Esmein, Le mariage en droit canonique, I, p. 10 et suiv
4. Schrôder, Deutsche Rechlsg., 2^ édit., p. 146; l'auteur pense même que la loi salique aurait été approuvée par cç^ concilium.
qu'on fait, dans un tel milieu, le sentiment populaire devait aisément trouver son expression. L'habitude de ces champs de mars paraît, d'ailleurs, s'être perdue en Neustrie, au cours du vil' siècle, tandis qu'elle se conservait en Austrasie; l'institution redevint rég-ulière avec les premiers Carolingiens sous le nom de champ de mai '. Mais des assemblées consultatives d'un autre genre, appel ées/?/<2cz^<2, apparaissent déjà sous les Mérovingiens, plus nombreuses et plus importantes sous les Carolingiens*. Ce n'est point une résurrection des vieilles libertés germaniques; ce sont des réunions d'hommes importants, ecclésiastiques et laïcs^ que le roi convoque pour prendre leurs conseils. Sous quelle influence cette institution s'est-ello établie? Il n'est pas probable que les assemblées provinciales de l'empire romain aient servi de modèle ; mais, au contraire, les synodes ou conciles de l'Eglise ont certainement servi d'exemple, peut-être même de point d'attache^ Il paraît également certain que, tant que se conserva la coutume du champ de mars, la réunion du placilwn coïncidait avec une de ces revues*. D'ailleurs, ces assemblées ont eu pour cause et raison d'être principale le besoin de coordonner l'administration d'un vaste royaume. Ce qui le montre bien, c'est leur composition. Sous les Carolingiens, tout au moins, elles sont composées de membres pour qui siéger et délibérer n'est pas un droit, mais un devoir : ils sont convoqués par le roi et tenus de venir l'assister de leurs conseils. Ce sont, à proprement parler, des réunions de fonctionnaires. Elles sont, en etîet, essentiellement composées, d'un côté, d'évêques et d'abbés, qui sont réellement des fonctionnaires de la monarchie franque% et de comtes, qui sont les représentants du