Ci-dessus, p
l"lïat des personnes 679
recevoir qne relativement assez tard. Un règlpmetit d'TTenrilïI pour les tailles, en 1582, ne reconnaît encore que deux sortes de nobles, « ceux qui sont de maison et de race noble, ceux aussi dont les ancestres ont obtenu lettres d'anoblissement. Depuis, la maxime a esté introduite que les rois confèrent la noblesse, non seulement par lettres, qui est le moyen ordinaire et exprès, mais encore par un moyen tacite, c'est-àdire par les hauts offices de justice et par 'es services que le père et l'ayeul ont continué de rendre an public »*. Celte noblesse fut d'abord strictement piTsonnelîe, limitée à la per« sonne de l'officier qui avait tenu Temploi. Puis^ pour certaines charges, les plus élevées, elle devint héréditaire, transmise de pl'Mn droit par l'officier à ses descendants, à condition, dans certains cas, qu'il eût occupé la fonction pendant un temps déterminé. Dans les autres charges anoblissanles, elle resta personnelle; cependant, le principe se fit admettre que^, si la même dig-nité avait été successivement exercée dans la même famille pendant plusieurs générations, au troisième ou au second degré la noblesse devenait héréditaire '. On désignait souvent cette noblesse comme étant de rohp\ mais elle comprenait bien d'autres officiers que les magisîrits judiciaires. Le nombre de ceux qui en jouissaient était considérable; Xecker l'évaluait au delà de quatre mille en 1785', et la conséquence pratique était que toutes ces personnes étaient exemptes de la taille et d'un certain nombre d'autres impôts. La noblesse se perdait de deux façons : par suite d'une condamnation entraînant infamie, et par le fait de déroger, c'està-dire de mener un état de vie incompatible avec la qualité de noble. Les emplois qui entraînaient la dérogeance étaient fort nombreux ; c'étaient principalement les métiers manuels et les arts mécaniques, sauf la profession de verrier, le commerce, sauf le commerce maritime, fet eeriaines professions auxiliaires de la justice, comme celles de sergent et de procureur. C'était toutefois une question de savoir si alors la noblesse était perdue ou si elle sommeillait seulement pendant la dé-
!. De la Roque, op. cit., ch. xxxi, p. 122.