Ci-dessus, p
4. Savigny, Geschichte, 2" édit., t. IV et V. — Sur l'école des glossateurs d'Iruerius à Aecurse, voyez aussi Landsberg, Die Glosse des Accursius, undihre Lehre von Eigenthum, Lidpzig, 1883, p. H-23.
5. Savigny, op. cil , IV, p. 243 et suiv. — Pierre de Tourloulon, Placentin, La vie et les œuvres, Paris, 1896.
6. Schulte, Geschichte der Quellen un4 Litteratur des canonischen Rechts, t. II, p. 130, note 1. -^ Pour les maîtres français dans cette période, voir Savigny, op. cit., IV, p. 440 e* suiv.
LA COUTUME ET LE DROIT r.OMAlN ,67
d'elle, en concentrant dans un livre tout ce qu'elle avait produit d'essentiel. Pour cela, il réunit, en les classant et en cherchant à les concilier lorsqu'elles étaient contraires, les principales gloses que les docteurs avaient accumulées depuis Irnerius par leur travail successif. Il composa ainsi une glose d'ensemble, ou Grande Glose, qui résuma le travail des généralions précédentes K La glose d'Accurse eut un immense succès ; elle représenta Tinterprétatioa définitive des lois romaines. Dans l'Ecole et au palais, elle acquit une autorité presque législative ; bientôt elle devint le complément obligé du texte à côté duquel on la reproduisait constamment ; ce fut la Glossa ordina7'ia ou. glose par excellence. Il arriva même que la glose masqua le texte, et cela eut un contre-coup fâcheux sur l'enseignement des écoles, qui perdit en partie son originalité première. Les professeurs, en effet, se donnèrent pour lâche d'expliquer non seulement le texte, mais encore la glose, et souvent c'est sur elle qu'ils firent porter leur principal effort. Cependant, l'activité des docleurs italiens prit bientôt une autre direction.
Les glossateurs avaient poursuivi un double but. Ils avaient cherché sincèrement à retrouver le sens exact des textes romains, sans y rien ajouter de leur propre fonds ; ils avaient tenté de faire passer dans la pratique, intégralement et telle quelle, la législation ainsi restaurée''. C'était là, d'ailleurs, pour la seconde partie du moins^ un résultat impossible à atteindre, et, pour la première parlie, la glose semblait avoir tout fait. Auwsi, à partir du xiv" siècle, la science entra-t-elle décidément dans une autre voie. Elle s'efforça de dégager des lois romaines, par une interprétation plus ou moins sincère ou forcée, des principes et des théories, fécondes en résultats et répondant aux besoins de la nraliqu?. Ce fut un travail de construction plus que d'interprétation véritable. En même temps, comme il ^'agissait de poser des principes et d'en dégager les conséquences,lesjurisconsultes s'approprièrent le mode de raisonne-
1. La glose des Novelles porte la date de 1220 •,Auth. coUaizo quiîila, lil. Il, praefat. v Indicationis : >' Si autemvelis illamiadictionemcolligere accipe annos Dotnini qui surit MGCXX. » — Sur la glose d'Accurse, voyez l'ouvrage de Landsb?rg cité ci-dessus, p. 23 et suiv.
2. Sur ce point, voyez Fitting, Quœsliones de juris sublilitate des Irnerius, Einleitung, p. 23 et suiv.
menl, qui s'était développé pour la théologie et la philosophie, c'est-à-dire la dialectique scolaslique '. Celle tendance nouvelle paraîts'être manifestée d'abord en Fiance^ et se rattacher àTenseignement que Jacques deRevig'ny(JacobusdtiRavanis)donna dans le dernier tiers du xni* siècle *. Mais elle eut son représentant le plus illustre dans la personne de l'Italien Bariole 3. Celui-ci, dont la vie fut courte (1314-1357) exerça une influence immense et atteignit à la gloire la plus complète. C'est de lui que procède, on peut le dire, toute la littérature postérieure du droit romain jusqu'à l'Ecole française du xvi^ siècle. Il avait été admirablement préparé à entrer dans la voie nouvelle, par les années qu'il consacra à la pratique judiciaire avant de commencer son enseignement*. Il ne fut point un inventeur, car son maître Cinus s'était inspiré de Jacques de Revigny et de ses élèves, et lui-même puisa largement à la même source ^ Mais il appliqua leur méthode avec une puissance et un génie supérieurs et en tira d'immenses richesses juridiques. L'œuvre qu'il a laissé abonde en théories ingénieuses et d'une grande portée, dont il est vraiment le créateur, et qui lrèssouventsontrestéesdanslascience*.L\jileurs, du xive au xvi<^ siècle, l'Italie produisit encore nombre de docteurs dont le renom fut universel, et qui, tous, sont en réalité des Barlolistes. Les principaux sont : Balde (Baldus), Paulus de Imola, Paulus de Castro, Bartholoniceus Cœpolla, Philippus Decius et Jason Mainus ou de Maino '.
■1. Gaillemer, L'enseignement du droit civil en France vers la fin du xm'^ siècle^ daus la Nouvelle Revue historique, 111,1818, p. 604; — Flaich,(Uij'as, Bartole et les Bartolisles, même Revue, 1883, p. 218 et suiv. ; — Rivier, ibid., 1888, p. 301.
2. Voyez les travaux cités à la uote précédeute : Rivier, p. 60; — Flach, p. 216. Sur les Lecturse de Jacques de Revigny, voyez M. d'Ablaiag, même Revue, 1888, p. 360.