a un, le colonel général de la cavalerie française, les maréchaux de France, le grand-maître de l'artillerie, le grand amiral. » — Cf. p. 39o, 396.
2. Sur les secrétaires d'État, voyez l'ouvrage plus haut cité de M. de Luçay.
3. Un trait resta jusqu'au bout attestant cette origine. La régie se conserva que, pour être secrétaire d'État, il fallait nécessairement être pourvu d'une charge de notaire secrétaire du roi. Loysean, Des offices, i. IV, ch. n, n» 77, parle de « l'office ordinaire de secrétaire du roy, maison et couronne de France, dont il est nécessaire qu'ils soient pourveus eu titre pour estre capables d'avoir commission de secrétaire d'Estat ». — Piganiol de La Force, op. cit., p. 219, 220.
4. Du Tillet, Recueil des lois, p. 299 : « En février 1320 (Philippe le Long) ordonna pour avoir pleine connoissance des choses qui se feroient par devers son dit conseil, qu'un livre appelé journal fust fait auquel on escriroit continuellement ce qui auroit esté fait audit conseil... et à faire garder ledit livre députa maistre Pierre Barrière, son clerc et secrétaire. »
c'est-à-dire celles qui contenaient le don ou Tallribution par le roi d'une somme d'argent. Ces hommes, choisis par le roi ettout dévoués, sous le nom de secréiah'esdes/i7iances^])rennent une importance qui va croissant dans le cours du xiv* et du XV* siècle. Les règlements et édits du xv^ siècle déterminent leur nombre, qui va toujours en diminuant, et indiquent leurs principales fonctions, qui sont toujours d'assister aux conseils comme secrétâireset d'expédier les lettres definance*. Dans la seconde moitié du xv« siècle, et au début du xvi% sous les règnes de Charles VIII, Louis XII et François I", l'un d'eux, Florimond Robertet, devint en fait le confident de lavolonlé royale et le directeur du gouvernement. Par ses talents, ses longs services, il éleva au premier rang- la charg-e de secrétaire des finances, car il n'eut pas seulement un succès personnel et passager : il établit une tradition et forma des élèves, dont plusieurs membres de sa famille». Au milieu duxvi* siècle, en 1547, les secrétaires des finances furent réduits à quatre (ce sera le nombre normal des secrétaires d'Etat),et l'on voit que dès lors ils joignent à leur ancien titre un nouveau nom qui montre bien Timportance accrue de leurs fonctions, lesquelles s'étendent maintenant au gouvernement tout entier; ils sont appelés secrétaires des commandements du roi ^ Ce terme indiquait que c'étaient eux qui recevaient et transmettaient (et sans doute suggéraient souvent) les ordres directs de la volonté royale; instruments plus souples, ils s'interposaient entre le roi et les grands officiersde la couronne. Bientôt après, les secrétaires des commandements prirent la qualification de secrétaires d'Etat, qui exprimait leur véritable rôle et qui est