Flammemaont, op. cit., p. 43, 4 î
ensemble de plusieurs bailliages et sénérbaussées constituant ce qu'on appellera pins tard une province. Il y avait alors une délibération commune, et l'adhésion à l'impôt royal était donnée pour toute la circonscriplion*. C'est de celte pratique que sortirent, comme on le verra plus loin, un certain nombre d'États provinciaux.
Enfin , le procédé le plus simple etle pins satisfaisant en même temps coûsista à demander l'aide aux États généraux, comme on Ta vu précédemment. Mais ce procédé, lorsqu'il eut été introduit, ne fit point disparaître les deux autres, qui furent encore employés de préférence selon les cas*. Il faut ajouter que les aides votées par les États généraux, au cours du xiv° siècle, ne furent pas simplement une application du principe que j'ai indiqué; les seigneurs ecclésiastiques et laïques ne se contentaient pas ordinairement de laisser le roi lever un impôt sur leurs sujets imposables, c'est-à-dire serfs ou roturiers ; le plus souvent, à celte époque, l'aide votée par les États généraux porta sur tous les sujets du royaume, c'est-à-dire même sur les nobles et les ecclésiastiques.
En mémo temps que les rois obtenaient ainsi des impôts extraordinaires, plus ou moins généraux, ils essayaient, dans certains cas, d'en élahVir d'autorité, sans vote ni adhésion préalable. Lorsque le roi, considéré comme seigneur, se trouva dans un des cas précis où, d'après la coutume, le seigneur pouvait exiger de ses vassaux l'aide féodale', il prétendit, au cours du xni^siècle, lever une impositionsurlessujctsdeses vassaux, au lieu de faire contribuer les vassaux eux-mêmes. Au fond, cela revenait à peu près au même, carie seigneur vassal qui payait l'aide à son propre seigneur avait coutume de la récupérer en leva. l, à celte occasion, sur ses sujets une taille au moins égale*; onévitaitmème u ucircuilinutile.Mais, en droit, c'était
1. Voyez des exemples : en 1319, les nobles rénnis eu Aurergne; en 1330, les États de Veruiandois et les États de Normandie; eu 1331, le bailliage d'Âmieus (Ord., 1, 692: III, 391 ; 11, 402, 439). — Thomas, Les Étals provinciaux t'? la France centrale sous Charles Vif.
2. La première aide fut demandée aux États généraux en 1314 (Flammermont, op. cit., p. 118).