PREFACE DE LA PREMIERE EDITION VII
mande de juger les tableaux successifs que contient ce livre, en les prenant pour ce qu'ils sont, c'est-à-dire pour de simples moyennes. En histoire du droit on ne peut arriver à la vérité complète (en tant qu'elle est accessible) qu'en se restreignant dans l'espace et dans le temps et en descendant aux détails. Lorsqu'on présente des tableaux d'ensemble, embrassant tout un pays et toute une époque, on sacrifie nécessairement une part de vérité. Mon exposition ressemble nécessairement ici à ces cartes géographiques qui, sous un petit format, représentent un continent tout entier : forcément elles donnent aux pays des contours qui, dans le détail, ne correspondent pas à l'exacte réalité. Tout ce qu'on demande, c'est qu'elles soient exactes dans leurs grandes lignes, et qu'elles présentent fidèlement la physionomie générale*.
Luzarches, 17 am/ 1892.
1 . On trouvera dans ce livre d'assez nombreuses références aux ouvrages sur l'histoire du droit français ; mais ce que je signale au cours de l'exposition ce sont seulement les monographies spéciales, ou les études qui me paraissent particulièrement utiles pour le sujet traité. Je n'ai point cherché à fournir une bibliographie générale et complète. Je ne renvoie pas non plus, dans chaque chapitre, aux ouvrages généraux publiés sur l'histoire du droit français. Voici, une fois pour toutes, l'indication des plus importants : Glasson, Histoire des institutions et du droit de la France, 7 vol., 1887-1897; — Viollet, Précis sur V histoire du droit français, 1884-1886; 2^ édition 1893; Histoires des institutions politiques et administratives de la France, t. I, 1890; — J. Flach, Les origines de l'ancienne France, t. I, 1886; t. II, 1893; — Laferrière, Histoire du droit civil de Rome et du droit français, 6 vol., 1847-1858; — Warnkônig et Stein, Franzôsische Staats und Rechtsgeschichte, 3 vol. 1846; — Schaeffner, Geschichte der Rechtsverfassungs Frankreichs, 1859, Je signalerai enfin un excellent manuel élémentaire : Gasquet, Précis des institutions politiques et sociales de l'ancienne France, 1885.
PPiMCE 1)1 LA DEUIIiE IDIIION
Je suis profondément reconnaissant de l'accueil qui a été fait à ce livre.
L'Académie des sciences morales et politiques a bien \oulu l'associer à mon ouvrage sur le Mcuiage en droit canonique^ en me décernant leprixKœnigswarter en 1894.
Je puis dire que le public, le souverain juge, m'a également donné ses suffrages, car la première édition est déjà épuisée, et la nécessité s'impose d'en préparer une seconde.
Cette seconde édition est avant tout une réimpression; le plus souvent elle se borne à reproduire le texte primitif. Je n'ai point certes l'outrecuidance de penser que j'aie atteint, et du premier jet, la perfection; nul ne connaît mieux que moi ce qui manque à mon livre. Mais cette exposition, longtemps mûrie, a pris, je crois, la forme la moins imparfaite que je pouvais lui donner, celle qui répond le mieux à la nature de mon esprit et au cours de mes études. Ce que je devais faire, c'était m'efforcer à l'améliorer dans le détail. Le temps ne m'a point permis de faire cette revision impitoyable et minutieuse, aussi complète que je l'aurais désiré. Cependant j'ai retouché bien des passages, ajouté un assez grand nombre d'indications nouvelles, fait disparaître certaines incorrections e rectifié quelques erreurs. Le lecteur attentif pourra aisément constater cet efiort vers le mieux.
Paris, 7iovembre 1894,
Voici, en cinq ans, la troisième édition de ce livre. Le public lui continuant son bienveillant accueil, je devais poursuivre l'amélioration de mon œuvre, telle que je l'avais entreprise en préparant la seconde édition. C'est ce que j'ai tenté dans la mesure où le temps me l'a permis. On pourra constater encore que nombre de passages ont été retouchés, retondus, ou complétés surtout dans la troisième partie. Mais, en outre, cette troisième édition contient une addition, qui lui donne une supériorité marquée sur les éditions antérieures, et dont je puis parler d'autant plus librement que je n'en suis pas l'auteur. C'est une table alphabétique des matières, ample et détaillée, qu'a bien voulu dresser M. Georges Appert, Elle permettra aux travailleurs d'utiliser aisément et sûrement tous les renseignements, nombreux, je puis le dire, qui sont contenus dans le texte et dans les notes.
Luzarches^ l'a (septembre 1897.