De Liiçay, op, cit., p. oo et suiv
2. Tous ces miuistres, d'ailleurs, n'avaient poiat eu réalité part à la directiou politique de l'État, au gouverueuient propremeut dit. Sous Louis XIV, Saiut-Simou ramenait à ciuq le nombre des personnes qui diri;,'';aient la France; et il y comprenait le confesseur du roi, qui n'était pas ministre (Pj'ojeis de gouvernement résolus par M. le duc de Bourgogne dauphin, attribués à Saint-Simon, Hachette, 186u, p. 85) : « Ces cinq sont k-s trois secrétaires d'État des affaires étrangères, delà guerre et de la marine, le contiôleiir gétiéral, le confesseur qui a la feuille des bénéfices. » Sous Louis XV, l^ marquis d'Argeusou ramène le gouvernement à deux hommes (Considér iliuis sur le gouvernement ancien et présent de la France, édit. 1764, p. 176) : « II n'y a proprem^at que ileux grands ministères en France, celui des aiiaires étrangères et celui desfinauces; à celui-ci sont réunis toute police générale, commerce, circulation d'argent, banque, et toute la fortune des particuliers. »
3. Il ne faut pas exagérer l'importance des divers conseils sous Louis XIV et sous Louis XV. Sauf le Conseil d'en haut oa des affaires étrangères, qui était vraiment un conseil de gouvernement, les autres n'intervenaient vraiment d'une façon sérieuse et utile qu'eu matière contentieiise, pour trancher un litige, ou pour faire des règlements {Projets de gouvernement résolus par le duc de Bourgogne, attribnés à Saiut-Simon, p. 85) : « Personne n'iguore que les quatre premiers (voyez la note précédente) soient souverainement et despotiquemeutles maîtres de leurs pi'odigieux départements, dont tout l'important, bien préparé par chacun d'eux et à sou point, ne se décide qu'en tête à-têtii du roi avec eux, et le reste, quel qu'il soit, et sur lequel ils ont bien prévenu le roi dans ce travail solitaire, se voit légèrement pour la forme de certaines choses au Conseil et y passe comme il a été résolu entre le roi et chacun d'eux. » — B'Argemon, Considérations, édit. 1764, p. 176 : « Les Gons iN ne sont encore qu'un pouvoir de nom ; il n'y passe que les plus chétifs objets de délibération. »