De Luçay, op. cet., p
2. Piganiol de La Force, op. cit. ,^. 217, indiquant la composition du couseil des déiiêches, dont il sera parlé plus loin, éoumère, parmi les membres qui le compoient, « les qu;itre secrétaires d'État et ceux qui sont reçus en survivance de leurs charges ».
3. Voir ce règl-ment dans Guyot, Traité des droits, fonctions, franchises, exemptions, préroqatires et privilèges annexés en France à chaque dignité, à chaque office et à chaque état, t. II, 2» partie, p. 216 : « Cbarj.'e lesilits secrétaire ; de faire ce qui e^t de leur devoir... chacun au département qui 1 ur sern, baillé par Sa Majesté; lequiil elle entend leur changer d'ao^ eu an, ou leur oouxinuer, selon ce qu'elle jugera le plus à propos pour le bien de son service. »
De Luçay, op. cil., p. 18.
(les affaires (Hrangères, en mn'tant dans le déparlemenl d'un autre secrétaire loute la correspondance avec l'étranger». Le règlement de 1589 avait ?.ussi créé des bureaux ministériels, d'ailleurs desplus modestes *. Tllsfurentles secrô' irns d'État sous la monarchie tempérée : juridiquement, l'insliliilion était arrivée dès lors à son complet développement, mais elle ne devait recevoir loute son importance politique que sous la monarchie absolue.
Cependant, sous celle-ci, l'importance de l'emploi fut tout d'abord voilée par la situation prépondérante que prenait l'un des secrétaires, Richelieu'' ou Mazarin, en qualité de premier ministre tout-puissant. Avec le gouvernement personnel de Louis XIV, elle apparut dans tout son jour, rien ne s'interposant plus entre chacun des secrétaires et le roi. Ils devinrent alors ces ministres que Saint-Simon a si énergiquement qualifiés,, « le monstre qui avait dévoré la noblesse, les toutpuissants ennemis des seigneurs, qu'ils avaient mis enpoudre sous leurs pieds ». Choisis parmi les hommes désignés par leur capacité professionnelle, mais sortis ordinairement de la roture ou de la petite noblesse, ils étaient les instruments naturels du pouvoir absolu, el leur avènement coïncidait avec l'abaissement politique de la haute noblesse. Aussi une réaction violente se déchaîna contre eux à la mort de Louis XIV. Le Régent, poussé par Saint-Simon*, voulut rendre aux représentants de la haute noblesse la direction des affaires. Une déclaration royale du 13 septembre 1715 créa six conseils, portés bientôt à sept, composés des plus grands seigneurs^ entre lesquels devaient être réparties toutes les affaires générales du royaume, pour être délibérées el rapportées ensuite au conseil de régence*. Les secrétaires d'Etat n'étaient point supprimés, mais ils n'avaient plus aucun pouvoir de décision
\. De Luçay, op. cil., p. oi-
2. Guyot, op. cit., II, 2^ partie, p. 219 : « Auront un commis et dix clercs et non davantage pour leur aider aux expéditions desdites chiarges. »