Piganiol de La Force, cp. cil., 1, p
•4. Voyez tout le récit de cette tentative dans les Mémoires de Sai7it-Simon, édit. Chéruel, t. XIIL
5. I?ambert, Anciennes lois, t. XXI, p. 36 : Déclaration portant établissement de plusieurs co?isei/s pour la direction des affaires du royaume. — Voyez aussi lîans le même volume, pp 49-78, une série d'ordonnances contenant la composition et le règlement des divers conseils.
propre : ils n'étaient que rapporteurs et secrétaires auprès des conseils. Mais cette tentative fut vaine. Elle échoua pour deux cause? principales : d'un côté, les nobles composant ces conseils se montrèrent peu capables et s'épuisèrent en rivalités et conflits d'attributions entre les divers conseils; d'autre part, les secrétaires d'Etat, qui seuls avaient l'expérience et la tradition, ne fournirent aucun secours à ceux qui les dépossédaient. En 1718, Fessai fut considéré comme inutile, et un arrêt du conseil de rég'ence supprima cette organisation* : on revint à la forme de gouvernement antérieure, qui dura jusqu'à la Révolution, c'est-à-dire que les secrétaires d'Etat reprirent leur ancienne position et toute leur puissance.
Au cours des xvn^ et xvni^ siècles, la détermination des départements ministériels entre les secrétaires tendit à se compléter; mais elle resta fort variable» et présenta jusqu'au bout une lacune importante. Il n'y eut, en réalité, que deux départements fixes : la guerre et les affaires étrangères; quant à la marine, aux colonies, au commerce, aux aiïaires du clergé et de la religion réformée, tantôt on les mit dans un département, tantôt ilans un autre, joignant parfois au ministère de la guerre quelques-uns de ces services^ Quant à l'administration intérieure, elle resta divisée entre les quatre secrétaires. Conformément à la tradition ancienne, chacun avait un certain nombre de provinces qui lui étaient assignées et avec lesquelles il correspondait. Enfin, toujours en vertu de la tradition, chacun d'eux expédiait exclusivement pendant trois mois les lettres de dons, bienfaits et bénéfices accordés par le roi*.
î. De Lncay, op. cit., p. 22'.
2. Guyot, op. cit., II, 2^ partie, p. 220 : -< Ils ont chacua leur départeiueut. Louis XIII les avait fixés par un règlement du 11 mars 1626; mais il a été fait depuis bien des changements. »
3. Comparez lê-s deux tableaux des départements donnés, l'un en 1118 par PiganioldeLa Force [op. cit., I, p. 220, 221), l'autre eu 1787 par Gu5'ot [op. cit.. U. 2'= partie, p. 220, 221).
'i. Piganiol de La Force, op. cit., I, p. 220, 221. — Sous le gouvernement personnel de Louis XVI, on trouve un ministère dit de la Maison du roi. Le ^■eclétaire d'État qui en était chargé (et le premier paraît avoir été .M. de .Malesherbe.s nommé en juillet 177oj, « avait dans son département la maison civile du roi, le clergé catholique, les protestants; il avait aussi, pour la plus vrande partie de la France, les municip:ilitcs et les dons, brevets et pensions jviles -> (Raudot, La France avant la Révolution ; son état voliliaiic et snrinl fin
Sous la mouarchie féodale et tempérée, la haute administration financière s'était eonstituée, comme les finances ellesmêmes, progressivement et ij^ag'mentairement, et, affectée d'une dualité originelle, elle ne put arriver pendant longtemps à un système harmonique. D'un côté, il y avait les produits du domaine, an début, les seuls revenus de la monarchie* : ils étaient administrés et perçus sous la haute direction des trésoriers de France, et le produit versé entre les mains d'un caissier central appelé le changeur du trésor. Les impositions, créées sous la monarchie tempérée, étaient administrées sous la haute direction des généraux des finances, et leur produit concentré dans les caisses des receveurs généraux». Les trésoriers de France, au nombre de quatre, et les généraux des finances, également quatre en nombre, quoique préposés chacun aune vaste circonscription régionale, appelée généralité, composaient, en outre, au xv^ siècle et au commencement du xvi% une sorte d'administration collective et centrale qui réglait le budget du royaume, dans la mesure où il existait un budget régulier'. Cette organisation, faite d'éléments hétérogènes soudés ensemble tant bien que mal, était manifestement peu satisfaisante : elle ne comprenait rien de semblable à >in ministère des finances.
Sous François P"^ et Henri lï, elle subit de profondes modi-
1887, 2" édit., p. 30). Donnant à cette mesure une grande importance, ou a voulu parfois y voir la création première d'un ministère de l'Intérieur. Mnis il y a là une grande esagéraliou. D'un côté, ce département continuait la confusion des services les plus divers; d'autre part, ce n'était point chose nouvelle qu'une semblable mesure ; voyez de Boislisle, Correspondance des contrôleurs généraux des finances avec les iiitendants des provinces, t. I, Avant-propos, p. 9 : « Dans les divers départements que Colbert avait possédés, et qui restèrent une dizaine d'années entre les mains de Seigneiay, celui de la Maison du roi était des plus considérables, puisqu'il comprenait, outre los services proprement dits du roi, l'administration des généralités de Paris, Limoges, Soissoos, Orléaiis, Poitiers et La Rochelle, la direction des affaires ecclésiastiques, les relations avec les cours souveraines, la police, etc. »