Brunner, Deutsche Rechtsgeschichte, I, p
3. Damiaui, De parentelae gradibus, dans Migne, Païrologie lat., t. CXLV, p. 191, 195, 203.
4. Il a été édité pour la première fois à Lyon en 1548 ; M. Bôcking en a publié une édition à Berlin en 1S29. M. Fitting estime cependant que le Brachylogus n'a été composé qu'après la renaissance Irnérienne; il croit pouvoir y relever les traces de l'enseignement d'Irnerius, Summa codicis des Irnerius, Berlin, 1894, Einleilung, n» 35, p. 85. Il considère au contraire comme antérieures les Pelri exceptiones.
3. On le trouve dans le tome It de l'Histoire du droit romain au moyen âge, de Savigny. Sur la provenance française du Brachylogus et du Petrus, voyez Tardif, Histoire des sources du droit français, origines romaines, p. 209 et suiv., 16 et suiv.
Dans la seconde phase, un centre se dégagea, d'où rayonna la science nouvelle. Au dessus de toutes les autres s'éleva l'école fondée dans le dernier tiers du xi® siècle à Bologne, en Italie. Bologne possédait à cette époque, et depuis longtemps, une de ces écoles à'artes libérales, dont il a été parlé plus haut, et, par un phénomène naturel, l'enseignement du droit romain se constitua à côté d'elle. En 1076^ un maître, nommé Pepo, y donnait cet enseignement, mais il ne put le fonder définitivement. Après une interruption, l'œuvre fut reprise par celui qui est resté célèbre sous le nom d'Irnerius*, le véritable fondateur de rÉcole de Bologne, qui commença à professer le droit vers 1088, et qui mourut après 1123. Il avait d'abord enseigné les arts libéraux ; il s'adonna ensuite à l'étude et à l'enseignement des lois romaines, sur l'invitation, dit une chronique, de la comtesse Mathikle de Toscane. Le nouveau maître eut un prodigieux succès et donna la forme et la direction à la science. Il laissa après lui des élèves qui eux-mêmes en formèrent d'autres, et l'école était fondée, d'où le droit romain rajeuni allait rayonner sur le monde, disciplinant les esprits et civilisant les peuples.
On voit l'inanité de la légende ancienne qui attribuait la renaissance du droit romain soit à une constitution de Lo- Ihaire II qui aurait remis les lois romaines en honneur*, soit à la découverte d'un manuscrit des Pandectes que les Pisans, en 1133, auraient rapporté du pillage d'Amalfi. La constitution de Lothaire est supposée, et, en 1133, Irnerius avait fait son œuvre et était mort; à cette époque, la renaissance du droit romain avait commencé certain -ment depuis près d'un siècle '. Mais cependant dans ces récits, comme dans toute légende, il y a une part de vérité. L'originalité d'Irnerius consista bien à remettre en lumière les lois romaines, restées jusque-là dans l'ombre, car le premier il en fit une science. D'autre part, quoique cela soit contesté, il semble bien que les Pandectes,
1. La forme véritable de son nom paraît avoir été Wernerius ou Guaraerius, peut-être encore Wiruerius.
2. Voyez, par exemple, Anne Robert, Rerum judicularum lib. Il, ch. i, p. 291 : « Ipsa qnidem juri? Romaui scientià per aliquot sœcula in tenebris j-cuit, quoad tandem Lothariiis Ccesar ejus nominis secundus, qui circa an-
um 1127 imperare cœpit, collapsa jiiris illius studia rursus erexit, suadente liierio seu Wernero jurisconsulto. »